Du rire romanesque en Afrique Noire. Tome 2, Le premier réalisme néocolonial - Critique littéraire 1
Goffinet Bruno
ORIZONS
39,00 €
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EAN :9791030902389
La fin des années 1960 est marquée par la disparition de la grande figure tutélaire gaullienne. Lui succéderont des financiers relativement poètes ou spéculateurs, laissant filer les universalismes noirs et tricolores vers des rivages davantage encore ouverts au pillage des biens culturels et des cerveaux, d'un continent noir de plus en plus dépossédé de sa réalité et de sa fiction. On voit dès lors alterner régulièrement, et pour un temps, paternalismes assurés blancs et tentatives d'émancipations sub-sahariennes, qui cherchent encore à établir s'il vaut mieux un texte aseptisé et impeccable, au sens premier du terme, communicable à l'international, ou une ébauche imparfaite des nouvelle puissances poétiques africaines, résonnant de tous les échos des parlers et des langues dites traditionnelles. Les flammèches de ces annonciations s'emmêlent parfois avec les discours paroxystiques de la lutte des classes trouvant à faire la nique à celle des races, pour savoir, à l'ombre des Grands Frères, lesquelles sont les plus noires. Les réponses apportées tendent cependant toutes à définir différemment ce qu'elles appellent en choeur de leurs voeux : un réalisme néocolonial.
Nombre de pages
548
Date de parution
17/06/2020
Poids
853g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791030902389
Titre
Du rire romanesque en Afrique Noire. Tome 2, Le premier réalisme néocolonial - Critique littéraire 1
Auteur
Goffinet Bruno
Editeur
ORIZONS
Largeur
155
Poids
853
Date de parution
20200617
Nombre de pages
548,00 €
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Telle est la programmatique sortie en 1971 de l'imaginaire de notre technicien travaillant au noir chez lui pour la cause de l'art, et qui a depuis navigué entre toiles et cartes libres, entre insémination et dissémination, entre déchirures et recollages, entre l'écorce et la feuille. Peu importe finalement le support, ni surtout la façon de l'envoyer ou de le recevoir, seules ont compté ces suites de tentatives abandonnées et revisitées au fil des rencontres.
Cet ouvrage est le premier volet d'un parcours sur trois quarts de siècle de présence françafricaine dans la littérature d'Afrique noire ; l'auteur l'amorce par la période gaulliste. L'ouvrage adopte un plan chronologique ? de la symbolique officielle d'un président-poète (Senghor), jusqu'à la première grande Anthologie Négro-Africaine de Lilyan Kesteloot, parue une première fois en 1967 et toujours enrichie par la suite.
Sans aspirer à être complet, les vingt contributions ici réunies peuvent être lues comme un abrégé de l'histoire du livre, de l'Antiquité au XXème siècle : de la tablette au volume, de la propagation du livre par l'imprimerie à la mise en question de l'autorité de l'Eglise, de la lente émancipation à un potentiel subversif et à son pouvoir énigmatique, de son éclatement à son sacrifice. Le livre est ainsi un point de cristallisation de la culture. Et dans ce domaine, il y a toujours profit de comparer ce qui est à ce qui fut.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.