La célèbre phrase de Jean Dubuffet revient suffisamment souvent pour que toute personne qui s'intéresse à l'Art Brut l'ait en tête. Clair et sans concession, cet appel à la prospection offre à celui qui l'entend des indices pour découvrir ce qui est suffisamment proche de soi pour ne pas être considéré et suffisamment loin des lieux d'exposition pour ne pas être vu. L'incognito que l'on croise régulièrement sur les marchés aux puces et chez les brocanteurs se trouve ici dans les photographies de famille. Dans cette masse indomptable de souvenirs voués à l'oubli se découvrent des formes qui ne sont ni tout à fait des photographies ni tout à fait des objets. Ces petits fétiches, chargés d'affects, n'ont jamais eu vocation à être exposés. Nous les appelons les photomachinées. A force de patience et de recherches, nous avons constitué un ensemble allant du simple découpage jusqu'à des mises en scènes plus complexes où les photographies initiales s'inscrivent alors dans une autre histoire. Réalisées à partir de la fin du dix-neuvième siècle, ces créations disparaissent en même temps que la photographie papier et l'arrivée du numérique. En collectionnant ces photomachinées, nous avons constaté des similitudes qui, indépendamment de leur origine géographique et de leur époque de production, finissent par constituer des ensembles homogènes : photorejetées, photorescapées, photocaviardées, photoencadrées, photoadorées...
Nombre de pages
181
Date de parution
09/09/2022
Poids
636g
Largeur
175mm
Plus d'informations
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EAN
9788874399987
Titre
Photomachinées
Auteur
Gentil Antoine ; Reitalov Lucas ; Lombardi Sarah
Editeur
CINQ CONTINENTS
Largeur
175
Poids
636
Date de parution
20220909
Nombre de pages
181,00 €
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Ce livre retrace un parcours professionnel atypique, nourri d'engagements et de convictions. Chaque année, Antoine Gentil accueille une quinzaine d'élèves dans sa classe de troisième dont plus aucun collège ne veut, qui ont une réputation "d'irrécupérables" . Comment fait-il avec ces enfants éprouvés ? Comment arrive-t-il à construire des alliances éducatives, à faire du lien ? Antoine Gentil, à travers son expérience et son action, apporte dans cet ouvrage des clés de compréhension, des réponses et des propositions opérationnelles. Il revient sur ses engagements au cours d'un parcours atypique d'enseignant (en prison, en institut thérapeutique éducatif et pédagogique, dans le cadre de la Protection de l'enfance) et raconte la genèse, la réalisation (et la vie ! ) du projet Starter, expérimentation éducative et pédagogique grenobloise innovante : une classe réparatoire qui accueille des adolescentes et des adolescents en grande rupture sociale et scolaire, sujet du film Un bon début d'Agnès et Xabi Molia.
L'appareil photographique a été conçu pour produire une image conforme aux normes figuratives issues de la Renaissance. Cette hérédité culturelle le rend en principe inapproprié à l'Art Brut, ce "? déchaînement d'ingéniosité et d'innovation ? " qui fait dérailler les normes esthétiques, selon Jean Dubuffet. Cependant, les "? photographes bruts ? " ont pour particularité de rater leurs clichés chacun à sa manière - et c'est un ratage réussi, qui met en évidence le fonctionnement de ce formatage culturel de nos images et, consécutivement, de notre perception. Ainsi l'"? effet de réel ? ", prioritairement imputable à la photographie, peut-il être perturbé par la folie, la maladresse, la perversion, la superstition, la cécité même. Telle est la contre-perspective adoptée dans cet ouvrage sur une créativité séculaire, mais généralement anonyme, modeste, si ce n'est clandestine, récemment mise au jour en études photographiques.
A moins de trente ans, Félix Vallotton (1865-1925) accède à une notoriété internationale comme rénovateur de la gravure sur bois. Lié d'amitié avec Vuillard, Bonnard et Maurice Denis, il rejoint le groupe des nabis. Après 1899, il concentre son activité sur la peinture dont il explore tous les genres : nu, paysage, nature morte, portrait et peinture d'histoire sous la forme mythologique ou allégorique. Farouchement indépendant, il élabore en quelques années un style à nul autre pareil, nourri du langage synthétique de ses gravures, de l'influence des maîtres japonais de l'estampe et de prédécesseurs illustres tels que Poussin, Rembrandt ou Ingres. Cet ouvrage retrace le parcours de Félix Vallotton en faisant revivre un artiste aux multiples talents.
L'exploration sensorielle des rituels de l'opium en Indochine par un médecin collectionneur. Ce compendium conjugue une photographie instinctive et des textes profonds, révélant un rêve évanoui à travers une collection d'objets d'art exceptionnels. Noire Idole est un voyage immersif dans un ensemble sophistiqué tant par le choix des matières et des formes que de l'expression artistique. L'attirail sur le plateau laisse libre cours à l'imagination et à la virtuosité des artisans. Aucun des objets ne triche ; il en émane une perfection naturelle que nous renvoie modestement le miroir de l'image. C'est aussi un voyage sensoriel dans la pénombre, aux côtés du fumeur allongé. Le choix d'un fond noir transforme la réalité. Le signifiant des décors devient flou, la vision se trouble, le présent est suspendu sans limite. C'est encore un voyage mémoriel où la drogue n'est plus qu'un prétexte à la narration. L'Indochine apparaît dans et entre les lignes. L'auteur rend compte d'un double manque : un rituel perdu et un rêve défunt, une passion française inassouvie. Noire Idole est un recueil de textes. Une somme réunie sous le signe de l'émotion, de la confrontation des cultures et de leur fascination réciproque. Cette prose se nourrit d'une iconographie contemporaine mettant en scène une collection de pièces inédites exceptionnelles. - Présente une collection de photographies exceptionnelles et inédites, capturant le savoir-faire complexe et la perfection naturelle d'authentiques objets d'art liés à l'opium en Indochine. - Ecrit et photographié par Ronan Juglard, médecin de marine et collectionneur passionné, dont l'oeil instinctif sait déceler la beauté dans le "détail révélateur" d'objets rares. - Plus qu'une simple étude sur une substance, cet ouvrage se veut un voyage sensoriel à travers la mémoire, explorant le "rituel disparu" de l'Indochine d'autrefois et les passions françaises inassouvies. - Enrichi d'une préface signée par des experts de renom, Emmanuel Pierrat (avocat, bibliophile et commissaire d'exposition) et Alexandre Hougron (expert en art asiatique et antiquaire), apportant ainsi un poids institutionnel et académique significatif.
Kemarre Perkins Hetti ; Petitjean Georges ; Stitfo
L'art de Jackie Giles : un pont entre cosmologie aborigène et monde moderne. Ses peintures dévoilent la profondeur du Rêve et la sagesse d'un guérisseur. Pendant une grande partie de sa vie, Jackie Kurltjunyintja Giles Tjapaltjarri (vers 1935-2010) a mené une existence nomade, au cours de laquelle il a parcouru de vastes étendues de terre et, plus tard, passé du temps dans de petites communautés de la vaste région désertique occidentale de l'Australie. Jackie Giles était réputé en tant qu'homme d'un haut degré d'initiation et que guérisseur, maparnjarra dans sa langue, le ngaanyatjarra. Les pouvoirs de ces guérisseurs traditionnels incluent le don de voir dans le corps et même dans l'esprit des autres. Dans les années 1990, Jackie Giles a commencé à peindre à l'acrylique sur toile. Une connaissance complexe de sa terre et des histoires de rêve qui lui sont associées a inspiré "Mr. Giles" , comme on l'appelait souvent, dans sa création d'un important corpus de peintures célébrant le Tjukurpa, ou Rêve, qui imprègne le pays et constitue la pierre angulaire de son identité culturelle. Sa technique graphique complexe donne lieu à des images dynamiques et rythmées, dominées par des motifs labyrinthiques et des formes monumentales, qui suggèrent le sens plus profond du sujet hautement secret et sacré du Rêve. Son oeuvre puissante, caractérisée par des compositions intenses et saisissantes, relie deux mondes ; la cosmologie ngaanyatjarra et le monde moderne en rapide évolution. - Jackie Kurltjunyintja Giles (vers 1935-2010) a commencé à peindre à l'acrylique sur toile dans les années 1990, traduisant ainsi ses connaissances traditionnelles en art contemporain. - L'oeuvre de Jackie Giles témoigne de la richesse de la culture aborigène et de sa capacité à s'adapter au monde contemporain. - Son style graphique complexe et dynamique se caractérise par des motifs labyrinthiques et des formes monumentales suggérant le caractère sacré du Rêve.