Les ouvrages traitant de l Esclavage nous ont habitué à des entrées chronologiques ou géographiques. Toute l originalité du présent ouvrage réside dans cette entrée alphabétique qui donne au lecteur l occasion de faire le point sur des thèmes rarement présents dans les ouvrages "tous public'.Le but avoué de l"Abécédaire"est d être un outil pour les enseignants et les élèves, qui du primaire au secondaire croiseront plusieurs fois dans les programmes scolaires le thème de l esclavage et des abolitions. Mais le plus souvent, cette douloureuse histoire est abordée rapidement, se limitant à l aspect économique du commerce triangulaire ou bien évoquée lors de l abolition de 1848, à laquelle on attache à juste titre le nom du républicain Victor Schoelcher. Se concentrant sur la traite du point de vie français, l ouvrage s ouvre largement sur la vie des victimes de ce crime contre l humanité, mettant en avant leur vie quotidienne et les luttes des esclaves pour la conquête de leurs libertés.L article"Révoltes"nous rappelle ainsi qu il y eut toujours une résistance à l esclavage, depuis la révolte des Karibs à l insurrection de Saint-Domingue en passant par le marronage et les communautés fondées par les esclaves en fuite. La traite ne transformait pas les hommes et les femmes en une marchandise soumise.L article"Femme', sans négliger la situation particulièrement désastreuse des esclaves de sexe féminin, insiste sur le rôle important qu elles jouèrent dans les révoltes et les différentes formes de résistance à l esclavage. Il évoque la figure de la mûlatresse Solitude (1772-1802) pendue pour s être opposée au décret de rétablissement de l esclavage par Bonaparte. On croise ainsi de belles figures de femmes comme Héva ou Niama à la Réunion, Louise à Madagascar.Vie quotidienne, Danses, Zombi, nous montrent que les hommes et les femmes déportés d Afrique, en conservant leur patrimoine culturel ont permi la naissance de cultures métissées particulières aux terres d esclavage.Insistant sur la déshumanisation que constitue l esclavage, l article "X (identité)" insiste sur cette "mort sociale" que constitue la perte du nom et la difficulté qu ont les anciens esclaves à retrouver une identité.La société esclavagiste n est pas non plus uniforme, comme le rappelle l article "Yabs'. La population blanche installée dans les colonies est multiple, des riches propriétaires de plantation (les Grands Blancs) à ceux qui ne possèdent que leur bras (les Petits Blancs), les Yabs comme les appelaient les réunionnais.L ouvrage serait incomplet si l on n y trouvait les articles classiques indispensables: Abolitions, Codes noirs, Esclavage, Idéologies, Toussaint Louverture, Productions, Schoelcher et Traite négrière, forts complets et qui permettent en quelques pages d évoquer les notions fondamentales sur ces thèmes.L iconographie abondante et originale est complétée en fin d ouvrage par une série de cartes concernant la traite européenne.Le vocabulaire simple mais non simpliste permet une approche facilitée et offre aux élèves un ouvrage accessible compte tenu du thème et des notions parfois complexe qu il aborde.Les annexes offrent des compléments et des pistes pour un approfondissement du thème. On y trouvera ainsi une chronologie qui met en parallèle, sur la période XVIè-XIXè siècle, les grands événements du monde et ceux qui concernent plus particulièrement l histoire de la traite négrière et de l esclavage.Une riche bibliographie vient clore cet ouvrage et offre aux enseignants de nombreuses pistes pour l exploitation pédagogique. --http://hist-geo.ac-rouen.fr/site/article.php3?id_article=5148 "
Dans quelles circonstances le premier chef de gouvernement de la République gaullienne, le principal rédacteur de la Constitution de la V' République, est-il devenu en 1963 et ce pour un quart de siècle le député d'une île située à plus de 9 300 kilomètres de la Métropole. A l'heure du cinquantenaire de la départementalisation, répondre à cette question permet de mieux saisir le visage de la société réunionnaise de la fin du XXe siècle. La législature 1963-1967 marque en effet une brutale accélération vers la modernisation et la société de consommation, mouvement enclenché par la "mission civilisatrice" que Michel Debré a cherché à mener à la Réunion. Mais il reste surtout dans la mémoire collective réunionnaise la lutte implacable livrée par l'ancien Premier ministre contre toute velléité d'autonomie ou d'indépendance et, ce combat révèle, par-delà les affrontements politiques locaux, les enjeux considérables de la politique française outre-mer.
Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L'auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir.
Michel Debré, maître d'?uvre de la Constitution de la Ve République, premier chef de Gouvernement du général de Gaulle, a également été député de l'île de la Réunion de 1963 à 1988. Qu'allait donc faire un homme de cette stature à l'autre bout du monde ? Pourquoi s'est-il attaché à cette parcelle de territoire français au point d'y consacrer un quart de siècle de combat politique ? En quoi ce combat offre-t-il des points d'observation privilégiés de l'histoire de la IV et de la Ve République ? A partir de sa thèse soutenue à l'IEP de Paris en 2002, Gilles Gauvin apporte des réponses grâce à une approche centrée sur les grands enjeux soulevés par la députation de Michel Debré : la nation, la République et la démocratie. Cette étude, qui identifie les problématiques majeures de l'histoire de la Réunion depuis 1946, a été réalisée à partir de nombreux fonds d'archives inédits, en particulier le fonds Réunion des Archives Michel Debré conservé au Centre d'Histoire de Sciences Politiques.
Bahiya, fille de roi, est née au coeur du pays Mozambique. Mais c'est à l'île Bourbon, en pleine tourmente révolutionnaire, que s'écrira son destin, partagée entre l'amour de Briac, le charpentier breton, et celui d'Achille, l'esclave cocher.
Quitter Capesterre-Belle-Eau, en Guadeloupe, pour la banlieue parisienne... c'est bien une idée de parents et ce n'est pas facile pour Lindy, douze ans, et ses frère et soeur. Au collège, Lindy se lie d'amitié avec Carola, originaire de Corse, et Hamidou, un Sénégalais qui anime un groupe de rap. Mais pourquoi Oscar, le père de Lindy, est-il retourné si vite en Guadeloupe ? Comment Jeanine, mère-tendresse en Guadeloupe, s'est-elle transformée en Calamity Jane ? Pourquoi Carola ment-elle sans arrêt ? Pourquoi Andrew, le correspondant américain, n'écrit-il plus ...
La collection KITADI invite les enfants à découvrir le patrimoine artistique des peuples de l'Afrique noire. Grâce à une mise en scène pleine de surprises, Tchibinda, héros civilisateur des Lunda, dévoile peu à peu ses secrets et ses pouvoirs magiques...
Comment être un étranger Comment vit-on ailleurs ? Et pourquoi se sent-on bientôt étranger dans sa propre culture ? À cette question, Sanjay Subrahmanyam répond en croisant les destins de trois personnages dont la carrière se joua entre l'Europe, l'Iran et l'Inde moghole aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles : un notable indien réfugié auprès des Portugais de Goa à la suite de querelles dynastiques, un Anglais devenu prince à la Cour safavide d'Ispahan et un aventurier vénitien qui brilla à la Cour du « Grand Mogol ». À travers eux se dessinent, non pas un choc des cultures, mais les débuts de la conscience moderne de l'altérité. Ne serions-nous pas tous étrangers, c'est-à-dire membre d'un groupe auquel nous n'appartenions pas à l'origine ? ou dont nous ont écarté l'espace et le temps, sans nous en séparer complètement ... Sanjay Subrahmanyam Découvert par un large public grâce à Vasco de Gama, il enseigne depuis 2004 à l'UCLA (Los Angeles) et occupe depuis 2013 la chaire d'histoire globale de la première modernité du Collège de France. Traduit de l'anglais par Myriam Denneby
Un monde s'éteint, un autre naît. La Renaissance est une fabuleuse époque charnière. Comme toutes les pages de notre Histoire, elle mérite que l'on s'y arrête un instant, pour apprendre, comprendre et réfléchir à notre destin. Une question pourtant m'habite toujours quand je songe à cette période : comment a-t-on pu créer, bâtir, inventer autant ? Une page de l'Histoire si riche, si dense, si vaste, que j'ai voulu lui consacrer tout entier ce nouveau volume des Secrets d'Histoire !". Lucrèce Borgia était-elle une manipulatrice dévergondée ou une victime politique ? Quelle était la véritable personnalité du toujours énigmatique Léonard de Vinci ? A-t-on raison de se souvenir de Marignan ? Chambord n'était-il qu'un caprice de François Ier ? Machiavel mérite-t-il vraiment sa mauvaise réputation ? Comment le pape Jules II devint-il un redoutable chef de guerre ? Stéphane Bern nous dévoile les secrets incontournables de la Renaissance qui ont bâti le monde que nous connaissons aujourd'hui.
Les canons de la beauté ont varié selon les époques : ce sont leurs transformations que restitue ce livre. Cette histoire décrit ce qui plaît ou ne plaît pas du corps dans une culture et dans un temps : allures et traits valorisés, contours soulignés ou dépréciés, moyens d'embellissement repensés. L'imaginaire y prend part au même titre que les valeurs d'une époque. La beauté n'a cessé de distinguer des individus ; en même temps, elle traduit les oppositions entre les groupes sociaux, les genres, les générations. Objet inquiet ou glorieux du miroir, elle est elle-même miroir des sociétés.
Depuis sa parution en anglais, L'Invention de la tradition n'a pas cessé d'être cité et commenté, en Grande-Bretagne comme ailleurs. Le concept de "tradition inventée" fait aujourd'hui partie du patrimoine des sciences sociales et de l'histoire. Les différentes études réunies dans ce recueil décrivent comment les Etats-nations modernes en gestation, mais aussi les mouvements anti-systémiques qui se développèrent en leur sein et les sociétés dites "traditionnelles", ont délibérément cherché, souvent avec succès, à réinterpréter radicalement ou à inventer, parfois de toutes pièces, des traditions et des "contre-traditions" pour se légitimer, s'inscrire dans la longue durée, assurer la cohésion de la communauté ou encore garantir le contrôle des métropoles impériales sur les sujets coloniaux.