Beaucoup plus qu'un roman, L'Avenue est une méditation sur quelques-uns des thèmes fondamentaux de la vie humaine. L'action est à peine située dans une petite ville de la zone sud où Antoine Bourgoin, après avoir été blessé pendant l'exode, s'installe. Antoine est sculpteur : il a trouvé ici une retraite où il peut travailler à une figure d'Eve. Il a déjà exécuté une oeuvre sur le même sujet, à ses débuts, oeuvre d'où est parti son succès. Mais lorsqu'il en regarde l'image, il se rend compte à la fois de l'évolution de son art et de son évolution intérieure. Dans cette petite ville, où apparaissent au passage les silhouettes précises des habitants, il y a une avenue, qui mène à une construction inachevée, dont tout le monde parle, que chacun critique ou approuve, interprète à sa façon. C'est pourquoi Antoine est amené à réfléchir, à la fois sur son Eve et sur la Construction : c'est-à-dire sur les voies de son art, sur la réalisation intérieure par l'oeuvre d'art, sur l'équilibre de la matière charnelle et de l'esprit qu'une telle réalisation implique ; et, simultanément, sur cette Construction (par l'importance même qu'elle a prise dans l'esprit des habitants comme dans le sien), sur cette Résidence jamais achevée, où conduit l'Avenue et où, semble-t-il, régneraient l'harmonie, l'équilibre et la paix, autre modèle de construction intérieure qui pourrait être social ou religieux. Et l'on pressent qu'Antoine s'engage sur la voie religieuse, sinon chrétienne, qui peut donner son achèvement, son sens final à l'existence.
Nombre de pages
264
Date de parution
01/02/1962
Poids
338g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070226214
Titre
L'avenue
Auteur
Gadenne Paul
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
338
Date de parution
19620201
Nombre de pages
264,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Elle avait ?pêché quelque chose?, quelque chose qu'elle tirait du fond d'un carton et levait silencieusement au bout du bras. Guillaume contempla avec elle cette image de paix. Les pâleurs de la dune, l'ourlet des vagues, le déroulement de cette plage, les mettaient en route pour un monde aux résonances profondes, où ils retrouvaient sans se le dire leur climat." Paris, 1944. Guillaume Arnoult recherche, après quatre ans de guerre, les traces d'Irène. Il la retrouve au moment où il apprend la condamnation à mort d'Hersent, journaliste politique, qu'il a connu familièrement pendant ses années de jeunesse... Avant de rejoindre une unité combattante comme correspondant de guerre, il passe avec Irène une longue nuit au bord d'une plage du Nord. Ce n'est pas la plage de Scheveningen, mais la mer est là, près d'eux, dont la rumeur accompagne leurs angoisses, leurs souvenirs et l'obsession, surtout, du meurtre et de la trahison... On ne refait pas le passé, mais après cette nuit-là, peut-être Guillaume et Irène sauront-ils mieux "où est la vie, et ce qui vaut la peine d'être vécu".Notes Biographiques : Romancier né à Armentières en 1907. Études de lettres classiques, enseignement à Rouen. Malade, se retire à Bayonne en 1940, meurt en 1956 à Cambo-les-Bains, après avoir écrit huit romans.
Invité à séjourner chez les Stirl, Olivier Lérins débarque un beau matin à Barcos-les-Bains, station climatique du Pays basque. Mme Stirl est une petite femme trépidante, toujours suivie de ses chiens, qui dissimule sous un masque d'indifférence on ne sait quelle inquiétude. M. Stirl est un malade chronique. Dès le début de son séjour. Olivier est déçu. Enfermés dans une grande villa mystérieuse dont de nombreuses pièces sont vouées à l'oubli, ces trois êtres se cherchent, s'évitent, rusent les uns avec les autres, dessinant dans les couloirs et les escaliers un ballet fantasque de l'amitié et de l'ennui. La mort soudaine de M. Stirl elle-même ne livre pas à Olivier la clef de ces difficultés, et son amie ne fait que se cabrer davantage. Une lettre finale permettra cependant à l'"invité" de devenir l'abîme qui s'était creusé entre lui et la "bonne hôtesse".
Publié dans la revue Empédocle que dirigeait Albert Camus, ce texte de Paul Gadenne fut repris par Actes Sud en 1982 et il connut un succès qui lui valut ensuite plusieurs rééditions. En voici une nouvelle qui correspond avec la parution du 150e numéro de la collection "un endroit où aller", créée en 1995 avec le désir de donner à l'écriture le rôle premier qui est le sien dans le déploiement des multiples sens constitutifs d'une ?uvre. H. N.
C'est Paul Gadenne lui-même qui avait imaginé d'appeler Scènes dans le château le livre qui devait réunir l'ensemble de ses nouvelles et récits dans un ordre qu'il avait prescrit avant sa mort. La publication de cette intégrale, où l'on retrouvera des textes déjà parus en volumes et ceux qui n'avaient connu qu'un passage éphémère dans des périodiques, respecte donc les intentions de l'auteur. Il est intéressant de rappeler à ce propos que c'est avec la publication de Baleine (Actes Sud, 1982) - donc avec un texte court - que l'oeuvre de Paul Gadenne est revenue dans l'actualité littéraire et a reçu une nouvelle reconnaissance. On doit y voir le signe sinon la preuve que, dans l'éclat de leur brièveté, de tels récits sont capables de révéler les âmes avec autant de force que des livres plus amples. C'est en tout cas une invitation à ne pas négliger leur rôle dans une oeuvre désormais désignée comme l'une des plus sensibles de notre temps.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.