Immersion «Tu travailles trois jours, avec un seul enfant à la fois, puis tu as trois jours off. Les gouvernantes russe et anglaise prennent le relais. On tourne. Liza parle très bien le français. Tu lui donnes une demi-heure de cours par semaine, ou même moins, parce qu'elle a déjà beaucoup de devoirs en russe. Le matin, tu la réveilles, elle se prépare seule et tu l'accompagnes à l'école. Bref, avec elle, tu es libre de 9 heures à 16 heures... Quand tu travailles avec Aliocha, tu l'emmènes à la piscine le mardi et le jeudi, à part ça, tu joues avec lui, tu le balades, et l'après-midi il fait la sieste de 14 heures à 17 heures. La maman est adorable et très disponible. La philosophie du papa, c'est que tout le monde doit être heureux au travail. C'est la famille la plus humaine que je connaisse à Moscou, et je suis passée par des cas... - une famille d'alcooliques, notamment, la fillette de sept ans comprise... Bref, en plus du salaire, les Sokolov te paient ton appartement dans le centre et tout ce dont tu as besoin pendant les vacances que tu passeras à leurs côtés. - C'est un job de rêve en somme?! - Mmm... Oui, tu dois quand même être en permanence à leur disposition, surtout lorsqu'il est question de les accompagner en voyage. Il faut que tu sois flexible. Bon, désolée, je dois te laisser, le masseur est là, c'est mon tour... Si tu es toujours intéressée, je leur soumets ton CV.» Je raccroche, abasourdie. C'était Solenne, la «préceptrice française» que j'ambitionne de remplacer pour 4 000 euros d'argent de poche mensuels - c'est l'annonce qui le dit! Quand je décris le poste à mon père, il m'imagine déjà sous le joug d'un réseau de prostitution... Je tente de le rassurer: d'ordinaire, les maquereaux ne recrutent pas via l'ANPE. Quelques jours plus tard, Solenne me rappelle. Ma lettre de motivation a charmé la maman. Tant mieux, la future ex-gouvernante commençait sérieusement à se lasser. Lorsqu'elle a annoncé, voici plusieurs mois, sa décision de rentrer en France, elle s'est engagée à dénicher sa remplaçante avant son départ. Seulement, jusqu'à présent, aucune des candidates n'avait trouvé grâce aux yeux des parents. Solenne me rassure: «Avec ton background, si tu sais tenir une fourchette et que ta manucure est faite, ça ira...» L'entretien est fixé au surlendemain en Allemagne. «Tu verras, ils sont très riches, mais simples. Eux ne paradent pas dans Moscou avec la Rolls-Royce en période de slush...» Cet argument massue me laisse dubitative. Je les imagine sur leur trente et un, hypersophistiqués et distants.
« Deux nouveaux Russes se rencontrent. Le premier dit: "Regarde, j'ai une nouvelle cravate, elle m'a coûté 500 dollars!" Le second lui répond: "Imbécile! Je connais un endroit où l'on peut acheter les mêmes à 800!" » Engloutir du caviar au petit déjeuner, prendre une leçon de golf en pleine mer, multiplier les allers-retours en jet privé et les titres de propriété sur chaque continent du monde: une routine quand on est milliardaire russe.Marie Freyssac a vécu comme préceptrice à Moscou, chargée d'enseigner le français et les bonnes manières hexagonales aux enfants d'une famille de nouveaux-riches. Saynète après saynète, elle nous fait découvrir, avec un mélange d'impertinence et de drôlerie, une richesse qui ne ressemble à rien que nous connaissons, et nous ouvre les portes d'un monde opaque, ignoré et fascinant.
Extrait Immersion «Tu travailles trois jours, avec un seul enfant à la fois, puis tu as trois jours off. Les gouvernantes russe et anglaise prennent le relais. On tourne. Liza parle très bien le français. Tu lui donnes une demi-heure de cours par semaine, ou même moins, parce qu'elle a déjà beaucoup de devoirs en russe. Le matin, tu la réveilles, elle se prépare seule et tu l'accompagnes à l'école. Bref, avec elle, tu es libre de 9 heures à 16 heures... Quand tu travailles avec Aliocha, tu l'emmènes à la piscine le mardi et le jeudi, à part ça, tu joues avec lui, tu le balades, et l'après-midi il fait la sieste de 14 heures à 17 heures. La maman est adorable et très disponible. La philosophie du papa, c'est que tout le monde doit être heureux au travail. C'est la famille la plus humaine que je connaisse à Moscou, et je suis passée par des cas... - une famille d'alcooliques, notamment, la fillette de sept ans comprise... Bref, en plus du salaire, les Sokolov te paient ton appartement dans le centre et tout ce dont tu as besoin pendant les vacances que tu passeras à leurs côtés. - C'est un job de rêve en somme ? ! - Mmm... Oui, tu dois quand même être en permanence à leur disposition, surtout lorsqu'il est question de les accompagner en voyage. Il faut que tu sois flexible. Bon, désolée, je dois te laisser, le masseur est là, c'est mon tour... Si tu es toujours intéressée, je leur soumets ton CV.» Je raccroche, abasourdie. C'était Solenne, la «préceptrice française» que j'ambitionne de remplacer pour 4 000 euros d'argent de poche mensuels - c'est l'annonce qui le dit ! Quand je décris le poste à mon père, il m'imagine déjà sous le joug d'un réseau de prostitution... Je tente de le rassurer : d'ordinaire, les maquereaux ne recrutent pas via l'ANPE. Quelques jours plus tard, Solenne me rappelle. Ma lettre de motivation a charmé la maman. Tant mieux, la future ex-gouvernante commençait sérieusement à se lasser. Lorsqu'elle a annoncé, voici plusieurs mois, sa décision de rentrer en France, elle s'est engagée à dénicher sa remplaçante avant son départ. Seulement, jusqu'à présent, aucune des candidates n'avait trouvé grâce aux yeux des parents. Solenne me rassure : «Avec ton background, si tu sais tenir une fourchette et que ta manucure est faite, ça ira...» L'entretien est fixé au surlendemain en Allemagne. «Tu verras, ils sont très riches, mais simples. Eux ne paradent pas dans Moscou avec la Rolls-Royce en période de slush...» Cet argument massue me laisse dubitative. Je les imagine sur leur trente et un, hypersophistiqués et distants. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Avec son double point de vue de lecteur fi dèle depuis ses six ans et de journaliste qui l'incarne aujourd'hui, Vincent Duluc nous raconte le "roman de L'Equipe" qui, en 2026, fête ses quatre-vingts ans. Une institution à l'origine de multiples événements comme le Tour de France ou la Coupe d'Europe de football, et riche en succès innombrables - jusqu'à 1, 6 million d'exemplaires vendus en 1998. Un laboratoire incomparable du journalisme de sport, spécialité longtemps marginalisée, qui grâce à une cohorte de personnalités hautes en couleur - Jacques Goddet, son directeur historique, en premier lieu - a su gagner ses lettres de noblesse. Car ce que rapporte Vincent Duluc, avec la ferveur d'une plume souvent drôle, c'est aussi une profession en constante évolution, des reportages d'exception, et les coulisses trépidantes d'un journal. Des exploits de nos footballeurs en Coupe du monde à l'épiphanie olympique de 2024, des poings levés de Smith et Carlos au pouce baissé de l'affaire Jacquet, L'Equipe rend compte du monde. Avec ses mots, son expertise et son indéfectible passion.
Toute la passionnante histoire de ce pays est contenue dans son nom : littéralement l'Ukraine veut dire "le territoire à la frontière". Loin d'être marginal, c'est un pays d'avenir avec le potentiel pour devenir un des états de référence de L'Europe, avec une surface supérieure à celle de la France et plus d'habitants que l'Espagne et le Portugal réunis. Déjà au IXe, siècle l'Ukraine était la matrice de la première grande civilisation slave et le berceau de l'état russe. Pourtant son développement fut lent et difficile, marqué par de longs siècles d'occupations et de guerres avec des voisins avides : des Huns aux Polonais, des Mongols aux Habsbourgs, de l'empire ottoman au IIIe Reich et pour finir l'Union soviétique... Cet ouvrage vous aidera à mieux comprendre pourquoi et comment cette nation millénaire se retrouve à nouveau au centre d'un énorme conflit intérieur. En cette fin d'année 2015, difficile de savoir si les provinces de l'Est se satisferont d'une autonomie dans le cadre de la République ukrainienne ou si elles feront sécession pour rejoindre la Russie ...
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
« Il y a encore tant de choses que j'ignore au sujet de l'Amérique, de la vie, et de ce que l'avenir nous réserve. Mais je sais qui je suis. Mon père, Fraser, m'a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi-même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier du South Side de Chicago, ils m'ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement de l'histoire de notre pays. Même quand elle est loin d'être belle et parfaite. Même quand la réalité se rappelle à vous plus que vous ne l'auriez souhaité. Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. À vous de vous en emparer. »Traduit de l'anglais (États-Unis) par Odile Demange et Isabelle Taudière.Notes Biographiques : Michelle Obama a été Première dame des États-Unis de 2009 à 2017. Diplômée de l'université de Princeton et de la faculté de droit de Harvard, Michelle Obama a commencé sa carrière au sein du cabinet d'avocats Sidley & Austin, à Chicago, où elle a rencontré son futur mari, Barack Obama. Elle a ensuite travaillé auprès du maire de Chicago, puis à l'université de Chicago et à l'hôpital de l'université de Chicago. Michelle Obama a également fondé le Chicago Chapter of Public Allies, organisation qui aide les jeunes à préparer une carrière dans le secteur public.
Au printemps 2002, le gouvernement israélien a ouvert, en Cisjordanie occupée, le chantier d'une barrière et d'un mur longs de plus de 650 kilomètres. Cet ouvrage gigantesque devrait être achevé en 2007. Pour l'Etat d'Israël, cette " barrière de sécurité " est destinée à empêcher l'entrée sur son territoire de terroristes palestiniens. Pour les Palestiniens, ce " mur de séparation ", qui annexe de fait à Israël une partie substantielle de leur futur Etat, est une .nouvelle frontière imposée par la force. Le mur de Palestine est-il un moyen de lutte contre le terrorisme ou un barrage contre la paix ? René Backmann, rédacteur en chef au Nouvel Observateur où il dirige le service étranger, couvre depuis vingt-cinq ans l'actualité politique au Proche-Orient.