Parcourant l'ensemble du XXe siècle, d'Artaud et Boulez à Goebbels et Novarina en passant par Honegger et Pasolini, cet ouvrage collectif réunit douze textes sur l'association de la musique et du théâtre. La musique de scène, composée par des musiciens en accord avec les dramaturges, inséparable du texte théâtral, s'y trouve convoquée avec la musique en scène, choix de metteurs en scène qui insèrent dans les textes et sur les plateaux des partitions autonomes qu'ils prennent le parti de confronter à la dramaturgie. Musique en connivence, musique venue de l'extérieur, musique imposée ou conçue pour elle-même, telles sont les différentes approches explorées au coeur de cet ouvrage. Quelle histoire de la scène moderne s'esquisse par cette relation ? Cette musique fait-elle bon ménage avec le théâtre—c'est-à-dire les comédiens, leur corps, leur voix, mais aussi le texte dramatique et l'ensemble des composantes du spectacle ? En quoi réside sa valeur ? C'est à ces questions qu'on souhaite ici apporter des éléments de réponse. L'ouvrage se clôt sur un entretien de François-Gildas Tual avec le compositeur Peter Eötvös.
Dans le théâtre post-brechtien, l'accessoire agace ou fait sourire : on a tôt fait d'y voir une facilité, une complaisance à l'éclat superficiel, au mieux une virtuosité technique. Le "magasin des accessoires" semble un lieu patrimonial et suranné, dont seules les périodes plus anciennes savaient lire et comprendre le sens, souvent plus subversif qu'illustratif. Pour parler d'Histoire, notamment, l'objet serait somme toute devenu suspect : étendards, guillotines et autres portraits sortis des musées pour passer à la scène ne paraissent pas indispensables et l'on joue de plus en plus en costume de ville plutôt qu'en costume historique. Ce volume a tenu à revenir sur cette association hâtive mais tenace qui fait de l'accessoire dans le théâtre historique un outil un peu désuet et banal du grand spectacle : il est pourtant bien là dans nombre de dramaturgies de la modernité, faisant le bonheur de bien des metteurs en scène, de bien des comédiens... et de bien des spectateurs.
Le mot "théâtre" désigne tout à la fois une pratique et un lieu. Exercé par des professionnels ou des amateurs, il peut investir des espaces très divers ; édifice, il est souvent le point fort d'une ville et de son histoire architecturale. Lieux-repères, les théâtres favorisent l'échange, l'expression, la pensée et la mémoire. Ils contribuent à la construction de la citoyenneté et de la culture. Leurs affectations différentes, leurs changements de noms et de propriétaires, leurs programmations, leurs scandales et leurs succès écrivent, avec elles ou contre elles, l'histoire des villes. Ce sont ces diversités que cet ouvrage se propose d'aborder.
La violence au théâtre n'est pas fait nouveau, elle est même constitutive de la tragédie antique et de ses grands mythes, tout comme du théâtre historique élisabéthain. Elle est pourtant alors acceptable par le spectateur parce que d'une part, elle relève d'une esthétique de l'excès qu il s'attend à trouver au spectacle (comme pour les films d'horreur ou d'action aujourd'hui), et que, d'autre part, elle s'inscrit dans un projet politique: par la violence se construisent des états, se valident des rituels et autour d'eux des communautés. Dans le théâtre contemporain par contre, le déferlement d'une brutalité sans encadrement exige une réflexion critique du spectateur, sur son regard, sur son implication morale mais aussi sur les limites du représentable. Le théâtre en désignant sur scène la violence nous invite à penser la place primordiale qu'elle occupe désormais dans nos médias, notre culture, déterminant notre rapport à l'image.Public: Candidats au concours d'agrégation externe de lettres modernes. Étudiants lettres modernes et arts du spectacle, tous cycles.
Selma Lagerlöf est célèbre mais toujours mal connue. Les lecteurs français ont encore beaucoup à découvrir de l'auteure du "Merveilleux Voyage de Nils Holgersson" à travers la Suède, l'une des oeuvres suédoises les plus traduites à travers le monde. L'ouvrage examine la traduction et la diffusion des oeuvres de Selma Lagerlöf en France et en Europe, mais aussi leur adaptation au cinéma. Les différents articles recueillis étudient également le personnage de l'auteure et son succès auprès du public français. Finalement, des chercheurs et traducteurs français et suédois réfléchissent à la situation particulière de Selma Lagerlöf, placée à la fois au centre et à la périphérie de la littérature mondiale.