On ne trouvera pas exclusivement, dans cette Collection particulière, des cartes postales (grivoises, sentimentales ou publicitaires), des objets de piété, des oeuvres de demi-fous, des chromolithographies ou des photos de famille. Parmi les bibelots sans valeur se glissent des rêves, des souvenirs, des mots rares, "lettres imaginaires", correspondances qui doivent apparemment davantage au hasard objectif qu'à la volonté du collectionneur, toutes sortes d'artifices par lesquels la "toute-puissance trompeuse de la littérature" fait surgir le plaisir de nommer, de décrire, celui d'échafauder des hypothèses, d'ébaucher des histoires, celui encore d'inventer des légendes. Ces délices, en fervent écho aux dévotions populaire et enfantine, ces joies communicatives composent une poétique de l'hétéroclite et font d'un bric-à-brac de curiosités une galerie de merveilles.
Nombre de pages
163
Date de parution
14/10/2010
Poids
220g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782868535450
Titre
Collection particulière
Auteur
Farasse Gérard
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
140
Poids
220
Date de parution
20101014
Nombre de pages
163,00 €
Disponibilité
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L'âne musicien, c'est celui qui, au fronton de la cathédrale de Chartres, joue de la vielle. Et comme lui, l'artiste est "martyrisé, terrorisé, obligé à se tenir debout, à se ridiculiser, à jouer de la musique". Rien ne l'y prédispose. Et pourtant il s'y exerce, avec obstination, comme si c'était le seul moyen pour lui de s'accomplir, de transformer sa maladresse en beauté. Cette maladresse, elle lui vient du langage même, de sa résistance, contraintes qu'il exerce sur la pensée. À la fois âme et corps, esprit et matière, intérieur et extérieur, subjectif et objectif, le mot est palpable, sonore comme les choses qu'il est chargé de dire. Seule la description des choses les plus simples permet de tirer le poète hors du manège où "tournent les paroles, l'esprit, enfin la réalité de l'homme". Respecter l'objet, y revenir sans cesse, c'est rappeler la marge qui sépare les discours de ce qu'ils représentent, c'est produire non pas une copie, mais un nouvel objet né de la matérialité du texte. L'oeuvre de Ponge est sans aucun doute l'une des rares, parmi celles qu'on range sous le nom de poésie, à se situer tout entière du côté de l'immanence : elle refuse toute transcendance. Aussi est-elle certainement la plus méditée, la plus cohérente de ce siècle.
Envois et Dédicaces constitue une réflexion sur le don du livre, qu'il se manifeste par un ex-dono, un envoi manuscrit ou une dédicace imprimée. Si cette dernière a été étudiée à propos de tel ou tel auteur, il nous manquait encore une réflexion d'ensemble sur celle-ci. Quant à l'envoi, jugé marginal et mondain, il n'a guère été abordé, hormis par les bibliophiles. On en trouvera ici un "bref traité" qui en souligne toute la richesse. Pas plus qu'il n'existe d'éléments insignifiants dans la vie psychique, ainsi que Freud nous l'a appris, il n'existe dans le livre de détail dépourvu de valeur. La modernité s'est intéressée longuement à la signature, beaucoup moins à l'envoi et à la dédicace, parce qu'elle estimait la littérature intransitive. Elle transite cependant et s'adresse à quelqu'un. Et ce qui semble à première vue accessoire joue un rôle non négligeable, sinon capital, dans la constitution du sens d'un livre. Telle est l'hypothèse d'Envois et Dédicaces, et son pari. Sa première partie, "Perspective cavalière" s'interroge, entre autres, sur la position en tiers du lecteur ainsi que sur la place de la dédicace, premiers mots d'un livre qui se révèlent souvent aussi ses derniers mots. La seconde, "Couleurs locales", examine la façon dont quelques auteurs se sont appropriés ce geste: un musicien, Bach, et cinq écrivains, Voltaire, Hugo, Baudelaire, Montherlant, Goffette, ce dernier nous offrant, en guise de conclusion, un poème inédit adressé "à ceux qui partent".
Eros, l'enfant joueur, le petit dieu ailé - et volage - fait flèche de tout bois. Peut-être est-ce cela, écrire: décocher des traits pour faire entrer les objets dans la ronde, dans le monde. Ils apparaissent; ils disparaissent. Ils sortent des coulisses; ils y retournent. Trois p'tits tours et puis s'en vont. La scène ne reste jamais longtemps vide. Il y en a tant et tant qui ne demandent qu'à occuper la place de l'objet désirable. Sans doute est-ce pourquoi ce livre déborde. Il déborde de femmes, comme autant d'intensités que les mots ont sauvées: une belle ténébreuse, sainte Blandine, la femme-reptile, une voyageuse, sainte Thérèse (de Lisieux, hélas), une chinoise, Diane, la Felice de Franz Kafka, la Vierge Marie (trois fois, comme il se doit), Fréda, une hôtesse de l'air, Aziyadé, une joueuse de cerf-volant, la timbalière Aïko, sans oublier, bien sûr, la belle de Cadix. Toutes celles qui peuplent le monde, en somme. Sur la terre comme au ciel.
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.