
Est-il permis de se tromper ? Penser la tolérance au Moyen Âge
Entre le xiie siècle et le xvie siècle, les théologiens médiévaux, en discutant de la possibilité d'excuser l'erreur en matière de foi, ont posé les conditions intellectuelles pour penser la tolérance religieuse. Leurs débats, largement méconnus, voire ignorés des philosophes, permettent de comprendre comment, dans le cadre d'une religion exclusiviste - le christianisme médiéval -, qui refuse tout salut en dehors de l'Eglise et sans adhésion à une vérité dont l'institution ecclésiale est la seule garante, il est tout de même envisageable de reconnaître, voire d'autoriser, la déviance religieuse. Or, c'est précisément quand le lien entre vérité et salut est suspendu que la tolérance religieuse et la liberté de conscience deviennent théoriquement pensables. Les débats autour de l'excuse du péché, en particulier du péché d'infidélité, étudiés dans cet ouvrage mettent au jour les concepts d'ignorance invincible et de conscience erronée, utilisés par les théologiens pour rendre compte du problème de l'hétérodoxie.
| EAN | 9791035110857 |
|---|---|
| Auteur | Grellard Christophe |
| Editeur | SORBONNE |
| Date de parution | 20260127 |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-
Jean de Salisbury et la renaissance médiévale du scepticisme
Grellard ChristopheRésumé : Le Moyen Age est souvent perçu comme une époque dogmatique, soumise à l'autorité, étranger par nature à toute forme de doute, et par là de scepticisme. Le présent ouvrage cherche à repenser la question de la tradition sceptique, bien documentée à la fois pour l'antiquité et l'âge classique, mais beaucoup moins pour le Moyen Age. Il y a eu, pourtant, tout au long du Moyen Age une réflexion sur le problème sceptique entendu comme défi lancé à la capacité qu'a l'homme de connaître avec certitude la réalité. En s'attachant plus spécifiquement à la figure de Jean de Salisbury (1120-1180) acteur important de ce qui fut parfois qualifié de Renaissance du XIIe siècle, et qui s'est explicitement présenté comme un partisan des Académiciens, le présent ouvrage, à travers une étude de cas, cherche à comprendre ce que signifie être sceptique au Moyen Age. Il s'agit de faire ressortir comment l'héritage patristique (Lactance, S Augustin) couplé à un ensemble de traditions philosophiques antiques permet de mettre en place une philosophie originale, fondée sur la nécessaire modestie de toute démarche scientifique. Cette démarche cherche à identifier précisément la place qui revient à la foi et à la raison dans la recherche de la vérité, et s'accompagne d'une certaine pratique stylistique qui met le lecteur en position de chercher par lui-même, sans a priori théorique. Enfin, elle est solidaire d'une éthique non normative et fondée sur la multiplication des points de vue. Jean de Salisbury apparaît ainsi comme le chaînon manquant qui permet de mieux appréhender une tradition humaniste et sceptique qui va de Cicéron à Pétrarque et Montaigne.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER37,00 € -
Méthodes et statut des sciences à la fin du Moyen Age
Grellard ChristopheA l'aune de l'histoire des sciences, le statut de la philosophie naturelle du moyen âge ne laisse pas de dérouter. Entre les sciences gréco-arabes et la révolution scientifique de l'âge moderne, l'impression d'une période stérile qui, engoncée dans des certitudes dogmatiques d'un autre âge, ne pouvait qu'échouer à produire un résultat scientifique, prédomine. Afin de contrebalancer ce portrait et, dans la lignée de travaux récents, ce collectif cherche, en examinant quelques travaux philosophiques et scientifiques de la fin du moyen âge, à mettre en évidence comment le contexte institutionnel et social du bas-moyen âge a permis que se mettent en place certaines des conditions d'émergence de la révolution scientifique du XVIIe siècle. L'idée principale était que les réflexions méthodologiques jouent un rôle fondamental dans l'évolution des différentes conceptions du statut des sciences au point que l'évolution des pratiques scientifiques semblent tributaires, dans une large mesure, de ces changements théoriques. Trois lignes principales de recherche apparaissent à travers ces études. La première concerne le gain d'autonomie progressif de chaque science particulière qui constitue peu à peu son propre champ d'enquête de façon autonome, tant au niveau des outils qu'au niveau des méthodes. La deuxième tient précisément à l'évolution, voire à la réforme, des outils de connaissance. Liée à l'autonomie des sciences, et à une forme de laïcisation du savoir, apparaît le besoin de chercher des outils méthodologiques qui soient conceptuellement neutres. Enfin, dans cette perspective, une place particulière a été faite au statut des mathématiques, à la fois comme science autonome, et comme outils pour la philosophie naturelle. Ce sont ces différentes lignes d'enquête qu'ont exemplifiées les études, réunies ici, en s'appuyant sur des analyses de cas précis.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER20,00 € -
MANIERES DE CROIRE
GRELLARD CHRISTOPHEQu'appelle-t-on croyance ? Tout le monde croit-il ? Ce qu'on identifie ici ou là comme des "croyances" relève-t-il d'un genre commun ou au contraire de types différents de pratiques et d'idées ? Au moins deux options sont en présence, qui motivent la composition de ce numéro de Socio-anthropologie. Soit on estime qu'il y a partout de la croyance et qu'il y en a toujours eu ; alors la croyance apparaît comme un invariant transhistorique. Soit, au contraire, la variabilité s'impose, et va jusqu'à l'incommensurabilité. Défendre une telle hypothèse, ce n'est pas seulement dire que tous les individus et tous les collectifs ne croient pas aux mêmes "choses" (les dieux ne sont pas partout les mêmes), mais que la façon de se rapporter auxdites choses peut varier du tout au tout, selon des modes d'une telle diversité qu'on peine à identifier un seul et même "fait social" et qu'on hésite finalement à parler de "la" croyance. La question demeure cependant ouverte de savoir si, donnés comme incommensurables, les genres d'existence et les manières de penser peuvent devenir l'objet d'un "comparatisme expérimental" qui ne renonce pas à construire les termes rendant le rapprochement sensé.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER18,00 € -

Le vocabulaire de Guillaume d'Ockham
Grellard Christophe ; Ong-Van-Cung Kim-SangGuillaume d'Ockham (1285-1347) est l'un des principaux promoteurs du nominalisme, i. e. la doctrine qui soutient que seuls existent les individus et qui applique le "rasoir d'Ockham" afin de supprimer toutes les entités ontologiques superflues, comme les abstractions et les universaux. La présentation des termes clés de la logique, de la philosophie de la connaissance et de la nature, de Guillaume d'Ockham manifeste à quel point il a effectivement mis en oeuvre un programme nominaliste de réduction ontologique, appliqué à la théologie et à la philosophie naturelle. Philosophe et théologien marqué par sa formation en logique, Ockham fut aussi engagé dans les querelles politiques de son temps. Dans ses écrits polémiques, on retrouve la virtuosité argumentative qui le caractérise, mais au-delà on découvre une philosophie politique (ou écclésio-politique), dont on trouvera ici les principaux termes clés. Le présent ouvrage permet de saisir, dans la diversité des champs philosophiques que Guillaume d'Ockham aborde, l'unité du programme de réduction ontologique. Son objectif est de faciliter la lecture des textes et non de s'y substituer. Outre les nombreuses citations, les références précises invitent le lecteur à se reporter aux textes pour préciser le sens d'un terme technique. Les renvois à la fin de chacun des articles offrent un parcours dans une oeuvre qui reste l'un des sommets du nominalisme et de la philosophie.Sur commandeCOMMANDER12,00 €
Du même éditeur
-

Transmettre la musique. Ecrits et notations, témoins paradoxaux d’un art évanescent
Davy-Rigaux Achille ; Douche Sylvie ; Scherer MarcComment transmettre la musique, cet art par essence évanescent, inscrit dans l'instant ? Les meilleurs experts s'interrogent sur ce paradoxe à partir de cas représentatifs.EN STOCKCOMMANDER28,00 € -

Les ombres de la beauté
Michel VernesExtrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Manuel Charpy partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de "? Les ombres de la beauté. Sur le dessin d'architecture néoclassique ? " de Michel Vernes.EN STOCKCOMMANDER5,00 € -

BDS. Etudes Spinoziennes
Pierre MachereyBDS, ces trois lettres apparaissent, en guise de nom d'auteur, sur la couverture des Opera Posthuma publiées en 1677, un an après la mort de Spinoza ; il s'agissait d'un recueil d'écrits alors inédits au nombre desquels figure l'Ethique, dans laquelle Spinoza avait consigné et mis en forme démonstrative l'essentiel de sa démarche philosophique. Cette signature énigmatique représentait une sorte de compromis entre la grande formule "Benedictus De Spinoza (amstelodensis)" et le complet anonymat sous lequel avait paru, en 1670, le Tractatus Theologico-Politicas. Elle résonne à présent comme une sorte de signal et traduit l'extrême singularité d'une démarche philosophique qui, depuis 350 ans, n'a pas encore livré tous ses secrets. Cet ouvrage revient sur certaines des difficultés que soulève aujourd'hui encore la compréhension d'une pensée déroutante entre toutes. Se confronter à ces résistances fait mesurer à quel point la philosophie de Spinoza reste vivante et agissante, à la fois active et d'une grande actualité.EN STOCKCOMMANDER25,00 € -
La pensée et les normes
Isabelle Aubert, Elodie Djordjevic, Gilles MarmassL'ouvrage "La pensée et les normes" rend hommage à l'oeuvre de Jean-François Kervégan, professeur de philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Les recherches de Jean-François Kervégan s'intéressent depuis plusieurs décennies à deux domaines de la philosophie qui ont pour fil conducteur la perspective d'une philosophie des normativités : la philosophie allemande et la philosophie pratique. En histoire de la philosophie allemande, son actualisation de la pensée de Hegel a marqué les esprits. Mais on lui doit aussi des études sur Kant, Marx, Jürgen Habermas et Axel Honneth. En philosophie pratique, où il a fait entendre une voix originale dans les débats sur Carl Schmitt ou Hans Kelsen, ses écrits sont consacrés en particulier à la question des droits subjectifs, à l'institutionnalisme et à la nature des normes juridiques. "La pensée et les normes" poursuit et discute les pistes de réflexion engagées par Jean-François Kervégan. En écho à ses travaux, les contributions du présent volume examinent les rapports entre les normes et la raison, selon une double perspective d'histoire de la philosophie et d'approches plus contemporaines mêlant philosophie, sciences sociales et droit.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER24,00 €
De la même catégorie
-

Confessions
SAINT AUGUSTINQui est Augustin ? Les Confessions, rédigées en 401, nous font rencontrer ce romain chrétien, rompu à la lecture des auteurs païens, qui interrogea les textes bibliques à travers les catégories de la culture antique. Plus qu'une autobiographie, elles racontent la quête d'une âme tournée vers Dieu qui trouve son point d'orgue dans une réflexion sur le temps. Le temps inflige à notre existence déchue une redoutable dispersion : enfermés dans le présent, ce que nous avons été est oublié et ce que nous serons est ignoré. Nous pouvons toutefois surmonter cet éclatement temporel : parler, chanter, écrire sont des actes où le présent s'étire entre le passé immédiat, retenu, et le futur proche, anticipé. L'homme, créature temporelle, se rapproche donc de l'éternité divine, non pas en sortant du temps dans de fausses extases, mais en l'accomplissant au contraire dans une quête, tendue vers un avenir qui n'oublie pas le passé. Ce que fait précisément Augustin en composant ses Confessions. Une splendide méditation sur ce qu'est de vivre le temps sans s'y perdre. --Émilio BalturiEN STOCKCOMMANDER7,60 € -

L'amour est fort comme la mort et autres textes
ECKHART MAITREMaintenant, tu demanderas : qu'est donc le détachement, pour qu'il cache en lui pareille puissance ? Le vrai détachement signifie que l'esprit se tient impassible dans tout ce qui lui arrive, que ce soit agréable ou douloureux, un honneur ou une honte, comme une large montagne se tient impassible sous un vent léger." Une méditation lumineuse, une parole vivante conviant à l'apaisement et à la contemplation.EN STOCKCOMMANDER4,00 € -

L'Islam et la raison. Anthologie de textes juridiques, théologiques et polémiques
AVERROESAverroès théologien est un philosophe engagé. Ce philosophe est à la fois réaliste et idéaliste, ce qui, à tout prendre, vaut mieux que naïf et fanatique. Les hommes politiques qu'il estime avoir façonnés intellectuellement sont censés partager avec la masse, et diffuser, en son sein, la « Loi générale et commune », c'est-à-dire la Loi religieuse, en même temps qu'ils adhèrent à la « Loi particulière » des philosophes - ce qui est une condition sine qua non de la préservation de leur pouvoir, qui a pour finalité l'avènement du vrai. C'est pourquoi l'activité philosophique doit être voulue par la Loi religieuse, dont la fin ne peut être que le bien général. Sans l'obligation de philosopher adressée par le Texte coranique aux «hommes de démonstration », la Loi religieuse ne serait pas vraie, et l'obligation d'adhérer à l'Islam n'aurait pas de pertinence rationnelle. Tel est le message final d'Ibn Rushd, philosophe et théologien musulman. Il ne paraît pas qu'il ait perdu beaucoup de son actualité.EN STOCKCOMMANDER8,30 € -

Quelques pensées sur l'éducation
John LockeQuand on a pris les soins nécessaires pour conserver au corps sa force et sa vigueur, pour le mettre en état d'obéir aux ordres de l'âme elle-même, afin que en toute occasion, elle ne donne son consentement qu'à ce qui est conforme à la dignité et à l'excellence d'une créature raisonnable"EN STOCKCOMMANDER12,50 €
