Le désintéressement. Traité critique de l'homme économique Tome 1
Elster Jon
SEUIL
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EAN :9782020965903
La science économique n'a de cesse de nous montrer l'homme comme un agent dont les choix traduiraient la poursuite rationnelle de son intérêt. C'est à ce postulat fondamental que s'attaque le présent traité, dont Le Désintéressement est le premier volume. L'ambition de ce livre est de démontrer que les motivations désintéressées sont plus importantes dans la vie sociale que ne le conçoivent les modèles économiques aujourd'hui dominants. Théoriquement séduisants, ceux-ci s'avèrent en effet empiriquement faibles pour expliquer les comportements réels. Mais Jon Elster ne se contente pas de souligner la distance de la théorie à l'expérience observée. Dissipant les soupçons qui pèsent souvent sur elles, il distingue aussi positivement les différentes formes de désintéressement qui façonnent nos choix, aussi bien dans la vie quotidienne ou dans les urnes que dans des situations extrêmes. Il emprunte, pour ce faire, autant aux moralistes français du XVIIe siècle et à la philosophie politique du XVIIIe qu'à la littérature, à la psychologie expérimentale ou à la théorie des jeux. Biographie de l'auteur Jon Elster occupe la chaire "Rationalité et Sciences sociales" au Collège de France. Il a enseigné à l'université de Paris-13, à l'université d'Oslo, à Chicago University et à Columbia university. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres, dont Le Laboureur et ses enfants (Ed. de Minuit, 1987) et Agir contre soi (O. Jacob, 2007). Son ouvrage le plus récent est Alexis de Tocqueville: The First Social Scientist (Cambridge University Press, 2009).
Nombre de pages
376
Date de parution
15/01/2009
Poids
425g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782020965903
Titre
Le désintéressement. Traité critique de l'homme économique Tome 1
ISBN
2020965909
Auteur
Elster Jon
Editeur
SEUIL
Largeur
145
Poids
425
Date de parution
20090115
Nombre de pages
376,00 €
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Pouvons-nous réduire les comportements sociaux à des calculs d'intérêt ? Non. Nous devons prendre en compte les émotions. Mais on ne peut pas prédire l'effet des émotions, on peut seulement retrouver après coup ce que pourrait être le " mécanisme ", parmi d'autres possibles, qu'elles ont mis en branle. Les proverbes nous fournissent des résumés de tels mécanismes, moins sophistiqués que des lois, mais plus variés qu'elles. Il est ainsi possible de donner un sens à bien des comportements qui sont des énigmes pour les économistes. Il faut pour cela relire non seulement les proverbes, mais aussi les réflexions des philosophes et moralistes Aristote, Montaigne, Pascal, La Bruyère et La Rochefoucauld.
Je vois le bien, je l'approuve, et je fais le mal". dit Médée sous la plume d'Ovide. "Je ne fais pas le bien que je veux, tandis que je fais le mal que je ne veux pas", déplore saint Paul dans l'Epître aux Romains. Deux expressions célèbres de ce qu'on peut appeler la "faiblesse de volonté". Pourquoi, malgré tout ce que je sais des méfaits du tabac, continuer à fumer? Pourquoi, malgré leur effet sur la criminalité, certains pays autorisent-ils toujours les ventes d'armes? Voilà des exemples modernes de cette akrasie. Comment est-elle possible? Que suppose-t-elle? Et surtout, comment la surmonter? Sur un problème classique - la possibilité du mal en connaissance de cause -, Jon Elster déploie toute la finesse et la puissance des outils philosophiques contemporains pour proposer un tableau complet des facteurs expliquant cette "faiblesse de volonté", ainsi que des stratégies que mettent en oeuvre les individus et les institutions pour y remédier. Ulysse s'attachait au mât de son bateau pour résister à la tentation; les institutions le peuvent-elles? Biographie de l'auteur Jon Elster a enseigné la sociologie à l'université Paris-VIII, puis la philosophie et l'histoire à celle d'Oslo, avant de devenir professeur à l'Université de Chicago, puis à Columbia University. Il est aujourd'hui professeur au Collège de France. Il a notamment publié Le Laboureur et ses enfants, Karl Marx: une interprétation analytique et Psychologie politique.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...