Les Ratonnades d'Alger, 1956. Une histoire du racisme colonial
Thénault Sylvie
SEUIL
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EAN :9782021419276
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
Nombre de pages
327
Date de parution
04/02/2022
Poids
324g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782021419276
Titre
Les Ratonnades d'Alger, 1956. Une histoire du racisme colonial
ISBN
2021419274
Auteur
Thénault Sylvie
Editeur
SEUIL
Largeur
141
Poids
324
Date de parution
20220204
Nombre de pages
327,00 €
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Histoire du FLN, mécanismes de la torture, rôle de lamagistrature dans les circuits répressifs, vie des appelésfrançais... Depuis quelques années, de nombreux travaux ontpermis d'approfondir la connaissance de cet épisode sombre denotre passé que fut la guerre d'Algérie. Cette guerre, ce livreentend la renommer, pour la raconter comme un moment del'histoire de France, bien sûr, mais aussi, indissolublement, del'histoire de l'Algérie: car la guerre d'indépendance algériennesouleva, contre la tutelle coloniale, un peuple et une armée.Cet affrontement n'opposa pas pour autant deux "camps"monolithiques: les tensions entre militaires et politiques ausein du FLN, entre Algériens choisissant ou refusant de serallier, les oppositions entre Français, fervents de l'Algériefrançaise, partisans de solutions négociées ou anticolonialistes,ont émaillé la longue marche vers l'indépendance. Ni ladomination militaire française, ni la présence ancienne desFrançais d'Algérie, ne purent l'enrayer. Cinquante ans après, letemps est venu d'en écrire l'histoire dépassionnée.
Histoire du FLN, mécanismes de la torture, rôle de lamagistrature dans les circuits répressifs, vie des appelés français... depuis quelques années, de nombreux travaux ont permis d'approfondir la connaissance de cet épisode sombre de notre passé que fut la guerre d'Algérie. À cette guerre ce livre entend rendre son vrai nom, en s'appuyant sur la recherche la plus récente, pour la raconter comme moment de l'histoire de France, bien sûr, mais aussi, indissolublement, de l'histoire de l'Algérie: car la guerre d'indépendance algérienne souleva, contre la tutelle coloniale, un peuple et une armée. Cet affrontement n'opposa pas pour autant deux "camps" monolithiques: les tensions entre militaires et politiques au sein du FLN, entre Algériens choisissant ou refusant de se rallier, les oppositions entre Français, fervents de l'Algérie française, partisans de solutions négociées ou anticolonialistes, ont émaillé la longue marche vers l'indépendance. Cette marche sanglante fut pourtant inéluctable. Ni la domination militaire française, ni la présence ancienne des Français d'Algérie, ni l'engouement pour des réformes qui voulaient tailler une part plus belle à des Algériens si peu maîtres de leur Algérie, ne pouvaient l'enrayer. Une certitude qui permet, enfin, d'en écrire l'histoire dépassionnée.
Pendant la guerre d'indépendance algérienne, les autoritésfrançaises ouvrirent des camps d'internement pour les"suspects" arrêtés par la police ou par l'armée. Des dizaines demilliers d'Algériens y furent détenus. Recours ponctuel pourmaintenir l'ordre public dans des circonstances extra-ordinaires? Pas seulement. Ces camps n'étaient qu'une formenouvelle de l'internement, dont elles avaient usé, depuislongtemps, pour réprimer les résistances qu'elles rencontraienten Algérie. Y compris en dehors des périodes de guerre oud'insurrection. Cet ouvrage ne se borne pas à dénoncer lesduretés des autorités ou leurs dérives aux moments de crise. Ilretrace l'histoire, tout au long de la période coloniale, de lapratique de l'internement dans sa mise en oeuvre concrète parla France, depuis l'époque de l'indigénat. Pourquoi était-ilutilisé? Qui en était victime? Quel rôle jouait-il dans la tutelleexercée sur les colonisés? C'est toute la logique de l'arbitrairecolonial que démonte l'une de nos meilleures spécialistes danscet ouvrage dépassionné mais clinique.
Peut-on ajourd?hui parler de la Guerre d'Algérie d'une façon dépassionnée? Les blessures restent vives de part et d'autre de la Méditerranée. Les Harkis, les Pieds-Noirs, la commémoration des manifestations d'octobre 61, en témoignent. De ce que l'on a pudiquement appelé les « événements » à la reconnaissance de ce qui fut une guerre, le chemin fut long et semé d'idées reçues qui perdurent aujourd'hui encore: « Ce n'était pas une guerre, mais une opération de maintien de l'ordre », « La bataille d'Alger est le symbole de la guerre d'Algérie », « De Gaulle a donné l'indépendance à l'Algérie », « Les intellectuels français soutenaient le FLN », « Le FLN a ensuitemis en place un État autoritaire », « L'islamisme puise ses racines dans la guerre d'Algérie »,...Il semble pourtant que l'on soit prêt maintenant à regarder cette période en face, avec le recul d'un demi siècle et l'accès progressif aux archives. Des origines du conflit à la période qui suivi la fin de la guerre, cet ouvrage analyse les moments-clés, les séquelles encore vives et leur impact sur les mémoires.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...
Hockney David ; Gayford Martin ; Saint-Jean Pierre
A l'aube de ses quatre-vingts ans, David Hockney a recherché pour la première fois la tranquillité à la campagne, un lieu où observer le coucher du soleil et le changement des saisons, un endroit où tenir à distance la folie du monde. Ainsi, lorsque la Covid-19 et le confinement ont frappé, cela n'a pas changé grand-chose à la vie à La Grande Cour, la ferme normande plusieurs fois centenaire où Hockney avait installé son atelier un an auparavant. On ne reporte pas le printemps est un manifeste qui célèbre la capacité de l'art à divertir et à inspirer. Il s'appuie sur une multitude de conversations et de correspondances inédites entre David Hockney et le critique d'art Martin Gayford, son ami et collaborateur de longue date. Leurs échanges sont illustrés par une sélection de peintures et de dessins inédits réalisés par l'artiste sur son iPad en Normandie, en lien avec des oeuvres de Van Gogh, Monet, Brueghel et d'autres encore. Constamment poussé à aller de l'avant par son enthousiasme contagieux et son sens de l'émerveillement, à contre-courant depuis toujours, mais très populaire depuis soixante ans, Hockney ne se préoccupe pas de l'opinion des critiques. Totalement absorbé par son environnement et les thèmes qui le fascinent depuis des décennies : la lumière, la couleur, l'espace, la perception, l'eau, les arbres, il a beaucoup à nous apprendre, non seulement sur notre façon de voir... mais aussi sur notre façon de vivre.