Ronald Dworkin occupe une place centrale dans un espace public américain sans doute plus ouvert aux discussions de doctrine juridique, constitutionnelle et politique que son homologue français. Nourrie de plusieurs livres et multiples interventions dans les revues ou la presse (New York Review of Books notamment), son ?uvre parcourt la plupart des domaines d'un espace qui s'étend du problème de la fondation en raison des normes de justice aux controverses liées à la signification de la liberté moderne et aux conflits qui naissent de son application : avortement, euthanasie, protection de la vie privée, liberté d'opinion et de communication... Avec pour projet, la justification d'une conception libérale de la politique et du droit modernes, construite autour du primat accordé à l'autonomie du sujet. Publié en 1977, Taking Rights Seriously se présente comme le premier moment d'une démarche qui conduit aujourd'hui son auteur à discuter les questions de l'interprétation du sens du droit ou des estimations du bien dans une société pluraliste. Déjà situé aux confins de la théorie juridique, l'ouvrage repose sur une thèse cardinale : " les hommes ont des droits moraux contre l'Etat ". Droits qui assurent les moyens de résister à l'emprise du pouvoir sur la liberté des personnes et l'intimité de leurs existences. Droits qui permettent de penser les conditions d'une égalité de traitement des individus. Droits qui peuvent enfin offrir les fondements d'une théorie de la justice constitutionnelle. Dans le sillage de la Théorie de la justice de John Rawls, avec le compagnonnage de Kant ou John Stuart Mill, Ronald Dworkin cherche à tirer les conséquences de l'avènement d'une société auto - instituée, affranchie des tutelles de la tradition ou d'autorités extérieures à l'homme. A partir de l'idée d'une antériorité de l'idée de justice et des principes éthiques ou juridiques qui la prennent en charge par rapport au droit positif et aux cadres étatiques de l'existence politique. Dans la perspective d'une conception élargie de la démocratie qui peut aller jusqu'à inclure l'hypothèse de la désobéissance civile. Selon la visée qu'indique le souci de prendre au sérieux les promesses de liberté, d'égalité politique et de respect de la dignité que contient la référence aux droits de l'homme.
Nombre de pages
515
Date de parution
01/11/1998
Poids
530g
Largeur
175mm
Plus d'informations
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EAN
9782130459088
Auteur
Dworkin Ronald
Editeur
PUF
Largeur
175
Date de parution
19981101
Nombre de pages
515,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Un ouvrage qui rassemble les contributions des meilleurs spécialistes de la pensée de Ronald Dworkin sur des questions cruciales pour nos démocraties comme la discrimination positive, la neutralité de l'Etat, la liberté religieuse ou encore l'avortement et l'euthanasie.
L'empire du droit est le maître ouvrage de Ronald Dworkin, étudié et discuté par les professeurs et les théoriciens, par les juristes et les juges, par les étudiants et les acteurs de la vie politique aux Etats-Unis et ailleurs.Comment les juges établissent-ils le droit (et comment devraient-ils le faire)? Il montre que les juges doivent se prononcer sur les cas difficiles en interprétant, au lieu de se contenter d'appliquer, les jugements rendus antérieurement, et il énonce une théorie générale de l'interprétation, en littérature comme en droit, et des cas où une interprétation doit l'emporter sur les autres. Toute interprétation juridique est le reflet d'une théorie sous-jacente sur la nature d'ensemble du droit: Ronald Dworkin évalue les mérites de trois de ces théories. L'une, le conventionnalisme, considère que le droit qui gouverne une collectivité se borne à la définition qu'en donnent les conventions en usage dans cette collectivité. Selon une autre théorie, le pragmatisme, très estimé aujourd'hui, la meilleure définition de la pratique juridique est celle d'un instrument devant aider une société à atteindre ses objectifs. Dworkin s'élève avec vigueur et avec persuasion contre ces deux points de vue et défend une troisième théorie du droit, celle du droit-intégrité. Il souligne que l'intérêt fondamental du droit n'est pas de faire état d'un consensus, ni de fournir des moyens efficaces pour parvenir aux objectifs que s'est fixés une société donnée, mais de répondre à l'exigence d'une collectivité politique agissant envers chacun de ses membres sur la base cohérente de principes définis. A la lumière de cette conception, il étudie certains cas dans le cadre de la Common Law, d'autres entrés en fonction du droit écrit, et les grands cas de droit constitutionnel soumis à la Cour suprême. Il démontre systématiquement que le concept d'intégrité politique et juridique est la clef de la théorie comme de la pratique juridiques dans le système anglo-américain.
Le juste et le bien sont-ils des concepts étanches l’un à l’autre ? Pouvons-nous établir ce que nous nous devons les uns aux autres dans une association civile (le juste) sans recourir à une conception de ce qu’est une vie bonne (le bien) ? C’est ce qu’affirment, depuis John Rawls, les philosophes qui affirment la neutralité éthique de la théorie politique libérale. Ronald Dworkin affirme au contraire que le juste et le bien sont inséparablement liés l’un à l’autre. Dans ce livre, issu de son œuvre Sovereign Virtue et traduit ici pour la première fois dans son intégralité, il propose une définition de la vie bonne : répondre adéquatement au défi posé à chacun par les circonstances dans lesquelles il se trouve. Or il montre qu’il est impossible d’apporter une telle réponse adéquate sans disposer d’une juste part des ressources sociales. Pour pouvoir bien vivre, il faut vivre dans une société juste.
Approche transversale des règles d'encadrementPREMIÈRE PARTIE : L'appréhension des aides 1 ? Logiques variables et enjeux communs 2 ? L'approche extensive de l'aide d'État 3 ? Approches plus partielles de la notion d'aide aux entreprises DEUXIÈME PARTIE : La mise en ?uvre des aides 1 ? Dérogations à la prohibition des aides d'État 2 ? La mise en ?uvre des aides européennes 3 ? La mise en ?uvre des aides en droit interne TROISIÈME PARTIE : Le contrôle des aides 1 ? Le contrôle de la compatibilité des aides d'État 2 ? Le contrôle des financements européens 3 ? Les contrôles découlant du droit interne 4 ? La régulation internationale des subventions QUATRIÈME PARTIE : La remise en cause des aides 1 ? La suppression des aides 2 ? Le contentieux des aides aux entreprise
Le marché du logement n'est pas un marché comme un autre. L'accès au logement, malgré son statut de droit opposable, est rendu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes générations, du fait de la progression importante des dépenses en logement des ménages. Pour des raisons similaires, l'accession à la propriété des ménages modestes est rendue de plus en plus en complexe. Le logement, premier actif du patrimoine des ménages, est devenu l'un des principaux vecteurs de transmissions intergénérationnelles. Le mal-logement et les situations d'exclusion continuent de progresser en France et la question se pose de la capacité de notre société à enrayer ces phénomènes aux facettes multiples. Les divergences observées entre les différents marchés du logement ont eu pour conséquence la rupture du parcours résidentiel d'un grand nombre de ménages. Apprendre à identifier et à vaincre les crises du logement qui traversent la France devrait constituer l'une des problématiques centrales du débat public pour les prochaines années.
Bachelard Gaston ; Bontems Vincent ; Canguilhem Ge
Pour une révolution permanente de la raisonRecueil d'articles dont la première édition a été publiée en 1972 dans la collection Bibliothèque française contemporaine. L'Engagement rationaliste suit l'intégralité de la trajectoire de Gaston Bachelard. Composé, titré et préfacé par Georges Canguilhem, ce recueil s'ouvre avec un manifeste épistémologique révolutionnaire (« Le surrationalisme ») rédigé en soutien au Front populaire, et s'achève avec l'éloge de Jean Cavaillès, l'ami chef de la Résistance assassiné par les nazis, manifestant ainsi le caractère engagé de l'épistémologie. Cet engagement consiste en premier lieu à suivre la science dans ses progrès : « il faut que le rationaliste soit de son temps, et j'appelle de son temps, du temps scientifique, de la science du temps que nous vivons actuellement ». Un tel rationalisme révise ses connaissances, ses méthodes et jusqu'à ses principes. Il ne lutte pas seulement contre le sens commun, mais aussi contre des normes de scientificité héritées du passé. Cette posture résolument progressiste résonne avec d'autres positions avant-gardistes. La présente édition, présentée et commentée par Vincent Bontems, précise l'origine des textes, restitue leur contexte, et identifie la source des citations et des concepts, afin d'éclairer le sens des engagements de la pensée et de l'existence de Bachelard.
Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.