Le vertige du vague. Les romantiques face à l'ambiguïté
Dürrenmatt Jacques
KIME
20,80 €
Epuisé
EAN :9782841742493
Le refus affiché de l'ambiguïté des discours, la condamnation quasi unanime des équivoques et autres doubles ententes susceptibles de mettre en cause l'efficacité d'une communication souhaitée transparente et par là pleinement efficace, constitue un de ces consensus sur lesquels s'appuient les sociétés pour construire leur légitimité. La France de l'Ancien Régime, grammairiens, rhétoriciens, académiciens en tête, a rêvé éperdument de clarté et les révolutionnaires, loin de le rejeter, ont poussé ce désir jusqu'à un point d'incandescence dont la littérature ne devait plus se remettre. Héritiers de cet amour dont ils ont pu mesurer toute la puissance mortifère, les romantiques français (Nodier et Stendhal en tête) redécouvrent douloureusement la nécessité poétique de l'ambiguïté, la puissance signifiante de ce qui se joue de vrai dans l'insoumission aux règles orthographiques ou grammaticales, aux modèles textuels, aux figures jusque là reconnues du sublime. Leur prise en compte désenchantée de résistances fondamentales de la langue les conduit à réinventer, non sans réticence, le vague pour en nourrir leur modernité autant que la nôtre. Au moment où l'ambiguïté a acquis l'omnipotence que l'on sait dans le domaine critique, il semblait nécessaire de tenter de saisir les formes de ce bouleversement.
Nombre de pages
190
Date de parution
19/09/2001
Poids
248g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841742493
Titre
Le vertige du vague. Les romantiques face à l'ambiguïté
Auteur
Dürrenmatt Jacques
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
248
Date de parution
20010919
Nombre de pages
190,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Jacques Dürrenmatt est professeur de stylistique à l'université de Toulouse-le Mirail. Il a publié plusieurs ouvrages (Bien coupé, mal cousu, Le Vertige du vague, La Métaphore, L'Espace de la note) consacrés aux questions soulevées par la ponctuation et la division du texte littéraire, aux utilisations esthétiques de l'ambiguïté et, plus largement, à toutes les expérimentations textuelles lisibles autant que visibles.
Le terme de « métaphore » remporte depuis de nombreuses années un succès critique dans les divers domaines des sciences humaines, y compris celui des approches cognitivistes qui ont fait de la métaphore un point nodal de leur réflexion. Ces références multiples ne sont pas dissociables d'une sorte de brouillage qui touche à la fois les perspectives analytiques et les perspectives théoriques. Afin de clarifier ces perspectives, ce livre propose l'histoire du terme de métaphore, tel qu'il a été employé depuis l'antiquité en rhétorique, en esthétique et en philosophie. Il offre enfin une interprétation synthétique de ces diverses approches, ainsi qu'il illustre quelques unes de leurs applications. Il entend ainsi faciliter l'usage du terme de métaphore, étude des métaphores et introduire aux débats les plus contemporains sur la caractérisation et le statut de la métaphore.
Donner une nécessité expressive à la ponctuation, rendre la division naturelle, tel semble être l'objectif des romantiques. A travers points et virgules, suspensions ou italiques, chapitres et (dé)coutures, l'auteur étudie la manière dont, après les expérimentations romanesques des Lumières, le roman de Nodier et de Stendhal, de Hugo ou de Balzac transforme le texte-tissu en un corps organique, aussi rapiécé qu'une créature de Frankenstein. A réinventer plus qu'à vaincre, le chaos constitue bien le coeur d'ombre de la réflexivité romantique.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.