Peut-être cette introduction doit-elle préciser une distinction que le corps de l'ouvrage considère comme acquise : la distinction entre la compréhension catholique de la Bible et l'apologétique biblique. Il est tout à fait normal que le croyant catholique, en lisant la Bible, s'appuie sur tous les soutiens positifs que lui offre sa foi. Il accepte l'inspiration et l'inerrance de l'Ecriture, telles que l'Eglise les comprend ; il utilise sa connaissance générale de la Révélation chrétienne et, dans l'exégèse de passages particuliers, il est normal qu'il se laisse guider par l'interprétation qu'en ont donnée la tradition catholique et les documents de l'Eglise. Ainsi soutenu, le catholique qui lit le Nouveau Testament y trouve plus que ce qu'y aperçoit un incroyant. Il trouvera dans les Evangiles le récit de l'Incarnation du Fils de Dieu, de sa conception virginale à Nazareth, de sa naissance à Bethléem, au temps de César Auguste. Il verra en Jésus une personne divine, au sens strict et littéral, et il admettra sans difficulté que Jésus a réuni des disciples, les a instruits de ce qui touche au Royaume de Dieu, leur a promis certains pouvoirs à l'intérieur de l'Eglise et a garanti à cette même Eglise l'assistance indéfectible du Saint-Esprit jusqu'à la fin des temps. Le lecteur catholique trouve encore dans le Nouveau Testament la parfaite assurance que le Christ a opéré des miracles nombreux et étonnants, qu'il a institué la Sainte Eucharistie, qu'il a été trahi par l'un des Douze, qu'il a souffert, est mort sur la croix et est ressuscité corporellement d'entre les morts, qu'il est apparu maintes fois à ses disciples, et qu'enfin, après une quarantaine de jours, on l'a vu monter au ciel. Pourquoi le fidèle, à la lecture du Nouveau Testament, éprouverait-il des doutes sur la réalité de ces événements ? La saine érudition biblique n'a jamais contesté ces fondements de la foi catholique. [...] Le catholique ne désire trouver dans les Ecritures aucune autre signification que celle qu'y trouve l'Eglise. Sans s'attendre à des définitions du Magistère sur toute question en discussion, il verra la nécessité d'une certaine direction officielle. Quand les autorités de l'Eglise, qui veillent à protéger les Ecritures de toute déformation, jugent bon de fixer l'interprétation de tel ou tel texte - comme cela se fait assez rarement - le lecteur catholique acceptera ces précisions avec le degré d'assentiment intérieur et extérieur qu'on peut réclamer de lui en chaque cas. En tout cela, il verra non pas un autoritarisme, mais un gracieuse disposition de la Providence pour l'aider à mieux comprendre la Révélation chrétienne.
Nombre de pages
128
Date de parution
01/04/1997
Poids
110g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782701003436
Titre
Le Christ des Evangiles
Auteur
Dulles Avery ; Régnier Marcel
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
115
Poids
110
Date de parution
19970401
Nombre de pages
128,00 €
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Avery DULLES, jésuite américain, fils de John Foster Dulles, professeur de théologie aux Etats-Unis, est bien connu pour ses écrits sur l'Église de notre temps. C'est à tous les hommes de bonne volonté que le Père Dulles, éminent théologien, destine cette étude sur le rôle de la foi, de l'autorité et du dogme dans un monde en pleine mutation. Face aux changements radicaux et souvent troublants, tant à l'intérieur qu'en dehors de l'Eglise, Avery Dulles constate que beaucoup de chrétiens sont handicapés par leur manque de sens de l'histoire. Persuadés que l'enseignement et les institutions de l'Eglise n'ont pas changé depuis les origines du christianisme, ils ont tendance à considérer le passé comme sacré et tout ce qui est nouveau comme profane ; à n'avoir d'autre choix qu'entre un conformisme servile et la révolte ouverte. Le Père Dulles refuse une telle attitude en soulignant le fait que les bouleversements dans la société en général ont toujours provoqué dans l'Eglise des bouleversements d'une intensité similaire. Dans cette perspective, il aborde un grand nombre de sujets tels que La foi et la logique de la découverte, L'autorité et la diversité dans la communauté chrétienne, Le Magistère contemporain, La permanence de la prophétie, L'irréformabilité du dogme, développant sa ferme conviction que les changements auxquels nous assistons sont, non seulement souhaitables, mais nécessaires pour donner à l'Eglise le rôle qu'elle doit tenir. Un ouvrage profond, serein qui apportera apaisement aux uns et encouragement aux autres.
Qu'est-ce que la Révélation ? Comment est-elle communiquée ? " Le théologien américain Avery Dulles aborde ces questions dans la perspective de la théologie fondamentale. Théologies de la Révélation (Models of Revelation), devenu rapidement un classique dans le monde anglophone, est le fruit de plus de vingt ans d'enseignement et de recherches. Ce livre est la première synthèse depuis La Théologie de la Révélation de René Latourelle (1963), qui abordait la question de la Révélation d'un point de vue historique et dogmatique. Outre l'intérêt du sujet - la Révélation est présupposée à la foi et fonde toute l'entreprise théologique et spirituelle - , Théologies de la Révélation a l'avantage de présenter une méthode théologique originale et achevée : celle des modèles. La méthode, initialement développé en sciences physiques, permet d'acquérir une intelligence limitée mais valide du mystère de la Révélation, qui dépasse l'appréhension directe, mais qui est attesté par tous ceux qui peuvent dire : " je crois ", dans un contexte religieux chrétien, Catholique ou protestant. Théologies de la Révélation est un ouvrage surtout pédagogique qui permettra à tous ceux qui s'intéressent à la théologie, de profiter de l'érudition et de l'intelligence méthodologique d'un grand théologien contemporain, et d'aiguiser leur réflexion sur un sujet théologique particulièrement fondamental.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.