
Archives de sciences sociales des religions N° 199, juillet-septembre 2022 : Fait tribal et fait rel
Le présent volume s'interroge sur les interactions du fait tribal et du fait religieux dans les sociétés de frontière d'Asie occidentale depuis la fin de l'ère des Empires. Issu d'un projet collaboratif soutenu par le LabEx TEPSIS et par l'IRIS "Etudes globales" du CNRS, il questionne les représentations d'une riche littérature orientaliste. Or, celle-ci s'intéresse souvent à la place des référents tribal et religieux dans les interactions sociales d'un monde nomade demeuré dominant, en termes démographiques, jusqu'au milieu du XXe siècle, sur de nombreux limes des Empires ottoman et persique, britannique et russe. Centrées sur le monde kurde, les études réunies ici s'étendent jusqu'à la steppe eurasiatique, depuis les réorganisations impériales de la fin du XIXe siècle jusqu'à la crise qu'ont connue, au début du XXIe, nombre d'Etats-nations constitués dans l'aire Maghreb-Machreq après les deux conflits mondiaux. Elles sont aiguillonnées par un demi-siècle d'observation des articulations entre, d'une part, internationales jihadistes et, de l'autre, un fait tribal en pleine mutation dans toute la zone aride ouest asiatique. Elles se penchent sur un XXe siècle marqué par des réformes agraires et des sédentarisations autoritaires, accompagnées d'instrumentations étatiques de la chefferie et de la tribu comme modes d'organisation politique sur l'arrière-plan sociodémographique, depuis les années 1980, d'une urbanisation de masse.
| Nombre de pages | 200 |
|---|---|
| Date de parution | 02/12/2022 |
| Poids | 322g |
| Largeur | 156mm |
| EAN | 9782713229244 |
|---|---|
| Titre | Archives de sciences sociales des religions N° 199, juillet-septembre 2022 : Fait tribal et fait rel |
| Auteur | Dudoignon Stéphane |
| Editeur | EHESS |
| Largeur | 156 |
| Poids | 322 |
| Date de parution | 20221202 |
| Nombre de pages | 200,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Hymnes de sang. Nouvelles du Tadjikistan
Dudoignon StephaneRésumé : Tadjikistan, 1989. La perestroïka bat son plein dans cette petite république d'Asie centrale frontalière de l'Afghanistan. Si elle est la plus pauvre de l'Union soviétique, sa capitale, Douchanbeh, abrite une intelligentsia artistique et littéraire originaire de toute l'Union. Avec plus d'acuité qu'ailleurs, dans une URSS qui sait alors ses jours comptés, se pose la question de la relation à un territoire, à un passé hérités de la colonisation russe puis de la soviétisation. Une génération de jeunes écrivains anticonformistes interroge cet héritage, à la lumière de sa redécouverte graduelle de l'histoire du XXe siècle et des scandales écologiques qui suivent la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. La plupart sont issus des hautes vallées de ce pays de montagne, qui ont été vidées de leur population sous Staline et Khrouchtchev, déplacée pour aider au développement industriel de l'agriculture cotonnière. Au coeur de leur travail : le "retour" (en persan tadjik, bazgasht) impossible vers des hautes terres idéalisées, que leurs parents ont dû abandonner à partir du lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et l'accommodation à une société agro-industrielle qu'une longue succession de violences politique apparente, pour certains, à un vaste cimetière. Au service de cette écriture : un recours décalé aux genres rois que sont la nouvelle dans la littérature russe et l'essai-reportage dans la littérature soviétique, interprétés comme variantes grinçantes du conte populaire persan.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER17,00 € -

Souvenirs de voyage pour les gens de Boukhara
Dudoignon StéphaneRésumé : L'activité des cercles lettrés de Boukhara, de la fin du XVIIIe siècle jusqu'au milieu des années 1920, fut marquée par une exceptionnelle effervescence. Au point que la Noble Cité put servir longtemps de lieu de ralliement de tout ce que l'Asie centrale comptait de musulmans soucieux de renouveau social et intellectuel. Le protectorat russe, établi en 1873, devait entraîner la formation d'une classe de négociants autochtones liés à la culture du coton et de la soie. Cette première bourgeoisie étendit rapidement ses activités au-delà de l'Asie centrale ; soucieuse de ses intérêts propres face au capital russe, elle se montra aussi solidaire des mouvements de modernisation et d'émancipation qui parcouraient le monde musulman au tournant des XIXe et XXe siècles. C'est à cette classe qu'appartenait Mîrzâ Sirâdj ad-Din Hakîm (1877-1914). Négociant boukhariote en soie et coton, il se lança dans des activités commerciales qui l'amenèrent à entreprendre, un beau jour de juin 1902, un long voyage d'affaires et d'agrément en Europe, via Istanbul, Londres, Marseille et Moscou. Les vicissitudes de son commerce devaient ensuite le contraindre à huit années d'incessants déplacements, riches en péripéties, entre l'Iran, divisé par la révolution constitutionnelle, l'Afghanistan des émirs modernisateurs et l'Inde déliquescente des derniers nababs. Le récit de ces voyages est très classique, par des schémas et un ton d'objectivité qu'il emprunte au genre du récit de pèlerinage. Mais c'est dans ce cadre que les Souvenirs de Mîrzâ Sirâdj trouvent leur caractère novateur - par un effet de désacralisation de l'espace et de brouillage des frontières entre islam et non-islam - à l'aube d'un siècle qui, vu d'une Asie centrale bientôt livrée au stalinisme, devait se montrer, d'une manière générale, peu amène envers les tentatives d'instauration d'un libéralisme islamique.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER27,70 € -

Les gardiens de la Révolution islamique d'Iran
Dudoignon Stéphane A.Et si la République islamique d'Iran, en fait, n'existait plus ? Annoncée depuis plus d'une décennie, la prise du pouvoir par la Légion des Gardiens de la révolution n'aurait-elle pas déjà eu lieu ? Depuis 2016, en effet, un système d'assemblées électives contrôlé par les Gardiens s'est mis en place, parallèlement aux institutions républicaines qu'il tend à vider de leur contenu.Et pourtant, loin d'une sécularisation du régime, que cette militarisation aurait pu entraîner, rarement en Iran le religieux et le politique auront été aussi intimement liés. Comment l'expliquer, malgré des vagues de contestation populaire, malgré aussi ce que nombre d'anciens de la Légion eux-mêmes dénoncent comme une dérive mafieuse ?En se bureaucratisant, la Légion des Gardiens, constamment, s'est remobilisée, jusqu'à son passage à la soft war et à la cyberguerre grâce à une génération de hackers aguerris dans la lutte contre l'Occident. Parmi les moteurs de cette remobilisation : un ancrage local et communautaire fort qui, mâtiné d'interactions avec les mosquées, constitue une spécificité de cette milice d'État d'un genre particulier.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER25,00 € -

Le Taquet
Grichkovets Evguéni-V ; Dudoignon StéphaneLes autresJe souriais. Pour ainsi dire. J'avais sur la figure un sourire, quoi, un petit sourire. On n'aurait pas pu dire qu'il se remarquait à peine: non, en fait, il ne se remarquait pas du tout. C'est vrai que sourire en grand, quand on est seul, tout seul, c'est vraiment impossible. Sourire en grand, on ne peut le faire que pour quelqu'un. Pour quelqu'un d'autre, je veux dire.J'ai lu quelque part que le muscle qui tend les lèvres pour former un sourire s'appelle risorius, c'est un muscle particulier du visage. Ainsi, comme à ce moment-là je me sentais, disons, plutôt bien, les muscles de mon visage s'étaient légèrement étirés, produisant un petit sourire. Je sentais que je l'avais (le sourire), là (sur mon visage). Mais sans le voir. Ça fait du bien de sourire. Mais ça fait encore plus de bien de rire, physiquement je veux dire. Éclater de rire, ça, c'est un pur bonheur. Et peu importe pour quelle raison.Bien sûr, on peut entendre ou lire une plaisanterie d'une finesse étonnante, être impressionné par l'esprit de celui qui l'a faite, aller jusqu'à penser: «Nom de Dieu, que c'est drôle!...» ou bien être témoin d'une scène complètement loufoque, apprécier à quel point la situation est comique et s'en faire la remarque... mais ne pas rire. Ce sera agréable, c'est sûr, mais on n'aura pas la joie physique du rire.Par contre, éclater de rire à en perdre le souffle ou l'équilibre, à en tomber à genoux, pleurer de rire en s'étonnant que la plaisanterie soit à ce point stupide, la situation bête, quand tout le monde autour est mort de rire et essuie des larmes en répétant: «Mais que c'est bête!», alors là, d'accord, c'est bête, mais quel plaisir ça fait! Rire comme ça, à gorge déployée! D'ailleurs, lorsqu'on va avec des potes au cinéma voir n'importe quoi, le premier film venu, on se rend compte que plus le film est bête, plus il fait du bien, parce qu'on n'arrête pas de se marrer. C'est comme quand on boit un coup avec des amis et qu'on se prend soudain, comme ça, pour rien, d'une envie d'éclater de rire qui déclenche fous-rires sur fous-rires à propos de tout et n'importe quoi. Bref, des occasions de rire, on en a sans arrêt. Mais l'important c'est de ne pas être seul! L'important c'est d'être avec les autres...Je me rappelle bien comment j'ai découvert leur existence, aux autres. Je me rappelle très bien comment je l'ai faite, cette découverte a priori si banale. Quand il est devenu évident pour moi que tous les gens étaient des autres, pas comme moi, non, autres, tous! Et que le monde n'était pas peuplé de moi multiplié par des milliards. Tous ces gens, ils étaient complètement autres, et moi aussi j'étais autre pour eux. Aussi simple que ça. Je me souviens comme c'est devenu soudainement clair pour moi, comment ça m'a abasourdi et comment pour la première fois après cette découverte je me suis mis à dévisager les gens, même ceux que je connaissais bien.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER19,00 €
Du même éditeur
-

Les mémoriaux du 13 novembre
Gensburger Sarah ; Truc GérômeAu lendemain des attentats du 13 novembre 2015, des personnes de tous horizons se sont rassemblées dans les rues de Paris, aux abords des lieux attaqués, pour rendre hommage aux victimes. Des mémoriaux se sont formés, faits de milliers de messages, de bougies, de fleurs et d'objets les plus divers. Durant des semaines, les Archives de Paris en ont collecté le contenu qui appartient aujourd'hui au patrimoine national. Fruit d'une collaboration inédite entre chercheurs et archivistes, cet ouvrage enrichi de près de 400 photographies revient sur cette transformation et constitue ainsi un véritable livre-mémorial. Les textes de ce livre retracent le parcours de ces mémoriaux et sont autant de reportages illustrés sur leurs aspects, leur collecte ou leurs usages sociaux. Des courtes notices les accompagnent sur des sujets aussi divers que les citoyens s'étant érigés en gardiens des mémoriaux éphémères, le rôle des agents de nettoyage de la Ville de Paris dans le travail de collecte, la mémoire des attentats de 2015 à Saint-Denis, ou encore la relation particulière des supporteurs du PSG à la mémoire des attentats du 13 novembre. Eclairant sous un angle nouveau un événement majeur et récent de l'histoire de France, cet ouvrage est à son tour un mémorial unique et précieux, une réflexion originale et illustrée sur la manière dont une société est appelée à ne pas oublier.EN STOCKCOMMANDER19,80 € -

Un itinéraire de sociologue. Trames, chaînes, bifurcations, césures
Passeron Jean-Claude ; Fabiani Jean-LouisEN STOCKCOMMANDER18,00 € -

La gentillesse des autres. La vie d'un enfant juif en Grèce occupée
Molho Tony ; Fleming Katherine E. ; Ginzburg CarloSans m'attribuer le mérite de ma survie, le fait est que j'ai miraculeusement survécu. C'est à l'altruisme et à la bonté de certaines personnes, ainsi qu'à la chance que je le dois". Tony Molho retrace, dans un récit à la fois sensible et historique, son enfance en Grèce durant les années 1940, alors que la menace de la déportation par les nazis pèse sur sa famille. Caché chez un couple sans enfant, dans un train, au coeur d'un couvent, il échappe à la mort grâce à la détermination de ses parents et à la gentillesse des autres, des gens ordinaires - voisins, amis, inconnus - souvent modestes qui lui portent secours. Des années plus tard, Tony Molho, passé d'un pays à un autre, d'une langue à une autre, revient sur cette période fondatrice. Il y déploie une réflexion sur l'histoire, la mémoire, l'effacement de la communauté juive de Salonique et interroge la manière dont la conscience du traumatisme de la Shoah l'a aidé à comprendre le cours de sa propre vie.EN STOCKCOMMANDER16,00 €

