
Le Taquet
Les autresJe souriais. Pour ainsi dire. J'avais sur la figure un sourire, quoi, un petit sourire. On n'aurait pas pu dire qu'il se remarquait à peine: non, en fait, il ne se remarquait pas du tout. C'est vrai que sourire en grand, quand on est seul, tout seul, c'est vraiment impossible. Sourire en grand, on ne peut le faire que pour quelqu'un. Pour quelqu'un d'autre, je veux dire.J'ai lu quelque part que le muscle qui tend les lèvres pour former un sourire s'appelle risorius, c'est un muscle particulier du visage. Ainsi, comme à ce moment-là je me sentais, disons, plutôt bien, les muscles de mon visage s'étaient légèrement étirés, produisant un petit sourire. Je sentais que je l'avais (le sourire), là (sur mon visage). Mais sans le voir. Ça fait du bien de sourire. Mais ça fait encore plus de bien de rire, physiquement je veux dire. Éclater de rire, ça, c'est un pur bonheur. Et peu importe pour quelle raison.Bien sûr, on peut entendre ou lire une plaisanterie d'une finesse étonnante, être impressionné par l'esprit de celui qui l'a faite, aller jusqu'à penser: «Nom de Dieu, que c'est drôle!...» ou bien être témoin d'une scène complètement loufoque, apprécier à quel point la situation est comique et s'en faire la remarque... mais ne pas rire. Ce sera agréable, c'est sûr, mais on n'aura pas la joie physique du rire.Par contre, éclater de rire à en perdre le souffle ou l'équilibre, à en tomber à genoux, pleurer de rire en s'étonnant que la plaisanterie soit à ce point stupide, la situation bête, quand tout le monde autour est mort de rire et essuie des larmes en répétant: «Mais que c'est bête!», alors là, d'accord, c'est bête, mais quel plaisir ça fait! Rire comme ça, à gorge déployée! D'ailleurs, lorsqu'on va avec des potes au cinéma voir n'importe quoi, le premier film venu, on se rend compte que plus le film est bête, plus il fait du bien, parce qu'on n'arrête pas de se marrer. C'est comme quand on boit un coup avec des amis et qu'on se prend soudain, comme ça, pour rien, d'une envie d'éclater de rire qui déclenche fous-rires sur fous-rires à propos de tout et n'importe quoi. Bref, des occasions de rire, on en a sans arrêt. Mais l'important c'est de ne pas être seul! L'important c'est d'être avec les autres...Je me rappelle bien comment j'ai découvert leur existence, aux autres. Je me rappelle très bien comment je l'ai faite, cette découverte a priori si banale. Quand il est devenu évident pour moi que tous les gens étaient des autres, pas comme moi, non, autres, tous! Et que le monde n'était pas peuplé de moi multiplié par des milliards. Tous ces gens, ils étaient complètement autres, et moi aussi j'étais autre pour eux. Aussi simple que ça. Je me souviens comme c'est devenu soudainement clair pour moi, comment ça m'a abasourdi et comment pour la première fois après cette découverte je me suis mis à dévisager les gens, même ceux que je connaissais bien.
| Nombre de pages | 225 |
|---|---|
| Date de parution | 18/04/2013 |
| Poids | 314g |
| Largeur | 140mm |
| EAN | 9782358480376 |
|---|---|
| Titre | Le Taquet |
| Auteur | Grichkovets Evguéni-V ; Dudoignon Stéphane |
| Editeur | BLEU AUTOUR |
| Largeur | 140 |
| Poids | 314 |
| Date de parution | 20130418 |
| Nombre de pages | 225,00 € |
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