Partant du constat que les espaces politiques infranationaux définissent et prennent en charge un nombre croissant de problèmes publics, les auteurs réunis dans cet ouvrage questionnent la capacité des acteurs et institutions locales à faire émerger une action publique autonome. C'est la notion de différenciation qui sert de fil rouge à cette réflexion intellectuelle, appuyée sur une série de résultats originaux tirés de recherches sur les dynamiques urbaines et régionales clans cinq pays. Assiste-t-on à la fin d'un cycle ou à une nouvelle transformation des relations entre l'Etat et le local? Quelles sont les limites de la capacité du politique à organiser les territoires? Les collectivités locales favorisent-elles de nouvelles impulsions démocratiques? Cette volonté de croiser les regards - disciplinaires, géographiques et générationnels - permet aux auteurs de souligner l'étendue du travail de construction de la comparabilité en sciences sociales. L'enjeu scientifique n'est plus de trancher entre centralisation et décentralisation mais bien de développer des outils et des cadres d'analyse heuristiques pour penser les effets des nouvelles interdépendances. L'ouvrage nous invite aussi à poser différemment la question sensible du rapport des individus à l'Etat et au pouvoir politique dans chaque contexte local, à questionner les ressorts démocratiques de l'action publique au coeur de chaque métropole et de chaque région.
Nombre de pages
353
Date de parution
30/04/2012
Poids
545g
Largeur
160mm
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EAN
9782296965348
Titre
L'action publique locale dans tous ses états. Différenciation et standardisation
Pourquoi vote-t-on pour tel parti ? D'où viennent nos opinions politiques ? Pourquoi l'abstention augmente-t- elle ? Quels sont les ressorts de l'engagement ? Qui sont les élites politiques et comment se structurent les partis ? Cette introduction à la sociologie politique analyse le fonctionnement des démocraties représentatives contemporaines à la lumière des travaux qui ont marqué la discipline et de recherches plus récentes. Les notions essentielles et les principales controverses scientifiques sur les comportements, les élites et les organisations politiques sont richement illustrées d'exemples.
Résumé : Cet ouvrage propose une étude détaillée et complète de l'organisation du pouvoir politique à l'échelle infranationale. Une première partie fait le point sur les traditions d'analyse du local en sociologie politique. La deuxième partie porte sur le cadre institutionnel du pouvoir local (histoire des découpages territoriaux et de leur remise en cause régulière, les différentes autorités locales et leurs administrations, les réformes de décentralisation). La troisième partie est consacrée aux formes locales de la démocratie (jeu politique local, métier d'élu local, démocratie participative et mobilisations locales) en analysant ceux qui l'incarnent. La dernière partie analyse l'action publique locale, ses logiques, ses acteurs, mais aussi son articulation avec les logiques nationales et supranationales de production des politiques publiques. Un ouvrage qui vient illustrer l'importante contribution de la sociologie du pouvoir local aux sociologies de l'Etat, de la démocratie représentative, des mobilisations et de l'action publique.
Douillet Anne-Cécile ; Barros Françoise de ; Matti
Les contributions rassemblées dans le dossier de cette livraison de Sciences de la Société proposent d'interroger une dimension paradoxalement peu étudiée du " métier politique ": la participation des élus à la construction de l'action publique. Questionnant la spécificité des ressources qu'ils mobilisent et des stratégies qu'ils poursuivent, ces textes apportent un éclairage sur les formes et natures de leur contribution à l'élaboration des politiques. Portant sur différentes politiques locales (prévention et sécurité, logement, emploi, développement local, aménagement urbain), inscrites dans des contextes variés (zones rurales, moyennes et grandes villes françaises, italiennes et anglaises), les enquêtes présentées suggèrent d'appréhender les élus comme des producteurs d'action publique à part entière. De telles études mettent également en évidence la diversité des registres d'intervention, fonction des phases d'élaboration des politiques et des rapports entretenus avec les administrations, mais aussi des usages politiques qui les sous-tendent (légitimation d'un rôle de représentation, affirmation d'un leadership sur un territoire, logiques clientélaires).
La lutte contre les inégalités demeure une question majeure pour la société française : alors que celles-ci se creusent, les politiques publiques semblent peiner à les freiner, voire contribuer à les reproduire. Comment affronter cet écueil démocratique fondamental et quel rôle les sciences sociales peuvent-elles jouer à cet égard ? Comment mieux prendre en compte, tant dans la production des connaissances que dans la fabrique de l'action publique, les sentiments d'injustice que génèrent ces inégalités ? Cet ouvrage ouvre un dialogue entre chercheurs, chercheuses, acteurs institutionnels et associatifs de l'agglomération lilloise. Ce dialogue révèle des approches diversifiées du problème des inégalités et des réponses envisageables. Un consensus existe toutefois : il est possible de faire face aux inégalités, l'inaction ne relève pas d'une incapacité d'action mais de choix politiques.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
La pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.
L'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.