Revue de presse Silke Hass, qui dirige la collection SH aux éditions Farrago, a eu la bonne idée de publier ce premier roman d'Alfred Döblin, écrit en 1903. Un texte dérangeant, puissant, maladroit, nourri de lectures dégluties les dents serrées et d'une expérience que l'on pressent fiévreuse. L'expression s'y dégage avec la violence de la phrase qui l'enserre, la bouscule, et trébuche à son tour sous les coups de boutoir des mots proférés. Parfois, c'est à grand coup de hache qu'il taille dans le verbe. A d'autres moments, l'écriture s'écoule, frémissante, dans une sorte de sensualisme à rebours. Le héros, Johaness, rappellerait pour un peu le Bazarov de Tourgueniev. Cette même impuissance à réagir qui le remplit de haine, et surtout, la sommation du désir amoureux, dont la violence l'emporte. L'humiliation que ce désir impose à la raison ne lui laisse d'autre répit que la froide ironie. Désemparé d'être pareillement enchaîné à lui-même, Johaness ne sait que se jeter à corps perdu dans l'angoisse d'aimer. Ce long monologue haletant qu'est au fond ce roman inscrit jusque dans sa structure la profonde crise à laquelle est confrontée soudain la personne humaine. Il n'y a plus de perspective, pas d'unité depuis laquelle ramasser l'être. Chaque geste, chaque émotion, chaque mot s'autonomisent, désarticulant le texte. Rilke avait refusé de le publier : il le trouvait trop sombre, trop pervers. Redoutait-il l'effarant constat qu'il recèle, de découvrir que l'on ne veut pas l'amour, mais juste quitter sa solitude ? --Joël Jégouzo-- -- Urbuz.com
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Nombre de pages
172
Date de parution
07/09/1999
Poids
210g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782844900159
Titre
LE RIDEAU NOIR
Auteur
Döblin Alfred
Editeur
VERDIER
Largeur
140
Poids
210
Date de parution
19990907
Nombre de pages
172,00 €
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En 1924, Alfred Döblin publie un roman dans lequel il imagine ce qu'est devenu le monde après le vingt-troisième siècle. Les humains, voulant domestiquer la planète pour y exercer leur pouvoir sans limites, ont déclenché une série de catastrophes : réchauffement climatique, migrations forcées et violentes, manipulations génétiques et armes chimiques, sur fond d'une guerre qui oppose l'Est à l'Ouest. Le chaos s'intensifie jusqu'au jour où les puissants ont l'idée de faire fondre les glaces du Groenland pour s'y installer, générant d'inimaginables dangers pour l'espèce humaine. Cent ans plus tard, ce roman visionnaire est enfin traduit en français. On y découvre le Döblin d'avant le mythique Berlin Alexanderplatz, dont l'imagination débordante sert une analyse de la démesure des hommes, et qui avait compris dès l'entre-deux-guerres les menaces que l'humanité faisait peser sur elle-même. Dystopie littéraire dont, un siècle après sa publication, une partie des prémonitions s'est réalisée, Monts Mers et Géants est une stupéfiante épopée de l'avenir qui dialogue avec des chefs-d'oeuvre du vingtième siècle tels que Nous de Zamiatine et 1984 d'Orwell. Sa lecture, qui nous fait traverser des territoires situés entre le roman d'aventures, la fable et la science-fiction, est une expérience vertigineuse.
«Traité» d?un genre insolite, qui relève davantage d?une composition musicale ouverte - sorte de suite chorale dont la musicalité remarquable repose sur les mêmes principes fondamentaux qu?elle invoque - l?esthétique de la musique d?Alfred Döblin, publiée en 1910 dans Der Sturm, se déroule dans le cadre d?un petit drame à caractère expressionniste. Pour le lecteur français qui longtemps n?avait pu connaître, de ce grand écrivain contemporain à l?oeuvre multiple, que le seul roman Berlin Alexanderplatz, voici une excellente initiation à la complexité döblinienne. Il y a bien des raisons de lire et relire ce beau texte inclassable, qui intrigue autant qu?il attache - par ce mélange de tristesse, d?humour et de sérénité, de rigueur et de poésie - et qui retient par la qualité de son écriture.
Voici l'heure du discours de Rosa, son chant du cygne. Mais qu'a-t-elle donc? Tous regardent ce petit bout de femme. Ils la regardent avec amour et émotion, même ceux qui ne sont pas d'accord avec elle. Ils savent qu'elle est la flamme qui brûle pour eux depuis des décennies. Elle est à présent épuisée, fragile. La prison l'a affaiblie. Elle parle, elle est dans son élément. Elle dit toute la vérité. Karl Liebknecht est assis parmi les délégués. La voix de Rosa Luxemburg résonne, claire et précise... En dehors de Berlin Alexanderplatz, toute l'?uvre d'Alfred Döblin reste pratiquement à découvrir. Écrit en 1942 depuis un exil dont l'auteur ne peut espérer la fin tant le nazisme semble triompher, Karl et Rosa donne le dernier acte de l'évanouissement d'un espoir: que l'ordre ancien disparaisse avec la fin de la Grande Guerre. Personnages historiques et de fiction se croisent ici pour rendre le drame de l'écrasement de la révolution spartakiste, prélude funeste au siècle qui commençait.
Léonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.
Résumé : Que se passe-t-il lorsqu'un auteur, qui a beaucoup écrit sur l'enfance, remonte le fil d'argent de sa propre enfance ? Le plus court chemin est un hommage aux proches et la tentative de revisiter avec les mots ce vaste monde d'avant les mots : les êtres, les lieux, les sentiments et les sensations propres à cette époque sur le point de disparaître, les années d'avant la cassure, d'avant l'accélération générale qui suivront la chute du mur de Berlin. Raconter l'existence dans les paysages infinis de la campagne wallonne, dire l'amour et le manque. Car écrire, c'est poursuivre un dialogue avec tout ce qui a cessé d'être visible. Par-delà la nostalgie.