Revue de presse Silke Hass, qui dirige la collection SH aux éditions Farrago, a eu la bonne idée de publier ce premier roman d'Alfred Döblin, écrit en 1903. Un texte dérangeant, puissant, maladroit, nourri de lectures dégluties les dents serrées et d'une expérience que l'on pressent fiévreuse. L'expression s'y dégage avec la violence de la phrase qui l'enserre, la bouscule, et trébuche à son tour sous les coups de boutoir des mots proférés. Parfois, c'est à grand coup de hache qu'il taille dans le verbe. A d'autres moments, l'écriture s'écoule, frémissante, dans une sorte de sensualisme à rebours. Le héros, Johaness, rappellerait pour un peu le Bazarov de Tourgueniev. Cette même impuissance à réagir qui le remplit de haine, et surtout, la sommation du désir amoureux, dont la violence l'emporte. L'humiliation que ce désir impose à la raison ne lui laisse d'autre répit que la froide ironie. Désemparé d'être pareillement enchaîné à lui-même, Johaness ne sait que se jeter à corps perdu dans l'angoisse d'aimer. Ce long monologue haletant qu'est au fond ce roman inscrit jusque dans sa structure la profonde crise à laquelle est confrontée soudain la personne humaine. Il n'y a plus de perspective, pas d'unité depuis laquelle ramasser l'être. Chaque geste, chaque émotion, chaque mot s'autonomisent, désarticulant le texte. Rilke avait refusé de le publier : il le trouvait trop sombre, trop pervers. Redoutait-il l'effarant constat qu'il recèle, de découvrir que l'on ne veut pas l'amour, mais juste quitter sa solitude ? --Joël Jégouzo-- -- Urbuz.com
Nombre de pages
172
Date de parution
07/09/1999
Poids
210g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782844900159
Titre
LE RIDEAU NOIR
Auteur
Döblin Alfred
Editeur
VERDIER
Largeur
140
Poids
210
Date de parution
19990907
Nombre de pages
172,00 €
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Voici l'heure du discours de Rosa, son chant du cygne. Mais qu'a-t-elle donc? Tous regardent ce petit bout de femme. Ils la regardent avec amour et émotion, même ceux qui ne sont pas d'accord avec elle. Ils savent qu'elle est la flamme qui brûle pour eux depuis des décennies. Elle est à présent épuisée, fragile. La prison l'a affaiblie. Elle parle, elle est dans son élément. Elle dit toute la vérité. Karl Liebknecht est assis parmi les délégués. La voix de Rosa Luxemburg résonne, claire et précise... En dehors de Berlin Alexanderplatz, toute l'?uvre d'Alfred Döblin reste pratiquement à découvrir. Écrit en 1942 depuis un exil dont l'auteur ne peut espérer la fin tant le nazisme semble triompher, Karl et Rosa donne le dernier acte de l'évanouissement d'un espoir: que l'ordre ancien disparaisse avec la fin de la Grande Guerre. Personnages historiques et de fiction se croisent ici pour rendre le drame de l'écrasement de la révolution spartakiste, prélude funeste au siècle qui commençait.
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