
Divan amoureux. une anthologie singulière
SEPT QUESTIONS A MICHEL DEGUY 1/ Une autobiographie en quelques mots. J'appelle mon mouvement "palin-odique" . C'est celui d'une mémoire sans retour qui transforme pour conserver. Une infidélité fidèle. Nos reliques nous livrent le passé en oeuvre : traditionis traditio. A recevoir en pensée radicalement transformatrice : métamorphoses intelligibles, "noétiques" , démythologisées, incroyantes, minutieuses, rigoureuses. Leur archive n'est plus un dépôt syncrétique (c'est ce que veut dire la "déconstruction"). La profanation ou déposition (terme qui est lui aussi une relique chrétienne) n'est pas un dépôt, une déchetterie. 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie" . La poésie, pensée parlante ou "écriture" , ne cherche pas la "sortie du langage" . Mais le contraire. Devenant une poétique, elle pourrait refrayer une espérance en l'espérance (celle de Baudelaire, 1855), ni "réactionnaire" , ni "culturelle" . 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? "L'écriture" ... : "contrée énorme où tout se tait" (selon les mots d'Apollinaire, qui parlait de la "bonté"). Soyons intraitables : pas d'abandon, pas de délinquance. Je reprends des injonctions de Rimbaud, sans aucune illusion de rimbaldisme adolescent ! Soit : "devotio" qui est de se jeter à corps perdu contre la déroute dans la défaite imminente (le "combat spirituel" , disait Arthur ; et qu'il perdit en effet)pour en renverser le cours, à coups d'encouragements inouïs. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Refusons les défections. Le temps de l'Occident, c'est la crise (Krisis en grec, et chez Husserl) toujours. La "mondialisation" en réduit le sens - à l'économisme. Donc retour à - où plutôt : réinvention de - la vraie crise permanente : la critique. 5/ Quel avenir pour la poésie ? L'avenir de la poésie ? La poétique, c'est-à-dire les poétiques, ou des poétiques. Sortons de la confuse homonymie de "poésie" , où s'indifférencient des contrariétés, qui s'accommodent et croient ainsi sauvegarder une bonne petite place "culturelle" secondaire pour la poésie (à demi "populaire" et à demi "élitaire"). 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Toute la part ! La partie est plus grande que le tout. La prosodie est l'entente de ma langue en son poème. Le secret de la prosodie française est le jeu du e muet et de la diérèse... Il me faudrait ici dix pages de plus ! 7/ La place de la traduction dans la démarche poétique. Décisive. Tout est traduction. Circonscrire le "ne pas s'entendre" les unes les autres des langues ouvragées est "la tâche infinie" (Walter Benjamin). Les langues, parfaites en cela que plusieurs (ce que ne dit pas Mallarmé), cherchent par leurs oeuvres, tendues à tous, à changer la surdité réciproque des langues (le mal-s'entendre dans le malentendu général des parlers, pour respecter la distinction saussurienne langue - parole), non pas en un (dés)espéranto globish, mais en une trêve active.
| Nombre de pages | 116 |
|---|---|
| Date de parution | 05/03/2018 |
| Poids | 100g |
| Largeur | 140mm |
| EAN | 9789931468325 |
|---|---|
| Titre | Divan amoureux |
| Auteur | Deguy Michel |
| Editeur | APIC EDITIONS |
| Largeur | 140 |
| Poids | 100 |
| Date de parution | 20180305 |
| Nombre de pages | 116,00 € |
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Pendant une décennie, elle a travaillé à la fondation puis à la direction du Poetry Project en 1968, Anne Waldman s'est toujours fait le champion de l'introduction de la poésie et de la protestation dans l'espace public. Elle a cofondé, avec Allen Ginsberg et Diane di Prima, le programme Jack Kerouac School of Disembodied Poetics à l'Institut Naropa de Boulder, dans le Colorado. Elle a été arrêtée à Rocky Flats avec Daniel Ellsberg et Allen Ginsberg dans les années 1970, alors qu'elle lisait des poèmes qui contestaient les livraisons de plutonium destinés aux les ogives nucléaires. Elle a participé aux protestations contre la guerre du Viêt Nam et à la piste des Sept de Chicago. Et toutes les actions actuelles d'intervention contre-culturelle dans les temps suivants, Occupy Wall Street. Elle travaille avec le collectif Rizoma à Mexico. Auteur de plus de 60 volumes de poésie, de poétique et d'anthologies, dont l'épopée de 1000 pages The Iovis Trilogy : Colors in The Mechanism of Concealment (Coffee House Press) qui a remporté le Pen Center Literary Prize for Poetry. Son album SCIAMACHY est sorti en 2020 chez Fast Speaking Music et à la Levy-Gorvy Gallery de New York. Patti Smith l'a qualifié d' "Extrêmement puissant. Un bouclier psychique pour notre époque" . A paraître, une anthologie : NEW WEATHERS, Poetics from the Naropa Archive (avec Emma Gomis), Nightboat 2022, Bard, Kinetic, Coffee House 2023, Mesopotopia 2023, Penguin. 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie". Les poèmes sont les modèles extérieurs, intérieurs et secrets du monde. Et du cosmos, comme un poète peut rêver un cosmos. La poésie fait résonner la tête, l'oreille et le corps tout le temps en appelant aux mots, à l'action. A une cinétique du comment exister par rapport... à "l'autre" , à l'espace, au temps, à la gnose. Personne ne vous demande, ne vous supplie d'écrire de la poésie. Ce n'est pas une carrière, mais un appel persistant et joyeux, une commande, un voeu. Une recherche permanente sur le langage (quelle que soit sa particularité) et la traduction de ses complexités et de son pouvoir. Les tentacules émanent de tous les chakras du corps, de la parole et de l'esprit. Ce sont des réceptacles, comme le sont toutes les perceptions sensorielles. Et la poésie est également la mémoire du monde, et des mondes inconnus - des expériences, des continents entiers sont vivants dans des interstices cachés comme des terma - les trésors cachés par les adeptes dans les nuages, dans les rochers, dans le coeur d'un arbre. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? La prose est plus facile à lire, plus heureuse pour l'acte de lecture. Avec la prose, la relation des mots entre eux est plus complète - basée sur l'intrigue des personnages. 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Les mots sont devenus insignifiants dans un certain contexte, à une époque de dystopie, où les gens ne font pas attention à leurs mots, ils sont grossiers et mercenaires. Seulement là où ils vous mèneront dans le Capitalocène. Les mots sont censés vous envoyer sur quelque chose. Sommes-nous plus fidèles à la prose ? Quand la poésie nous déchire. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. La forme pour moi est l'épickos en temps de crise. Raconter l'histoire du temps, du rêve, du monde de la mort, des charniers, des sites et des interstices de l'amour et du désir. J'ai écrit IOVIS TRILOGY : Colors In The Mechanism of Concealment (la TRILOGIE IOVIS : Les couleurs dans le mécanisme de dissimulation) pour m'attaquer au patriarcat dans ma vie, dans mon espace vital. L'espace mental est un champ de bataille, disent certains, de Mars. Des mondes en collision. Avec la sciamachie, la bataille avec les ombres. Dissonance cognitive. Commencé avec un dogtag (plaque d'identité que les soldats portent) sous mon bureau, dans le sous-sol de l'école primaire, pour me cacher de la menace de la bombe atomique. J'avais besoin d'une forme longue qui voyagerait avec moi pendant des années d'action, de protestation, et d'histoires, d'histoire de lutte et de changement et de communauté, de la voix solitaire criant dans le désert, et aussi d'être au centre du tourbillon de la poésie et de la "fabrication" et du chant aussi. L'opéra et le blues. Le free jazz dans la performance, en collaboration avec les bodhisattvas de l'instrument, de la pulsation et de l'esprit sauvage. Le barde avec ses cordes vocales. C'est ça aussi le travail, son oralité. L'attention aux archives du son et du souffle. 5/ Quel avenir pour la poésie ? Les archives, la transmission aux êtres nés maintenant et dans le futur, tout ce que nous en avons. Cette poésie a toujours existé avec la conscience, elle EST la conscience. 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Chants et hymnes. ??????? ??????
Zaqtan GhassanSEPT QUESTIONS A GHASSAN ZAQTAN 1/ Une autobiographie en quelques mots. Ghassan Zaqtan, né à Beit Jala, banlieue de Bethléem. Il est passé de pays en pays avant de revenir à Ramallah en 1994. A été enseignant et journaliste au sein de l'Organisation de libération de la Palestine. A publié plus de dix ensembles de poésie et quatre récits. Il a été traduit dans de nombreuses langues. Lauréat du prix Griffin pour la poésie en 2013, et du prix Mahmoud Darwich en 2016. 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie". Je ne saurais pas définir la poésie, mais le besoin qui lui est associé, son caractère de nécessité sont si puissants que j'ai une réelle foi en son existence. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? En une certaine zone, quand on parvient à intégrer cette tendance de la langue à aller vers la poésie, il existe un point d'intersection invisible, un point de contact et un point d'achèvement où la prose parvenant, la poésie devient plus que ce qu'elle est d'habitude. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. L'espace et le temps font partie des éléments constitutifs du poème, l'espace avec ses multiples plans de mémoire, le temps dans ses différentes modalités. Ce tout ne peut être désassemblé. La structure du poème nous est suggérée par tout cela. 5/ Quel avenir pour la poésie ? La poésie traverse les époques, elle est partie prenante des transformations profondes qui ont amené l'humanité au point où on se trouve à présent. Elle provient de l'énergie vitale elle-même, cet éternel compagnon des hommes. Je ne crois pas qu'on puisse se retrouver dans une époque sans poésie, se priver de poésie ce serait se priver de l'homme lui-même. La poésie peut se calmer, se faire plus discrète parfois, mais elle finit toujours par trouver une issue. La poésie prend forme comme la mémoire, et à partir d'elle aussi, là où les choses ont lieu et continuent à avoir lieu. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. La métrique est une propriété parmi d'autres, elle appartient à la poésie, c'est un de ses outils, le rythme et la musique qui lui ont conféré le pouvoir d'affecter, une certaine capacité d'attraction. D'autres possibilités existent, plus profondes, des outils restent à inventer. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. En poésie, je crois que la traduction doit dépasser l'idée d'une transposition d'une langue à une autre, elle ne doit pas se contenter de transporter une unité de sens d'un endroit pour la projeter dans un endroit analogue. Tout mot a une mémoire ici, des ombres nombreuses. La traduction est une collaboration complète entre le traducteur disposant des outils du poète et du linguiste et le poète lui-même.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER13,00 € -

La solitude de l'or. ?????? ?????
Makhlouf IssaSEPT QUESTIONS A ISSA MAKHLOUF 1/ Une autobiographie en quelques mots. Ecrivain et poète libanais, Issa Makhlouf réside à Paris. Il soutient une thèse de doctorat en Anthropologie sociale et culturelle à l'Université de la Sorbonne. Il a publié plusieurs ouvrages aussi bien en poésie qu'en prose. Il a été Conseiller spécial des affaires sociales et culturelles à New York, dans le cadre de la soixante-et-unième session de l'Assemblée Générale des Nations Unis (2006-2007). En 2009, Issa Makhlouf a reçu le prix Max Jacob pour son livre Lettre aux deux soeurs. 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie". La poésie est une perception de la vie et du monde. La poésie est un transpercement. Un regard qui invalide le prédominant et que la langue emploie d'une manière particulière le faisant sortir du registre de l'usage quotidien si limité vers l'illimité. La poésie est un état difficile à décrire avec si peu de mots. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? La prose peut s'attarder et entrer dans les détails, tandis que la poésie repose sur la densité et l'allusion. Christian Bobin affirme que la lecture d'un roman peut prendre quelques heures alors que celle d'un poème dure toute une vie. Il y a cependant des pages dans la prose arabe, celles de certains mystiques notamment, pleines d'une poésie faisant parfois défaut à la poésie elle-même. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. La forme seule ne saurait définir la nature de la poésie. 5/ Quel avenir pour la poésie ? C'est aujourd'hui que le poème vit son avenir. Sorti de l'espace commun, il est plus marginalisé que jamais. Ce qui n'entre pas dans le moule de la consommation, ce qui ne se commercialise ni ne se vend, autrement dit, ce qui n'obéit pas à la loi de l'offre et de la demande, n'a pas sa place. Le sens culturel change à travers le monde, de même que le sens de la poésie. La culture est globalement perçue comme une marchandise dont la valeur est réduite à sa rentabilité matérielle. Cette direction impose de plus en plus ses lois sur les littératures, les arts, les connaissances et les critères esthétiques. Ceci a pour conséquence de rendre ceux qui détiennent le monopole de la culture et/ou de la littérature plus importants que les intellectuels et les écrivains. On parle beaucoup ces dernières années de la mort de la poésie. Peut-on cependant évoquer la mort de la poésie sans regarder les changements qu'a subi le monde depuis la seconde moitié du XXème siècle ? Ce qui a atteint d'autres champs de la création encore vivants aujourd'hui - avec des divergences bien sûr - ne diffère pas tellement de ce que vit la poésie. Peut-on par ailleurs ignorer le défi qu'impose le développement scientifique ? Peut-on faire fi des inventions technologiques qui incarnent certaines visions et donnent forme à l'intuition, devançant ainsi bien souvent les romans de science-fiction, allant même jusqu'à ouvrir devant le rêve de nouveaux horizons ? Le développement technologique et son impact ne devraient-ils donc pas être pris en considération dans le profond changement des sociétés et des relations humaines et environnementales ? Dans l'actuel tableau culturel, en Orient comme en Occident, la poésie n'est pas seule à bouger. Elle fait partie d'une mesure culturelle aux aspects changeants comme change la manière d'interagir avec elle, la façon de la considérer au sein même de la vie en tant qu'elle est un tout. En Occident, la poésie est réduite au minimum. Certaines sociétés comme la société française par exemple posent sur la poésie le même regard qu'elles posent sur la langue latine aujourd'hui révolue. Les festivals de poésie ayant lieu ici et là parfois sous couvert de bienfaisance ne signifient nullement que la poésie se porte bien. Dans le monde arabe, que signifie que l'on parle de poésie ? Et le fait d'en parler rend-il compte de sa présence ? Dans les médias arabes, la poésie n'est présente que parce que la plupart des responsables des pages cultuelles, à Beyrouth notamment, sont eux-mêmes des poètes. Pourtant, l'abondance des articles relatifs à la poésie et la couverture médiatique des poètes et de leurs livres ne veut pas dire pour autant que la poésie soit présente. La publication s'est éloignée de cet "étrange être" que si peu lisent et dont beaucoup de poètes eux-mêmes se détournent. Il se peut que la poésie trouve dans internet un nouveau souffle. 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Le recul de la valeur sociale de la littérature se répercute ainsi négativement sur les talents créatifs et sur l'écriture elle-même. "La voix de la poésie" est recouverte par cette autre voix que chante Sophocle depuis des âges profondément enfuis : "Ô enfant de l'espoir doré, parle... Ô voix de l'éternel ! " . 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Le poème est libre et n'obéit à aucun ordonnancement. Il est par essence contre toute entrave, toute capture. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. La traduction de la poésie, si difficile soit-elle, a réussi à faire connaître un grand nombre d'expériences poétiques de par le monde et de contribuer à l'interaction entre les poètes, leur ouvrant bien des perspectives.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER12,00 €

