Quelques milliers de bonzes défilant dans les rues de Rangoun, en septembre 2007, ont suffi à mobiliser les médias internationaux qui ont sans doute un peu vite qualifié ce grand mouvement de "Révolution Safran". Une nouvelle fois, l'Occident a révélé son incapacité à lire l'actualité mondiale sans se référer à ses propres paradigmes culturels et politiques. Le traitement des événements s'est traduit par une vision manichéenne de l'histoire, opposant Aung San Suu Kyi d'une part, idéalisée et consacrée par un prix Nobel de la paix en 1991, à une junte militaire sanglante et tyrannique destinée à occuper la place qu'on lui prête dans un imaginaire axe du mal. Et si la Birmanie n'était pas réductible à ce schéma duel?. Suite à l'échec du mouvement et à la répression qui s'est abattue sur le pays, les médias se sont détournés vers d'autres points chauds de la planète, laissant la Birmanie, aussi appelée Myanmar, retrouver les cadres et le cours de son existence si particulière, en marge des valeurs prônées par l'Occident. Ce livre a pour ambition de combler un silence et de mettre en lumière une réalité birmane méconnue. Il s'agit d'analyser la vie d'un pays, le quotidien d'un peuple divers et singulier et d'approcher sans a priori ceux qui le composent et le caractérisent. En offrant une vision panoptique de la Birmanie, cet ouvrage conduit à une meilleure connaissance de l'un des pays les plus fermés de la planète Biographie: Gabriel Defert est historien et politologue. Il a publié plusieurs livres et de nombreux articles sur l'Asie du Sud-Est. Il est notamment l'auteur de Timor Est, le Génocide oublié (1992), de L'Indonésie et la Nouvelle-Guinée-Occidentale (1996) et du livre Les Rohingya de Birmanie, sorti en mars 2007. Il a réuni, pour Birmanie contemporaine, vingt-deux des meilleurs spécialistes du pays
Nombre de pages
475
Date de parution
24/04/2008
Poids
864g
Largeur
170mm
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EAN
9782846541763
Titre
Birmanie contemporaine
Auteur
Defert Gabriel
Editeur
INDES SAVANTES
Largeur
170
Poids
864
Date de parution
20080424
Nombre de pages
475,00 €
Disponibilité
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Primitifs, coupeurs de têtes, sauvages, cannibales... Derrière ces poncifs éculés appliqués à la Nouvelle-Guinée-Occidentale, se cachent des sociétés complexes, parfaitement adaptées à des conditions naturelles difficiles. Faute d'avoir pu constituer un Etat, les Papous de la partie occidentale de l'île se voient aujourd'hui refuser la possibilité de vivre sur leur territoire selon leurs propres règles. En effet, depuis 1962, date à laquelle l'ONU a légué cette colonie, jadis néerlandaise, à l'Indonésie, les populations locales souffrent d'une nouvelle forme d'occupation. Obligées de renoncer à leur culture, pour tenter de s'intégrer à un système qui ne leur laisse aucune place, elles ont développé une résistance multiforme. Des mouvements millénaristes à l'idéal nationaliste, les Papous ne cessent depuis les années 1960 de clamer leur refus de la présence indonésienne. Ce conflit méconnu a déjà coûté la vie à plusieurs dizaines de milliers de personnes. Au-delà, il entraîne la disparition d'un peuple et d'un modèle riche en enseignements. Doit-on laisser une place dans le monde contemporain aux sociétés qui n'ont pas voulu ou qui n'ont pas pu constituer d'Etat Nation ? Cet ouvrage apporte de nouveaux éléments à ce débat fondamental.
Les Rohingya sont considérés comme des étrangers dans leur propre pays. Privé de nationalité, ces musulmans originaires de la partie occidentale de la Birmanie sont à la fois victimes d'agressions de leurs voisins bouddhistes d'ethnie rakhine et des brimades que leur impose le gouvernement de Rangoun. Ils sont contraints de fuir par milliers, par voie de terre ou de mer, afin de tenter de chercher refuge au Bangladesh, en Australie ou dans les pays voisins d'Asie du Sud-Est. Si, après des décennies de silence médiatique, ils sont désormais davantage sous les feux de l'actualité, leur situation reste à tous égards tragique. Ce livre est la deuxième édition remise en perspective d'un ouvrage publié pour la première fois par les éditions Aux lieux d'être en 2007. Par-delà la tragédie contemporaine, il remonte aux sources des tensions pour s'efforcer de les expliquer et de mettre en lumière l'histoire d'un peuple en détresse. Fruit d'un travail de recherches et d'enquêtes de plusieurs années en Birmanie auprès des principaux acteurs tant locaux qu'internationaux, il permet notamment de comprendre pourquoi le mouvement de démocratisation que connaît actuellement la Birmanie se traduit paradoxalement par un regain de tensions entre les Rohingya et les Rakhine soutenus par le gouvernement de Rangoun.
L'histoire de la Révolution et de l'Empire s'est écrite en tenant compte, entre autres, d'une littérature abondamment produite par les acteurs des années 1789-1815. Mais derrière la célébrité des textes d'une marquise de La Rochejaquelein, d'un baron Marbot ou d'un sergent Bourgogne se cache l'histoire éditoriale de ces ouvrages, parfois rocambolesque, souvent aventureuse, toujours passionnante. À partir de 1814 en effet, des textes des témoins de la Révolution et de l'Empire passent du domaine privé à l'espace public, et contribuent à marquer la culture romantique et l'identité nationale de leurs récits. Forts connus, ces textes n'ont pourtant jamais été l'objet d'une histoire expliquant comment ils sont devenus des livres. La façon dont les témoins ont mis par écrit leurs souvenirs est pourtant riche d'enseignements sur la portée des événements révolutionnaires et impériaux. Elle éclaire aussi le rôle de la mémoire dans la culture romantique, politique et nationale du XIXe siècle. Elle révèle comment les héritiers de ces acteurs se sont sentis à leur tour investis de la mission de transmettre aux générations futures des témoignages dont certains n'étaient initialement voués qu'à exister dans un cercle privé. Natalie Petiteau se livre ici à une étude systématique des processus de mise par écrit et de publication des mémorialistes de la Révolution et de l'Empire, en mettant toutefois l'accent sur les témoins des années impériales, plus nombreux et plus célèbres. Quelques études de cas montrant par ailleurs l'apport de ces textes aux historiens prolongent ce travail.
Cet ouvrage est le troisième de quatre volumes, dont les deux premiers sont parus en 2019 et 2020. Le premier, intitulé « l'Inde entrevue », est consacré aux deux Compagnies, celle de Colbert et celle de Law, aux comptoirs et à leur commerce, à la politique de Dupleix et à la rivalité franco-britannique, qui se termine par la mainmise de l'East India Company et à l'éviction complète des intérêts français dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, des officiers napoléoniens qui administrent le royaume sikh du Punjab et des missionnaires catholiques entretiennent une présence française dans un pays où la France ne joue plus aucun rôle. Elle végète dans ses misérables comptoirs jusqu'au Second Empire quand, grâce aux progrès du libre-échange au Royaume-Uni, grâce à l'essor de l'émigration indienne aux colonies à sucre, grâce à son industrie textile, Pondichéry connaît un spectaculaire renouveau. Le second volume traite de la politique d'assimilation de la Troisième République dans ses comptoirs, dont tous les habitants sont dès 1871 proclamés citoyens et électeurs sans distinction de couleur, de religion ni de caste. Imposée sans concertation préalable par le pouvoir central, cette politique qui se veut décentralisatrice produit des effets désastreux, conférant le pouvoir à un parti indien réactionnaire et anti-français, puis, à partir de 1906, à de véritables maffias politiques. Les effets de l'assimilation se font sentir jusqu'au dernier moment : héritière de sa devancière, la IVe République ne peut céder ses établissements à l'Inde de Nehru sans consulter leurs habitants qui sont des citoyens français. Or, le parti du Congrès ne veut pas d'un référendum. Le troisième et le quatrième volumes sont consacrés aux regards et aux influences croisés. Les représentations de l'Inde en France, l'image et l'influence de la France en Inde, les perceptions du nationalisme indien en France et les relations bilatérales après l'indépendance de l'Union indienne jusqu'à nos jours. Le quatrième volume « Les relations bilatérales » est la suite du troisième et reprend la bibliographie et un index général. Jacques Weber, professeur émérite d'Histoire contemporaine à l'université de Nantes, membre de l'Académie des Sciences d'outre-mer, grand spécialiste de l'Inde à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages, et de l'histoire coloniale. Il a publié aux Indes savantes : Les Relations entre la France et l'Inde de 1673 à nos jours ; Littérature et Histoire coloniale (ouvrage collectif ) ; Le Siècle d'Albion. L'empire britannique au XIXe siècle (1815-1914) ; Les Elections législatives et sénatoriales outre-mer (1848-1981) avec L. Jalabert et B. Joly."
L'auteur raconte l'histoire culturelle du travail selon les variations du regard que l'homme porte sur sa propre nature du milieu du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Il indique les voies par lesquelles cette vision de l'homme et de son labeur sont devenus des normes juridiques. Le foisonnement des doctrines pour définir le travail mais encore pour instaurer un ordre social qui face sa place à celui-ci est tel qu'il est difficile de trouver des césures chronologiques claires, étant posé une fois pour toute que la Grande Révolution ne fut pas un bloc. En deux siècles, le travail change de base aussi sûrement que l'homme change ses propres assises.