Primitifs, coupeurs de têtes, sauvages, cannibales... Derrière ces poncifs éculés appliqués à la Nouvelle-Guinée-Occidentale, se cachent des sociétés complexes, parfaitement adaptées à des conditions naturelles difficiles. Faute d'avoir pu constituer un Etat, les Papous de la partie occidentale de l'île se voient aujourd'hui refuser la possibilité de vivre sur leur territoire selon leurs propres règles. En effet, depuis 1962, date à laquelle l'ONU a légué cette colonie, jadis néerlandaise, à l'Indonésie, les populations locales souffrent d'une nouvelle forme d'occupation. Obligées de renoncer à leur culture, pour tenter de s'intégrer à un système qui ne leur laisse aucune place, elles ont développé une résistance multiforme. Des mouvements millénaristes à l'idéal nationaliste, les Papous ne cessent depuis les années 1960 de clamer leur refus de la présence indonésienne. Ce conflit méconnu a déjà coûté la vie à plusieurs dizaines de milliers de personnes. Au-delà, il entraîne la disparition d'un peuple et d'un modèle riche en enseignements. Doit-on laisser une place dans le monde contemporain aux sociétés qui n'ont pas voulu ou qui n'ont pas pu constituer d'Etat Nation ? Cet ouvrage apporte de nouveaux éléments à ce débat fondamental.
Nombre de pages
454
Date de parution
03/05/2000
Poids
724g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782738443960
Titre
L'INDONESIE ET LA NOUVELLE GUINEE OCCIDENTALE
Auteur
Defert Gabriel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
724
Date de parution
20000503
Nombre de pages
454,00 €
Disponibilité
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1975 le Timor portugais, aspire à l'indépendance. Ce droit lui est garanti par les Nations unies. Pourtant, éloigné et oublié, cette colonie portugaise ne jouira de sa liberté que pendant trois mois avant que les généraux indonésiens ne lancent leurs troupes à l'assaut du territoire. Comme pour le Koweit en 1991, on aurait pu s'attendre à une réaction immédiate de l'occident, "garant du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Il n'en a rien été et l'Indonésie a pu organiser en toute impunité le massacre de plus d'un tiers de la population. Pendant 15 ans, les grandes puissances se sont faites les complices de cette oppression sans merci en fermant les yeux sur les camps de concentration, les exécutions systématiques et les famines organisées. De François Mitterrand à Javier Perez de Cuellar ou Jean Paul II, tous ont choisi de privilégier des équilibres politiques conjoncturels au mépris des "principes universels" dont ils se prétendent les défenseurs. Alors que le monde émerge enfin de la logique des blocs et que l'on décide d'encourager un peu partout l'alternative démocratique, Timor reste toujours victime de la Real Politik. Malgré de graves incidents qui révèlent par intermittence à l'opinion internationale la gravité de la situation, force est de constater que le régime indonésien perpétue l'oppression dans l'indifférence générale.
Quelques milliers de bonzes défilant dans les rues de Rangoun, en septembre 2007, ont suffi à mobiliser les médias internationaux qui ont sans doute un peu vite qualifié ce grand mouvement de "Révolution Safran". Une nouvelle fois, l'Occident a révélé son incapacité à lire l'actualité mondiale sans se référer à ses propres paradigmes culturels et politiques. Le traitement des événements s'est traduit par une vision manichéenne de l'histoire, opposant Aung San Suu Kyi d'une part, idéalisée et consacrée par un prix Nobel de la paix en 1991, à une junte militaire sanglante et tyrannique destinée à occuper la place qu'on lui prête dans un imaginaire axe du mal. Et si la Birmanie n'était pas réductible à ce schéma duel?. Suite à l'échec du mouvement et à la répression qui s'est abattue sur le pays, les médias se sont détournés vers d'autres points chauds de la planète, laissant la Birmanie, aussi appelée Myanmar, retrouver les cadres et le cours de son existence si particulière, en marge des valeurs prônées par l'Occident. Ce livre a pour ambition de combler un silence et de mettre en lumière une réalité birmane méconnue. Il s'agit d'analyser la vie d'un pays, le quotidien d'un peuple divers et singulier et d'approcher sans a priori ceux qui le composent et le caractérisent. En offrant une vision panoptique de la Birmanie, cet ouvrage conduit à une meilleure connaissance de l'un des pays les plus fermés de la planète Biographie: Gabriel Defert est historien et politologue. Il a publié plusieurs livres et de nombreux articles sur l'Asie du Sud-Est. Il est notamment l'auteur de Timor Est, le Génocide oublié (1992), de L'Indonésie et la Nouvelle-Guinée-Occidentale (1996) et du livre Les Rohingya de Birmanie, sorti en mars 2007. Il a réuni, pour Birmanie contemporaine, vingt-deux des meilleurs spécialistes du pays
Les Rohingya sont considérés comme des étrangers dans leur propre pays. Privé de nationalité, ces musulmans originaires de la partie occidentale de la Birmanie sont à la fois victimes d'agressions de leurs voisins bouddhistes d'ethnie rakhine et des brimades que leur impose le gouvernement de Rangoun. Ils sont contraints de fuir par milliers, par voie de terre ou de mer, afin de tenter de chercher refuge au Bangladesh, en Australie ou dans les pays voisins d'Asie du Sud-Est. Si, après des décennies de silence médiatique, ils sont désormais davantage sous les feux de l'actualité, leur situation reste à tous égards tragique. Ce livre est la deuxième édition remise en perspective d'un ouvrage publié pour la première fois par les éditions Aux lieux d'être en 2007. Par-delà la tragédie contemporaine, il remonte aux sources des tensions pour s'efforcer de les expliquer et de mettre en lumière l'histoire d'un peuple en détresse. Fruit d'un travail de recherches et d'enquêtes de plusieurs années en Birmanie auprès des principaux acteurs tant locaux qu'internationaux, il permet notamment de comprendre pourquoi le mouvement de démocratisation que connaît actuellement la Birmanie se traduit paradoxalement par un regain de tensions entre les Rohingya et les Rakhine soutenus par le gouvernement de Rangoun.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...