Le songe libertin. Cyrano de Bergerac d'un monde à l'autre
Darmon Jean-Charles
KLINCKSIECK
32,50 €
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EAN :9782252034835
Des Lettres satiriques et amoureuses aux États et Empires de la Lune et du Soleil, on a voulu suivre ici un Cyrano en mouvement non seulement entre les mondes, mais aussi entre les genres, et montrer comment, en ces envols et en ces défis successifs, s'est ouvert l'espace d'une littérature expérimentale pour laquelle rien ne semble plus aller de soi. Sur fond de révolution scientifique et de relativisme généralisé, l'ironie, démultipliée jusqu'au vertige par l'art de la pointe dont Cyrano use en virtuose, y intervient comme une ressource d'une fécondité rare. Songe libertin? En quel sens? Dans le cas de Cyrano, le concept de libertinage peut sembler opératoire pour caractériser non seulement tout unensemble d'hypothèses et de postures hétérodoxes, mais aussi un certain type d'expériences de pensée où la part de la rêverie sur les pouvoirs de l'imagination reste éminente, au coeur même de cette "genèse de la raison classique" à laquelle le "libertinage érudit" contribue activement. À biendes égards, le mouvement libertin du XVIIe siècle français, aux contours mal définis, constitue encore pour nous un continent englouti de la pensée,largement méconnu et difficile à interpréter. Or l'oeuvre de Cyrano, en sa marginalité flamboyante, peut offrir un prisme fort éclairant pour enexplorer certains enjeux. En se situant au confluent de l'histoire des idées (scientifiques, morales,politiques, religieuses) et de l'histoire des formes littéraires, il s'agit ici de ressaisir un moment de crise fondamental pour les représentations del'homme et du monde, où s'inscrivent à la fois le riche potentiel philosophique de l'oeuvre de Cyrano et son inventivité foisonnante dans l'ordre de l'imaginaire. Biographie de l'auteur Jean-Charles Darmon est membre de l'Institut universitaire de France et professeur de Littérature française à l'université de Versailles. Il est notamment l'auteur de Philosophie épicurienne et littérature au XVIIe siècle en France et de Philosophies de la Fable: La Fontaine et la crise du lyrisme, ainsi que de nombreux articles consacrés aux relations entre littérature, philosophie et sciences à l'âge classique. Il a édité et présenté (en collaboration avec Alain Mothu) les Lettres satiriques et amoureuses, précédées des Lettres diverses de Cyrano de Bergerac.
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Nombre de pages
286
Date de parution
08/11/2004
Poids
472g
Largeur
160mm
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EAN
9782252034835
Titre
Le songe libertin. Cyrano de Bergerac d'un monde à l'autre
Auteur
Darmon Jean-Charles
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
160
Poids
472
Date de parution
20041108
Nombre de pages
286,00 €
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S'il est une notion qui a hanté l'histoire de la tragédie et du théâtre dans son ensemble depuis Aristote, c'est bien celle de catharsis - processus de "purgation" dont la nature, l'efficacité et la légitimité n'ont cessé de faire problème. On a essayé de ressaisir, en cette enquête collective, toute une constellation d'interprétations, de débats et d'enjeux qui lui furent associés, au confluent de multiples paradigmes (esthétiques, médicaux, moraux, religieux, politiques). Plus largement, on a voulu suivre certains questionnements majeurs relatifs aux pouvoirs thérapeutiques de la littérature, d'un genre à l'autre, d'un moment à l'autre; et, sans s'en tenir à la poétique du théâtre, éclairer les métamorphoses de la catharsis dans d'autres types d'expérience et de savoir. Ce parcours pluridisciplinaire conduit notamment de l'ère des philologues de la Renaissance italienne à ceux qui, en Allemagne, ont nourri la naissance de la psychanalyse, des discours critiques relatifs à la tragédie classique, ou au drame romantique, à l'univers des littératures de la violence extrême et du génocide. Qu'en est-il aujourd'hui de la catharsis et des divers usages qu'on peut en faire? En nous plongeant au coeur même des rapports entre émotions, cognition et jugement moral, l'antique notion de catharsis, sous des espèces nouvelles, semble décidément avoir la vie dure: elle nous attend encore bien souvent là où nous ne l'attendions plus.
On a voulu, en cet essai, s'interroger sur les passages reliant poésie, fable et philosophie dans le devenir singulier de l'ouvre de La Fontaine. Sous les images amusantes et gaies du " Fablier " diffusées par toute une tradition, surgissent alors des paysages plus sombres et plus secrets, l'appropriation de la fable ayant lieu ici sur fond de crises diffuses affectant le statut même de l'imagination poétique et les pouvoirs de la parole. Entre Clymène, comédie insolite des débuts, qui offre le spectacle de l'ennui des Muses pressentant l'usure, voire la mort d'une certaine poésie lyrique, et, à l'autre bout du labyrinthe, les fables du plaisir pur et de l'évidence reconquise, que purent apporter certaines formes de pensée à l'activité poétique de La Fontaine, en cette longue lutte avec l'ennui qui menace désormais le lyrisme ? Il apparaît alors qu'en cette trajectoire complexe des variations philosophiques d'une grande subtilité ont pu aider La Fontaine à inventer certaines réponses fabuleusement vivaces, donnant à l'antique genre de l'apologue un potentiel heuristique, éthique et esthétique sans précédent. À l'occasion d'une nouvelle édition enrichie du présent ouvrage, on s'est attaché à réexaminer de ce point de vue la vitalité déconcertante des petites expériences de pensée proposées par la Fable dans le " Jardin imparfait " de Jean de La Fontaine. Expériences qui nous situent aux antipodes des leçons de morale plus ou moins conformistes que l'on a cru si souvent y trouver ; exercices de lecture qui peuvent constituer autant d'antidotes puissants à ce prêt-à-penser en madère de morale que Nietzsche nommait la " moraline ".
Résumé : Pour qui s'intéresse aux formes les plus subtiles de la pensée morale en Europe, ceux que l'on nomme les " moralistes " brillent d'un éclat particulièrement vif. Le moraliste se présente souvent comme " un anatomiste du c?ur " OU un spectateur de la vie, non comme l'architecte d'un système ou le porte-parole d'une doctrine générale. La présente enquête collective est tout entière guidée par le souci de s'interroger sur les significations proprement historiques et politiques émanant de l'?uvre des moralistes. Et cela, depuis ce moment de crise politique et morale qui fut celui de La Rochefoucauld jusqu'à l'ère du soupçon de Nietzsche et de ses successeurs : ainsi, tout près de nous, Emil Cioran et Jacques Derrida. Entre ces deux pôles, des lieux essentiels de la pensée et de l'écriture morales sont revisités en ce livre : de La Bruyère à Marivaux, de Graciàn à Vauvenargues et à Chamfort, de Diderot à Joubert.
Peu de chose nous divertit et détourne, car peu de chose nous tient" écrivait Michel de Montaigne. Que signifie au juste être diverti? A quoi tiennent la force et la valeur du divertissement? "Divertissement" est devenu, sur la scène de la pensée et de la littérature modernes, un concept essentiellement pascalien, renvoyant à une fuite hors de soi et à une Misère fondamentale de la condition humaine. Or, entre Renaissance et Lumières, se développèrent des pensées positives, constructives, du divertissement, dont la riche fécondité est en grande partie méconnue ou sous-estimée. On a voulu user ici de l'oeuvre de Saint-Evremond comme d'un prisme permettant de décomposer certains mouvements propres à ces nouvelles esthétiques de l'existence, qui impliquèrent de subtiles transformations du modèle de "diversion" hérité d'Epicure et de Lucrèce. Apparaît alors, chemin faisant, dans les marges de la philosophie du Jardin, tout un réseau d'affinités diffuses, en amont (du côté de Montaigne ou de Théophile de Viau) et en aval (du côté de Voltaire, de Hume ou de La Mettrie). En un temps où la Société du Spectacle ne cesse d'étendre l'empire des divertissements standardisés, il n'est pas sans intérêt de retrouver la saveur de ces variations libres, qui ne furent pas pour rien dans l'invention de nouvelles manières d'être heureux.
Soin des enfants et des personnes âgées, nettoyage, travail pénible, boulot sale et sale boulot, ces activités ont en commun d'être à la fois nécessaires et invisibles, essentielles et pourtant dévalorisées, difficiles et donc déléguées à d'autres. Elles sont souvent oubliées par les philosophies du travail comme elles le sont dans la réalité sociale. C'est paradoxalement chez Hannah Arendt, pourtant accusée d'avoir une conception réductrice du travail, que l'on trouve une catégorie permettant de les appréhender dans leur unité : celle de labeur. Modifiant la traduction usuelle de sa distinction entre travail (labor) et oeuvre (work), qui renforce l'impression d'une dépréciation du travail par rapport à l'oeuvre, nous proposons de la rendre plus littéralement par le couple du labeur (labor) et du travail (work). Apparaît dès lors chez Arendt une véritable philosophie de l'activité posant le labeur comme condition du travail, lui-même condition de l'action. A l'aide de cette catégorie, elle pointe un ensemble d'activités vouées à la reproduction de la vie qui n'ont pas "droit de cité" , mais aussi le redoublement de cet effacement avec l'avènement du social dans la modernité. Malgré l'emprise théorique qu'exerce la logique du labeur, on ne cesse de refuser de le voir, d'en dénier la nécessité comme la dureté, en le confondant avec le travail. Une convergence aussi frappante qu'inattendue peut être mise en évidence entre cette catégorie de labeur et toute une constellation de concepts issus des théories féministes : le travail domestique, reproductif, travail de care ou encore de subsistance. Ces théories ne se sont pas réclamées d'Arendt, qui elle-même ne s'est jamais revendiquée du féminisme. Mais on peut mobiliser ces concepts pour préciser le sens de la catégorie de labeur, répondre aux problèmes qu'elle soulève quant à sa teneur critique, et en esquisser un usage possible dans le cadre d'une philosophie sociale du travail renouvelée.
Acquis par la National Gallery de Londres en 1842, le Portrait des Arnolfini de Jan van Eyck reste depuis cette date une énigme pour les historiens de l'art. Le sujet du tableau a en effet suscité de nombreuses hypothèses : s'agit-il d'une scène de mariage, de fiançailles, ou de la simple représentation d'un couple de riches bourgeois ? L'homme est-il bien Giovanni Arnolfini, un marchand de Lucques très connu dans les Flandres au XVe siècle, comme semblent l'indiquer certaines archives ? Ou quelque autre membre de sa famille ? L'oeuvre ne serait-elle pas plutôt un portrait de l'artiste, qui se serait représenté avec son épouse Marguerite ? Et si la jeune femme n'était pas enceinte, en dépit de ce que suggère son ventre proéminent ? Quant à la signature en latin du peintre, bien en vue au centre du tableau, quel sens donner à sa formulation, restée unique dans l'histoire de la peinture ? Anne-Marie Lecoq fait dans cet ouvrage inédit une passionnante recension des interprétations qui se sont succédé au cours des décennies, suscitées par tous les détails du tableau et leur symbolique supposée, pour livrer enfin - au risque de surprendre - sa propre hypothèse sur les intentions de Jan van Eyck.
Vinclair Pierre ; Min Byung-Hun ; Domissy-Lee Jeon
Ce livre est né d'un paradoxe fécond : comment écrire sur les oiseaux sans rien savoir d'eux, ou presque ? Du jour au lendemain, Pierre Vinclair se met à enquêter au fil de poèmes-minute sur ce que les oiseaux nous font, sur la manière dont ils déplacent nos idées en nuées, frôlent nos matins, habitent un monde où leur présence s'efface. Guidé par une curiosité impressionniste, Pierre Vinclair ne s'approche jamais trop près, s'émerveille que l'on entende d'abord leur chant avant de les voir ou de vouloir les nommer. Les photographies de l'artiste coréen Byung-Hun Min, dans la contemplation desquelles s'est élaboré cet essai qui est d'abord une rêverie, viennent scander le texte comme des pointillés noir et blanc.
Fenimore Cooper Susan ; Audubon Jean-Jacques ; Wil
Précédant Thoreau de quelques années, Chroniques de la vie rurale s'impose comme l'un des jalons fondateurs du naturalisme littéraire américain. Dans ce journal publié en 1851, jusqu'alors inédit en français, Susan Fenimore Cooper raconte la vie d'un village de l'Etat de New York au fil des saisons. Entre carnet de terrain et journal intime, sa prose lumineuse, jamais naïve, dit la beauté du détail et la fragilité des équilibres naturels. Fille du romancier James Fenimore Cooper, dont elle accompagna l'oeuvre et assura la postérité, Susan écrit avec la discrétion d'une sentinelle ou d'une veilleuse. Elle tisse une langue limpide et habitée, attentive à chaque nuance du paysage, à chaque oiseau, à chaque usage d'un monde rural aujourd'hui disparu. A la rigueur scientifique de ses observations répond une sensibilité poétique, qui fait de ce texte un manifeste d'écoute et de lenteur, à rebours de l'accélération contemporaine. Cette première traduction française, réalisée par Faustine Galicia, est illustrée de planches issues des Oiseaux d'Amérique de Jean-Jacques Audubon et préfacée par l'écrivaine Audrée Wilhelmy, qui, nichée dans la forêt québécoise, l'évoque en soeur : "Chroniques de la vie rurale est une leçon d'écoute : une conversation muette entre le monde extérieur et le monde intérieur. C'est dans cette correspondance subtile entre les saisons du paysage et celles de l'esprit que se forge, je crois, l'acte d'écrire".