Cet ouvrage collectif explore les mutations de l'Etat de droit et les menaces qui pèsent sur les démocraties contemporaines dans un contexte de crises successives de tous ordres. Cet ouvrage collectif explore la crise contemporaine de l'Etat de droit, un concept central dans les démocraties modernes, mais aujourd'hui menacé par les dérives illibérales et les tensions géopolitiques. A travers une approche pluridisciplinaire, l'ouvrage examine les transformations profondes de l'Etat de droit en Europe et au-delà, en analysant ses fondements juridiques, politiques et sociaux. Il met en lumière les causes et les dynamiques de cette crise, notamment les effets du populisme, de la concentration du pouvoir, de l'affaiblissement des contre-pouvoirs, ainsi que l'émergence de nouvelles formes de domination telles que la datacratie. S'appuyant sur les travaux d'experts en droit, en science politique, en histoire et en économie, l'ouvrage offre une réflexion sur l'avenir de l'Etat de droit et les solutions potentielles pour restaurer ses principes fondateurs. L'ouvrage est destiné à un large public : chercheurs, étudiants, praticiens du droit et tous ceux qui s'intéressent aux évolutions juridiques et politiques de notre époque.
Danelciuc-Colodrovschi Natasa ; Gaïa Patrick ; Gud
La mise en oeuvre de la Convention européenne des droits de l'homme. qui implique une interaction permanente entre les institutions européennes et nationales. peut induire de véritables rapports de force et nuire au dialogue attendu. La Cour européenne des droits de l'homme repousse en permanence Les limites de l'interprétation de certains droits, entraînant Le mécontentement, parfois la confrontation assumée des Etats membres. or, le caractère discrétionnaire des choix dont ils disposent pour trouver les moyens appropriés d'exécution des arrêts, pouvant permettre de concilier leur droit interne avec les obligations conventionnelles, s'avère en pratique limité, le refus d'exécuter un arrêt ou son exécution imparfaite étant considérés comme une violation du texte conventionnel. Une telle situation met en exergue l'inégalité des positions de chacune des parties au dialogue, qui s'est d'ailleurs accentuée ces deux dernières décennies grâce au développement exponentiel de la jurisprudence de la Cour de Strasbourg et au renforcement, en conséquence, de son autorité. Dans ce dessein. de nombreuses questions se posent. Comment les acteurs concernés doivent-ils gérer les risques générés par Les interférences entre les systèmes constitutionnel et conventionnel de protection des droits et libertés ? Est-il toujours pertinent de parler de complémentarité et de "déverticalisation" des rapports, supposant le recours à des techniques et méthodes axées sur le principe de la coopération et de la conciliation ou, au contraire. le prisme hiérarchique doit désormais être vu comme la nouvelle perspective de régulation afin de garantir l'efficacité du système conventionnel ? Les contributions réunies dans le présent ouvrage, issues d'une journée d'étude organisée à Aix-en-Provence le 23 avril 2021, mettent en exergue la présence d'un véritable tournant, au niveau des rapports entre les systèmes normatifs nationaux et conventionnels, de la question de l'autorité du droit conventionnel et de la disposition des Etats parties à en tenir compte comme preuve d'adhésion au projet commun de défense des droits et libertés.
Face à la revendication d'une participation citoyenne accrue, la question d'un élargissement du droit d'initiative législative se pose en France comme dans d'autres Etats. Certains systèmes juridiques se montrent en effet beaucoup plus ouverts, en acceptant l'initiative populaire ou encore en offrant cette prérogative à des autorités indépendante ou des juridictions. Cette ouverture se présente comme un moyen de compléter l'offre représentative classique, en permettant de porter d'autres sujets à la connaissance des assemblées, parfois liés aux revendications de populations ne trouvant pas de relai au sein du Parlement. Ainsi, les recommandations du Défenseur des droits, qui met en lumière des failles dans le fonctionnement des institutions ou dans le respect des droits fondamentaux, pourraient-elles prendre directement la forme de propositions de loi. Les juridictions elles aussi sont amenées à constater certains défauts de la législation qui pourraient se traduire en propositions de réformes soumises au parlement. Toutefois, de nombreuses craintes se manifestent. Les différentes contributions de cet ouvrage se sont penchées sur la pertinence d'un tel élargissement et sur les leçons à tirer des expériences étrangères. Cet ouvrage livre ainsi un regard très pragmatique sur l'intérêt de faire évoluer le droit d'initiative législative en France.
L'entreprise et la question des droits humains est aujourd'hui une préoccupation majeure, à la fois dans le monde des affaires et dans celui de la recherche universitaire. A partir des années 1970, se développe une nouvelle sensibilité aux préoccupations sociales et environnementales. Les opinions publiques se persuadent, à juste titre, qu'il importe de préserver l'homme mais aussi le vivant, et ce quelles que soient les nécessités du développement économique et technologique. La bonne approche réside dans une démarche d'évolution de la globalisation vers une meilleure prise en compte des droits humains. Du reste, la finance mondialisée, avec des initiatives en termes de RSE et de fondations dédiées au bien commun, ouvrent des chemins vers l'éthique, en lesquels s'harmonisent de plus en plus le monde des affaires et les droits humains. C'est cette approche qui est privilégiée dans le présent ouvrage.
La départementalisation de 1946 a-t-elle vraiment décolonisé La Réunion ? Une analyse inédite entre droit constitutionnel et droit international. Cet ouvrage offre une radioscopie critique de la décolonisation de La Réunion et des "quatre vieilles" colonies (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion). En effet il renouvelle l'analyse de la départementalisation de 1946 en croisant le droit constitutionnel français et le droit international de la décolonisation, tout en gardant un ancrage historique fort. En effet, les rôles des députés progressistes et anticolonialistes de 1945 sont éclairés et mis en avant. L'ouvrage intéressera autant les historiens, juristes, politologues et sociologues que les étudiants et les lecteurs intéressés par l'émancipation des Outre-mer. Cette étude est inédite puisqu'elle replace la départementalisation de 1946 dans une double perspective, nationale et internationale, en montrant ses ambiguïtés et sa portée réelle.
La recherche démontre que le fait numérique a bouleversé l'équilibre séculaire du droit de la preuve, c'est-à-dire des règles qui encadrent la preuve en justice. L'étude démontre que les nombreuses modifications apportées au droit de la preuve en réaction à l'informatisation de la société à partir des années 1970 ont bouleversé l'équilibre séculaire de la matière. D'abord, concernant l'encadrement de la preuve des actes juridiques, il est établi que le fait numérique a entraîné un relâchement des liens traditionnellement noués par le législateur autour de la conviction du juge. Ensuite, s'agissant des règles gouvernant la preuve des faits juridiques, il est démontré que le numérique a suscité un renforcement des entraves mises à la liberté du magistrat.