Le désarroi contemporain, particulièrement en éthique, a mis en évidence la nécessité de dépasser la morale pour poser à nouveaux frais la question du sens. Il est inévitable alors de revisiter, à la lumière des interrogations contemporaines, l'originalité avec laquelle ce qu'on a nommé l'Ecole d'Aix avait déjà envisagé la question. Dans le sillage de Maurice Blondel et de Gaston Berger, la philosophie peut à nouveau s'engager à explorer ses propres frontières. Il s'agit de sauvegarder à l'intérieur de la démarche philosophique, non le dogmatisme d'une vérité totalisante et totalitaire, mais cette tension, que dit bien ce mot de quête, vers une valeur, une vérité, un être capable de donner sens à l'existence : une philosophie "intégrale" , toujours ouverte, au point d'affronter le risque d'une confrontation nécessaire avec la Transcendance religieuse et particulièrement chrétienne. C'est pourquoi, croisant la philosophie de la religion, sans se confondre avec elle, la vieille apologétique retrouve ici une nouvelle jeunesse et jusqu'à une urgente et paradoxale nécessité. Le présent volume, publié sous la direction de Marie-Jeanne Coutagne, secrétaire de l'Association des Amis de M. Blondel, cherche à faire le point et amorce le débat en regroupant les contributions de nombreux chercheurs français et étrangers : C. Troisfontaines (Louvain), J. -L. Vieillard-Baron (Poitiers), R. Virgoulay (Lyon), P. Henrici (Zurich), D. Folscheid (Paris), E. Gabellieri (Lyon), M. Patrao Neves (Açores), A. Cugno (Paris), P. Reifenberg (Mayence), F. Marty Paris), M. Léna (Paris), X. Tilliette (Rome), G. Dorival (Aix-en-Provence). Avec une préface de Jean Ferrari, Président de l'Association des Sociétés de Philosophie de langue française (ASPLF).
Nombre de pages
146
Date de parution
01/04/1998
Poids
200g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782701013794
Titre
Maurice Blondel et la quête du sens
Auteur
Coutagne Marie-Jeanne
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
136
Poids
200
Date de parution
19980401
Nombre de pages
146,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Comme beaucoup de philosophes de son époque, Maurice Blondel s'est intéressé à la mystique. Pour lui, cet exercice ascétique et intuitif s'appuie sur la raison, mais va au-delà. Le Mystique serait ainsi le plus rationnel des hommes, niais aussi celui qui se laisse transformer par le don de la grâce. Au lieu difficile de l'articulation entre naturel et surnaturel, la question mystique constitue pour le philosophe un révélateur. Le geste blondélien, que l'on va redécouvrir ici, consiste à refuser tout réductionnisme, permettant une lecture à la fois rigoureuse et ouverte aux réalités de son époque. Esquissant la possibilité d'un dialogue interreligieux, Blondel s'engage dans le sens d'une philosophie résolument hospitalière, renouant ainsi avec la pratique la plus ancienne de la philosophie. Ce volume collectif intègre la réédition du texte de Blondel de 1925 : "Le Problème de la Mystique".
? La véritable philosophie est la sainteté de la raison. La volonté nous aliène et nous assimile à sa fin, l'entendement nous assimile et nous acquiert son objet ? : voilà pourquoi, en nous donnant à Dieu par un dévouement total, nous pouvons le mieux pénétrer par le regard ? ; la pureté du détachement intérieur est l'organe de la vision parfaite. On ne peut le voir sans l'avoir, l'avoir sans l'aimer, l'aimer sans lui apporter l'hommage de tout ce qu'il est, pour ne retrouver en tout que sa seule volonté et sa seule présence. Ce qu'il est, nous voulons qu'il le soit, quoi qu'il nous en coûte ? ; et ainsi ce qu'il est en soi, il le devient en nous. ? " SI l'on en croit l'aveu de Maurice Blondel, il y aurait dans sa réflexion philosophique un chemin de sainteté, voie étroite vers l'Amour qu'emprunte le philosophe d'Aix. Pour tenter d'en saisir le sens, le présent ouvrage entend réexaminer l'ensemble du projet philosophique blondélien au regard de cette nouvelle perspective.
Teilhard de Chardin Pierre ; Coutagne Marie-Jeanne
Arrivé au terme de sa vie, Pierre Teilhard de Chardin éprouve le besoin de revenir sur la profonde unité de son itinéraire, en deux lignes convergentes, celle de la science et celle de la religion. Le Coeur de la Matière, autobiographie intellectuelle et spirituelle, affirme sa foi en une Evolution cosmique, biologique et humaine dont le sens s'accomplit en un point de convergence spirituelle de la Terre, qui pour lui est le Christ, qui unifie et intériorise dans l'Amour le mouvement d'évolution qu'il achève. C'est pourquoi Teilhard complète sa méditation par ce qu'il nomme " l'essence de son message " : Le Christique, testament spirituel qui évoque l'amorisation de l'Univers. Ces textes ultimes ouvrent des voies encore partiellement inexplorées à la théologie comme à la spiritualité.
Teilhard de Chardin Pierre ; Coutagne Marie-Jeanne
Un Teilhard méconnu: le Teilhard mystique. Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), jésuite, paléontologue, a tenté, dans une synthèse unique, de penser la place de l'homme et le sens du Christ dans l'univers en évolution. Mais on ne dira jamais assez combien ce penseur est avant tout un croyant et un mystique. En rassemblant ses textes les plus significatifs sur la présence lumineuse de Dieu au Monde, cet ouvrage fait apparaître la cohérence spirituelle de son oeuvre. On y lit des pages puissantes sur ses thèmes essentiels: la "luminosité" du monde, qui révèle la présence divine; le Christ, centre de l'Univers; l'amour comme énergie cosmique, capable d'assurer la communion avec Dieu; le mal; l'espérance. Face à la fragilité des choses et des êtres, Teilhard décèle dans l'univers une intériorité brûlante qui vivifie le coeur de l'homme, une présence sacrée qu'il ose appeler divine.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.