HB est né à Grenoble, le 23 janvier 1783. Ce portrait d'Henry Beyle, mené par lui-même et ses doubles romanesques, est aussi faux qu'il est possible d'être faux, aussi faux qu'il est nécessaire d'être faux. Quelques éléments figurent l'homme, par petites touches : la couleur bleu, une épée, le pic d'une montagne, la passion pour Mélanie (ou n'importe qui d'autre), les mathématiques, une chanteuse à qui il manque la dent de devant, le nom d'un peintre, des questions : avec qui faire l'amour, est-on gai ou profondément colleté au néant ? Portrait impressionniste d'Henry Beyle et multitude des mouvements : fatigue, affreuses migraines, gravelle, apoplexie nerveuse, idées sans les mots, faiblesse dans la jambe, ennui, ennui pour son sujet, stupidité, absence de moi. Silence dans les salons. Passion mais passion montée. Mais aussi : énergie, ardeur, profondeur, goût pour les contes, comique, colère, impétuosité - rien n'est trop fort. Et ce n'est pas le café. Au bout du compte, seule vaut la fiction parce que le naturel est toujours bon ou prêt à être déchiqueté. Vivent les noms, les surnoms, les pseudos, jusqu'au dernier, Stendhal. Qui meurt le 23 mars 1842. [M. C. ]
Nombre de pages
71
Date de parution
22/01/2016
Poids
80g
Largeur
121mm
Plus d'informations
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EAN
9782370840226
Titre
Vie de HB
Auteur
Cosnay Marie
Editeur
NOUS
Largeur
121
Poids
80
Date de parution
20160122
Nombre de pages
71,00 €
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C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se hisse les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud."
Elle est soleil et pluie et autre chose, c'est la toute-puissante Cordelia qui réunit la pluie que portent les héros sur leurs épaules (héros qu'on voit, par exemple, enfourcher des chevaux blancs et galoper dans les nuits d'inondation) et le soleil que portent les mêmes (canicule, fardeau saignant et adoré), elle est la toute-puissante qu'on ne regarde ni de face ni de près, elle est celle qui ne dit mot puis pleure puis dit père, comme un caillou. Qui rencontre des hiboux poignardés dans les forêts sur les troncs des arbres. Il y a autre chose. Elle dit autre chose. Elle dit : femmes, femmes, mes soeurs. Elle est toute blonde, porte un corsage décolleté et une robe blanche, Cordelia qui avance dans les forêts touffues accompagnée d'hommes d'armes, ses larmes sont des diamants et ses sourires des perles ; une douleur comme la sienne. La femme sans honte et toute blanche dans la forêt. La femme homme-soldat." "Une furie ramassée dans le corps et l'image d'un oiseau. Mettons-nous en route. Suivons l'oiseau de nuit qui est venu de jour. Il est venu pour nous." Une voiture en feu, une amnésique, de mystérieux rubis, et la guerre sourde qui balaie tout sur son passage. Cordelia la Guerre est un roman en feu, multiple, ambitieux qui, tout en jouant avec les codes du roman policier, de l'épique et du mythologique, propose une relecture contemporaine du Roi Lear. Il nous emmène dans un tourbillon dont le souffle met au jour la matière d'un monde qui s'effondre. C'est en réalité notre contemporain qui se joue sous nos yeux, et Marie Cosnay en révèle toute la densité sociale et politique.
Une femme tombe dans une grotte. Entre visions et hallucinations, elle se rêve en moineau, et assiste, par-delà le temps, au basculement de la vie de Bernadette Soubirou. "Elle voit, parfois aussi elle devient Bernadette, comme si tout enfant, toute fille en tout cas, pouvait l'être aussi." Leur expérience surnaturelle ou mystique est avant tout une expérience du corps. Qu'ont-elles vu, exactement ? Peu importe, elles ont vu, ou cru voir. En tissant ces deux destins de femmes, à deux époques différentes, Marie Cosnay nous invite à repenser la possibilité de l'apparition. Pourquoi, quand une femme voit, est-elle folle ou sainte ? Sous prétexte de nous parler de Bernadette Soubirou, Marie Cosnay nous parle de l'instrumentalisation politique du corps féminin.
Pasolini Pier Paolo ; Chiesi Roberto ; Atzei Patri
La rage est un poème filmique en prose et en vers, un essai polémique mêlant radicalité et lyrisme. On y trouve le Pasolini le plus âpre et le plus clairvoyant. Traduit en français pour la première fois, La rage est le texte littéraire le plus explicitement politique de Pasolini. En interrogeant les événements et la société de son temps, avant l'avènement définitif de l'uniformisation, La rage éclaire aussi, d'une façon saisissante, notre temps. La joie de l'Américain qui se sent identique à un autre million d'Américains dans l'amour de la démocratie : voilà la maladie du monde futur ! Quand le monde classique sera épuisé - quand tous les paysans et les artisans seront morts - quand l'industrie aura rendu inarrêtable le cycle de la production et de la consommation - alors notre histoire prendra fin. La classe propriétaire de la richesse. Parvenue à une telle familiarité avec la richesse, qu'elle confond la nature et la richesse. Si perdue dans le monde de la richesse qu'elle confond l'histoire et la richesse. Si touchée par la grâce de la richesse qu'elle confond les lois et la richesse. Si adoucie par la richesse qu'elle attribue à Dieu l'idée de la richesse.
Dire cela est une traversée dans l'oeuvre de Robert Creeley, un nouveau choix de poèmes qui met en lumière tout un versant secret chez l'auteur américain. Les poèmes, dont certains n'avaient jamais été traduits en français, sont accompagnés d'entretiens inédits de l'auteur avec Jean Daive.
Dans un monde déclaré sans dehors, enfermé dans l'interconnexion généralisée, la philosophie ne peut apparaître que comme une hérésie. Parce qu'elle est dangereusement atopique - hantée par quelque chose de l'ordre d'un sans-lieu lui permettant ses déplacements improbables. Cette atopie n'est pas propre à la philosophie : elle constitue le coeur sombre et lointain de toute pensée, de toute parole, de toute existence. Nous aimons, nous créons, nous refusons, nous nous coalisons parce que nous sommes voués au dehors. Contre les pensées en termes d'objets, contre les géolocalisations identitaires assistées par ordinateur, contre un monde saturé d'immanence, ce livre propose un existentialisme radicalisé attentif aux désastres psychiques et écologiques qui ravagent le monde.