David Rousset, Charlotte Delbo, Jean Cayrol, Etty Hillesum, Piotr Rawicz, Jean Améry, Imre Kertész, Georges-Arthur Goldschmidt, Aharon Appelfeld... Ces auteurs ont été soumis à une monstruosité systématique : celle des camps nazis, celle de la "destruction des Juifs d'Europe", qui, lorsqu'elle n'annihilait pas sur-le-champ les corps, étouffait tout foyer de pensée et de parole. Contre cet écrasement, Catherine Coquio lit dans les textes l'âpre combat de leurs auteurs pour saisir ce qui excédait toute "expérience", ce qui jamais ne se laisserait ramener à un moment de leur passé. Pour ces oeuvres irremplaçables, ce grand livre se fait tout d'attention et de pensée. Il lui faut aussi revenir sur l'histoire des "paradigmes" qui se sont formés au sujet du témoignage, et défaire les présupposés qui, trop souvent, nous ont rendus aveugles à ce qui s'était déroulé ailleurs, dans l'Est de l'Europe et en URSS. A déchiffrer les récits et fables des revenants des camps à côté des textes de la "Khurbn Literatur" et de la "Littérature des ravins", une vaste et indomptable interrogation se déploie : qu'est-il arrivé à la culture en Europe et à ce qui, édifié au fil des siècles en tant que "littérature", se trouva, sous le coup d'événements démesurés, non pas annulé mais (selon la formule d'Imre Kertész) "mis en suspens" ? Catherine Coquio sait nous rendre contemporaines - si lointaines, si proches - ces voix qui ne cesseront plus de nous accompagner. Ainsi le bouleversant dernier chapitre nous fait-il entendre, et pour jamais, les timides et lucides paroles de ces enfants qui vont disparaître : "Moi, petite créature, écrit Hanus Hachenburg, je demande au monde l'aumône... pour qu'il ne me brûle pas de son brasier ardent..." Claude Mouchard
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
489
Date de parution
02/04/2015
Poids
1 030g
Largeur
171mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782954105956
Titre
La littérature en suspens. Ecritures de la Shoah : le témoignage et les oeuvres
Auteur
COQUIO CATHERINE
Editeur
ARACHNEEN
Largeur
171
Poids
1030
Date de parution
20150402
Nombre de pages
489,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Résumé : Mémoire, témoignage, catharsis : ces mots ne cessent de revenir au sujet des grandes catastrophes politiques du 20e siècle, comme s'ils nous aidaient à les assimiler. La hantise d'un effondrement a donné lieu à une religion de la transmission. Mais en réalité nul ne sait quoi faire d'un si monstrueux héritage, qui nous barre l'accès au présent et obstrue notre avenir. De ce non-savoir vient le mot "mémoire" sous lequel s'agitent le chaos des chagrins individuels et celui des luttes pour la reconnaissance, un nouveau vocabulaire politique, un marché culturel, et à présent un champ académique : bref une culture. Mais cette culture semble aujourd'hui toucher ses limites en se désamarrant du réel au point de faire écran à ce dont elle se réclame : la réalité passée et sa mémoire. L'auteur prend le parti de changer de perspective en voyant s'exprimer, dans cette impasse, une angoisse de la vérité. Au-delà du refus d'oublier, ce qui déchire l'espèce et détruit un monde produit pour certains un mal de vérité particulier, qui s'accompagne d'une crise de la vérité inédite. Sous un fatras d'époque, l'auteure dessine les contours d'une étrange utopie. En dressant la physionomie critique de cette culture de la mémoire elle tente un autre usage des textes témoins, pour penser avec eux le mal de vérité qui travaille notre rapport au passé, et trouver un nouveau rapport politique au présent.
Catherine Coquio est enseignante-chercheuse à l'université Paris IV-Sorbonne et présidente de l'Association internationale de recherche sur les crimes contre l'humanité et les génocides (www.aircrige.org)L'Histoire trouée s'inscrit dans cette démarche activd'une recherche pluridisciplinaire qui sait écouter et se mettre au service de la société
Après une longue amnésie, l'Etat français semblait entrer au début des années 2000 dans une phase de confrontation avec son histoire coloniale. Evoquer, par exemple, la "guerre d'Algérie" et le massacre de Sétif ne posait plus de problème à la mémoire collective. Mais, à la faveur du vote d'un texte de loi qui entendait contraindre les professeurs d'histoire à "enseigner de manière positive la présence de la France dans ses colonies et en Outre-Mer" (la fameuse loi de février 2005 finalement abrogée) puis d'un discours régressif du président Sarkozy en juillet 2007 à l'université de Dakar ("Jeunes d'Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance"; "Ce sont des Africains qui ont vendu à des négriers d'autres Africains"), nous constatons un retour aux heures noires de l'idéologie coloniale. Essai exigeant mais accessible, Retours du colonial? met en perspective la politique de l'État français à l'égard des territoires et des populations issues de ses anciennes colonies, les analyses et recherches consacrées à ces questions, et les idées qui circulent à ce sujet dans l'opinion. Cet ouvrage collectif conduit de manière salutaire une réflexion sur ce qui s'est constitué et perpétué à partir de la relation coloniale aux plans politique, économique et culturel. Biographie: Catherine Coquio est professeur de littérature comparée à l'université de Poitiers et présidente de l'Association internationale de recherche sur les crimes contre l'humanité et les génocides [www.aircrige.org].
Ce livre regroupe ses écrits sur la Syrie, parmi lesquels ses articles sur des auteurs Sindbad/Actes Sud, comme Yassin Al Haj Saleh, Moustafa Khalifé, Aram Karabet, Khaled Khalifa, Najah Albukai. Avec des références récurrentes aux grands textes littéraires sur la Shoa, le Goulag, le génocide arménien...
Il s'agit de la première monographie consacrée à Anne-Marie Schneider. L'ouvrage trilingue (français, anglais, espagnol) se compose d'une séquence de plus de deux cents oeuvres organisée chronologiquement, selon une mise en page suscitée par le mouvement de l'oeuvre (le passage progressif du dessin à la peinture). Il s'accompagne d'un texte de Jean-François Chevrier et d'un DVD des 4 films de l'artiste. Il servira de catalogue à l'exposition du Museo Centro Reina Sofia (Madrid) en novembre 2016. 288 pages dont une séquence de 300 reproductions d'oeuvres (dessins, peintures, photogrammes), suivies d'un texte de Jean-François Chevrier en trois langues (français, espagnol, anglais).
Enfantillages outillés : le premier mot dirait plutôt le jeu, le second plutôt le travail, ou du moins l'activité utile. Mais il y a rime intérieure... Quels enfantillages ? Ceux de quarante enfants de la vallée de la Dordogne, leurs gestes, leurs pensées d'enfants. Quels outils ? Ceux du dessin, de la photographie, de la gravure. Pour quoi faire ? Pour dessiner et photographier des machines. Les machines attirent les enfants.