Vagabondes. Les écoles de préservation pour les jeunes filles de Cadillac, Doullens et Clermont
Mendelsohn Sophie ; Alvarez de Toledo Sandra
ARACHNEEN
24,99 €
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EAN :9782373670028
Il existe une figure du délinquant. Au XXe siècle des auteurs comme Jean Genet ou Michel Foucault ont largement contribué à la construire. L'équivalent au féminin n'existe pas. Aucune image n'est venue pallier l'absence de cette figure. Or, entre 1929 et 1931, Henri Manuel, photographe du monde du théâtre et de la mode, portraitiste officiel de personnalités politiques, réalise à la demande du ministère de la Justice un reportage sur l'administration pénitentiaire; une partie de ce fonds, pour l'essentiel inédit, est consacré aux établissements publics laïcs pour mineures, auxquels l'administration a donné le nom significatif d?"écoles de préservation pour les jeunes filles". Au travers de ces images fascinantes ? entre réel et propagande ? Vagabondes révèle pour la première fois le visage de ces jeunes filles et ces lieux où elles furent détenues après avoir été arrêtées, emprisonnées et jugées "sans discernement" pour des motifs dont le principal, celui de vagabondage, ne dissimule qu'à grand peine le spectre de la prostitution. À ces images, que la commande a voulu rassurantes quant au relèvement des filles par la rééducation, Vagabondes associe des documents d'archives qui explicitent la violence et le contrôle auxquels elles étaient soumises et l'insoumission que leur inspiraient la vie même et le sentiment de l'injustice ? tout en démystifiant la vision commune de l'institution comme un lieu de pouvoir homogène et efficace. Sophie Mendelsohn replace le reportage du studio Manuel dans le contexte historique de l'époque, en insistant sur l'affolement de l'institution et ses aberrations face au danger suscité par la sexualité féminine.
Nombre de pages
200
Date de parution
19/11/2015
Poids
560g
Largeur
186mm
Plus d'informations
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EAN
9782373670028
Titre
Vagabondes. Les écoles de préservation pour les jeunes filles de Cadillac, Doullens et Clermont
Auteur
Mendelsohn Sophie ; Alvarez de Toledo Sandra
Editeur
ARACHNEEN
Largeur
186
Poids
560
Date de parution
20151119
Nombre de pages
200,00 €
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La psychanalyse a connu de meilleurs jours. On met en cause son efficacité clinique, sa pertinence théorique. Sous cette volée de bois vert, elle oublie souvent que la meilleure défense, c'est la contre-attaque. Que serait la culture du siècle écoulé sans la psychanalyse ? Sciences, arts, théorie, lettres et philosophie : rien n'échappe au regard psychanalytique. Et réciproquement, loin d'être une doctrine immuable, la psychanalyse s'est toujours transformée au contact de pensées et de créations extérieures. Ce numéro, conçu par Sophie Mendelsohn, remet la psychanalyse aux prises avec son passé pour mieux la resituer sur la scène ouverte de la vie intellectuelle contemporaine. Il explore les points de rencontre entre les questions psychanalytiques, les autres disciplines de la pensée et les activités créatrices. N'en déplaise aux fossoyeurs hâtifs, cette osmose n'a peut-être jamais été aussi forte qu'aujourd'hui. "Où est passée la psychanalyse ?" doit donc s'entendre sur l'air d'une célèbre comptine : "Elle est passée par ici, elle repassera par là".
S'il n'est plus cautionné par la biologie ou l'anthropologie, comme il l'était à l'apogée de la période coloniale, le racisme est loin d'avoir disparu. Son énigmatique persistance puise ses ruses et ses raisons dans l'inconscient et dans les effets de croyance qui l'accompagnent. Ce livre part à la recherche des traces d'une vie psychique collective héritière d'une histoire largement tributaire des grands partages coloniaux, rendue illisible dans notre actualité postcoloniale. Pour s'orienter dans ces voies parfois tortueuses, il a fallu miser sur l'apport sous-estimé d'Octave Mannoni. Philosophe venu tardivement à la psychanalyse, il a évolué pendant un quart de siècle dans les colonies avant d'entamer un processus de " décolonisation de soi " coïncidant avec une tentative de décrire l'envers inconscient de la scène coloniale : sa cruauté mais aussi ses fragilités intimes, donnant à penser leurs effets de longue durée tant chez les anciens colonisés que chez les anciens colonisateurs. En redonnant une visibilité à ce trajet, ses échos, ses critiques et ses reprises, les auteurs explorent à partir de la mécanique du démenti les ressorts inconscients du racisme. Se dessine ainsi une histoire mineure de la psychanalyse française, qui avait affaire à la question raciale avant même que Fanon s'en saisisse ouvertement, et que Lacan annonce, une fois le cycle des décolonisations achevé, que " le racisme a bien de l'avenir ".
Reprenant l'invitation de Jacques Derrida à renverser la formule " The West and the Rest " et à ne pas considérer la psychanalyse comme un pur produit de la civilisation occidentale, cet ouvrage collectif en présente une géo-histoire alternative. A partir des marges, des " restes " venus d'autres continents, se dessinent ainsi des voies de circulations diverses, parfois inattendues, des appropriations excentrées, des réinventions créatrices. Grâce aux regards croisés d'une trentaine d'auteurs du Nord et du Sud, on découvrira que la psychanalyse a existé et continue d'exister " ailleurs ", de l'Inde à Madagascar, en passant par le monde arabe, l'Afrique et les Caraïbes, ou encore la Chine contemporaine, sans oublier l'Amérique latine. Et qu'elle a activement pris part à la tâche cruciale et inachevée d'une décolonisation de soi, corollaire indispensable à toute émancipation politique. A travers des textes panoramiques, des entretiens, des portraits et des transversales qui exposent les débats interdisciplinaires suscités par l'événement freudien, Psychanalyse du reste du monde offre à la fois une autre histoire, un panorama inédit de lieux, de situations et de controverses dans lesquels la psychanalyse a été impliquée, et une cartographie de sa circulation, comme pratique et comme outil critique. Sur ces bases, résolument élargies, il devient possible d'envisager autrement l'avenir et la place de la psychanalyse dans le monde postcolonial qui est désormais notre monde commun.
Quand La Joconde fut volée au Louvre en 1911, des milliers de personnes ? dont Franz Kafka et son ami Max Brod ? se précipitèrent au musée pour aller contempler? un emplacement vide!Beaucoup de ces fiévreux visiteurs n'avaient auparavant jamais mis les pieds au Louvre. Qu'est-ce que cela signifiait...Avec humour, finesse et intelligence, mêlant anecdotes et cas cliniques, prenant appui sur Vinci ou Picasso, Duchamp ou Bacon, Darian Leader explore à partir de cette curieuse histoire les ressorts psychologiques qui font que l'on regarde les ?uvres d'art.Qu'espérons-nous y trouver? Et qu'est-ce qu'elles nous cachent?
Deligny Fernand ; Alvarez de Toledo Sandra ; Migue
Dans le cadre de ses tentatives pédagogiques, ou anti-pédagogiques, Fernand Deligny (1913-1996), éducateur, écrivain, a manifesté de tout temps un intérêt pour le cinéma. Dans les textes de ce recueil, il s'interroge d'abord sur ce qu'une certaine pratique cinématographique, qu'il appelle "camérer" (plutôt que filmer), peut bien signifier. Puis, dans un dialogue serré avec lui-même et avec l'énigme de la perception autistique (il a vécu pendant trente ans avec des enfants autistes), il aborde l'image, une et multiple, celle qui ne se voit pas, celle qu'ont en partage le poète et le cinéaste, celle qui fait "repère" , celle qui ne se laisse pas prendre. La quasi-totalité des textes de Deligny et l'iconographie qui les accompagne sont inédits, de même que les essais critiques proposés par les meilleurs connaisseurs de son oeuvre.
Il s'agit de la première monographie consacrée à Anne-Marie Schneider. L'ouvrage trilingue (français, anglais, espagnol) se compose d'une séquence de plus de deux cents oeuvres organisée chronologiquement, selon une mise en page suscitée par le mouvement de l'oeuvre (le passage progressif du dessin à la peinture). Il s'accompagne d'un texte de Jean-François Chevrier et d'un DVD des 4 films de l'artiste. Il servira de catalogue à l'exposition du Museo Centro Reina Sofia (Madrid) en novembre 2016. 288 pages dont une séquence de 300 reproductions d'oeuvres (dessins, peintures, photogrammes), suivies d'un texte de Jean-François Chevrier en trois langues (français, espagnol, anglais).
Fernand Deligny écrit Lettres à un travailleur social en 1984-1985. Depuis le début des années 1970, il a publié une dizaine de livres qui portent sur la "tentative" des Cévennes avec des enfants autistes. Il s'est éloigné des travailleurs sociaux. Ceux-ci lui reprochent son écriture "hermétique" et voudraient le voir renouer avec l'esprit militant des aphorismes de Graine de crapule (1945). Deligny répond sans répondre. S'adressant à "un travailleur social quel qu'il soit", c'est précisément dans cette langue "en tant qu'outil" qu'il veut persuader les travailleurs sociaux de penser leur tâche. Sa proposition est politique : il pointe les risques d'une liberté indexée sur l'individualisme, et d'une psychologie organisée autour de l'hypostase du "sujet absolu" et de la "conscience de soi". Dans des pages que ne renieraient pas les critiques actuelles les plus radicales sur l'école, il met en garde contre les formes de l'"apprendre" qui négligent les "faits hérétiques", les faits "chiendent", ceux qui résistent à la "sélection". Il suggère de respecter le hasard, et le tacite, dont il reprend la notion à Ludwig Wittgenstein. Il interroge un commun coutumier, indissociable de la pratique qui consiste à "asiler" l'humain, celui en qui la mémoire d'éducation n'aurait pas totalement supplanté la mémoire d'espèce... Dans une postface généreuse et éclairante organisée en trois parties, Pierre Macherey répond en quelque sorte, lui, à l'inquiétude du travailleur social. Dépliant l'écriture de Deligny sans l'expliquer, proposant de lui reconnaître son étrangeté, il souligne la parenté entre la langue et les thèmes abordés : I'"entre", de préférence aux grandes totalisations ; l''"énigme", qui appelle le silence. Puis il analyse l'une des lettres, dont il dégage en particulier le thème de l'"aller ligne" - formule reprise à Henri Michaux -, en montrant qu'elle conduit Deligny de "la simple évocation d'une file d'enfants" à des considérations de portée "tendanciellement cosmique". Il propose enfin un florilège de citations de Lettres à un travailleur social, associées et commentées de manière à en faire apparaître clairement la trame et les principales lignes de force.
Ce livre témoigne d'une réflexion menée pendant une dizaine d'années sur le travail. Il porte la trace d'un déplacement d'accent qui ne doit pas être effacé : l'hésitation qu'il recèle est en elle-même un enjeu. En effet, passer d'une reconnaissance de la dimension émancipatrice du travail comme lieu de désobéissance possible à l'accentuation de son lien à la mort, au négatif, présent dès le départ mais qui l'emporte de plus en plus dans le contexte néolibéral, ce n'est pas changer d'avis sur la signification de la dimension laborieuse de l'existence sociale, mais accepter qu'elle soit le lieu d'une contradiction pour l'instant insoluble. Au lieu d'opposer les deux libérations du travail, celle où le travail se libère et celle où l'on s'en libère, il faut sans doute essayer de penser comment on ne peut se libérer du travail qu'en le libérant. La question cruciale est de savoir laquelle des deux libérations domine l'autre, ou laquelle s'effectue sous domination de l'autre. Disons que l'orientation de ces réflexions penche plutôt vers l'idée que, dans le contexte d'une lutte politique, la libération du travail, sa réorganisation, ne devrait se faire que dans la perspective de son abolition, mais que cette abolition ne peut s'amorcer que sur la base de sa réorganisation, ou de sa désorganisation... Par ailleurs, les destructions à l'oeuvre dans le monde du travail ne peuvent aucunement être confondues avec l'abolition du travail, elles en constituent plutôt une métamorphose qui déploie au maximum sa négativité, et qui renforce le travail tout en le dépassant. Souligner cette perspective, c'est faire apparaître du même coup d'autres orientations, dans lesquelles son dépassement pourrait oeuvrer au contraire à son abolition.