Célébré de son vivant, François Gérard a divisé la critique après son décès. Pour Baudelaire, en 1846, il n'avait laissé que la réputation d'un homme aimable et très spirituel. En 1865, Charles Blanc considérait que le maître avait quelquefois dans ses portraits usé avec peu de discrétion de l'art de la mise en scène, donnant plus d'importance au "côté extérieur" de la composition, et cela aux dépens du sentiment et de la vérité. Gérard semblait s'être avant tout préoccupé de faire jouer aux personnages qui posaient devant lui un rôle conforme à celui qu'ils tenaient dans le monde. Et pour mieux réussir, il avait entouré ses modèles d'un luxe surabondant de détails et d'attributs. Une telle opinion a longtemps prévalu. Aujourd'hui encore, si David, Prud'hon, Girodet, Gros et Ingres portraitistes continuent d'être adulés, Gérard semble le grand oublié. Il n'a jamais eu droit ni à l'exposition ni à la monographie qui auraient permis de reconsidérer son travail. En réunissant dans cet ouvrage un peu plus de soixante-dix portraits, tant peints que dessinés, nous invitons enfin à redécouvrir François Gérard et à juger de son talent ou de ses faiblesses.
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Nombre de pages
247
Date de parution
16/04/2014
Poids
1 096g
Largeur
220mm
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EAN
9782711862108
Titre
FRANCOIS GERARD-PEINTRE DES ROIS, ROI DES PEINTRES - PORTRAITISTE
Le 27 juin 1861, Napoléon III et Eugénie recevaient avec faste au château de Fontainebleau une ambassade du roi de Siam, Rama IV. L'influence française en Asie était en jeu et l'empereur souhaitait égaler en prestige la précédente rencontre diplomatique, en 1686, entre Louis XIV et les envoyés du monarque Phra Naraï. En présence des dignitaires de l'Empire, la réception des ambassadeurs eut lieu dans la salle de Bal de Fontainebleau, où l'on exposa les cadeaux du roi Rama IV. Or et pierres précieuses, objets symboliques de la dignité royale avaient été choisis pour témoigner du talent et du savoir-faire des artistes siamois. Afin de garder la mémoire de l'événement, on passa commande au peintre Jean-Léon Gérôme, il livra en 1864 une toile monumentale qui fut présentée au Salon de 1865. Les portraits des membres de la cour, comme l'exotisme du protocole et des costumes et la contenance élégante et courtoise de la famille impériale y font l'objet de tous les soins de l'artiste. Les textes de l'ouvrage éclairent les. conditions politiques et économiques de lai rencontre et les circonstances du séjour en France de ces ambassadeurs venus de si loin. Les illustrations des somptueux cadeaux conservés encore aujourd'hui au château de Fontainebleau, les études et détails du tableau de Gérôme redonnent vie à l'évènement.
Le 2 juin 1861, L'Asmodée accoste à Toulon, avec à son bord une délégation de trois ambassadeurs et leur suite, venus présenter les lettres des rois de Siam à l'empereur Napoléon III: la cérémonie est prévue le 27 juin au château de Fontainebleau. Le séjour des ambassadeurs en France, qui s'achèvera le 28 septembre, se déroule parmi une foule de badauds ébahis. Les journaux s'empressent de couvrir les péripéties du voyage, font la relation quotidienne des festivités, s'étonnent de l'importance des bagages - quarante-huit caisses contenant les unes des pierres précieuses, les autres des piments confits... Comment peut-on être siamois? L'auteur commente, à l'aide de témoignages de l'époque, l'idée que la France du Second Empire se fait d'elle-même et de "l'Autre", sur les fondements d'une jeune science anthropologique grisée par les conquêtes coloniales. Nous y lisons aussi, en filigrane de la fastueuse réception des ambassadeurs par la famille impériale à Fontainebleau, les enjeux politiques et les tensions internationales de l'époque, qui éclateront en conflits en Europe et dans le monde.
Je commence à savoir peindre. Il m'a fallu plus de cinquante ans de travail pour arriver à ce résultat, bien incomplet encore ", déclarait Pierre Auguste Renoir (1841-1919) en 1913. Cette même année, Guillaume Apollinaire faisait l'éloge de celui qu'il considérait comme " le plus grand peintre vivant ". Au début du XXe siècle, Renoir jouit d'un prestige incontesté sur la scène artistique. On salue la figure emblématique de l'impressionnisme des années 1870, mais aussi la jeunesse d'un maître capable de dépasser et de renouveler un mouvement de plus en plus largement accepté. Renoir invente un art qu'il veut classique et décoratif. Henri Matisse, Pablo Picasso, mais aussi Pierre Bonnard ou Maurice Denis professent leur admiration pour Renoir, et en particulier pour sa " dernière manière ", celle du tournant du XXe siècle. De grands amateurs de l'art moderne, tels Leo et Gertrude Stein, Albert Barnes, Louise et Walter Arensberg ou encore Paul Guillaume, le collectionnent aux côtés de Cézanne, Picasso ou Matisse. Accompagnant l'exposition, cet ouvrage revient sur ces années fécondes et invite à redécouvrir sous un jour neuf près d'un quart de la carrière de Renoir. Il constitue la première publication jamais parue sur ce sujet.
Selon l'un de ses premiers biographes, le peintre Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) "s'adonna au genre érotiques dans lequel il réussit parfaitement". Artiste éminent de la scène parisienne de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Fragonard aborda tous les genres avec bonheur, mais on a très vite considéré que la thématique amoureuse tenait une importance particulière dans son oeuvre. Sa production dans cette veine a souvent été réduite à la formidable énergie sensuelle de ses ouvres licencieuses des années 1765-1775. Dès le XIXe siècle, Jules Renouvier rapportait en effet cette formule caractéristique du peintre qui "disait dans un langage qu'on doit lui laisser sans périphrase parce qu'il est de lui "je peindrais avec mon cul"". Mais l'inspiration amoureuse qui parcourt Pieuvre protéiforme et généreuse du "divin Frago" apparaît infiniment plus riche et subtile. Alors que les Lumières accordent une place nouvelle aux sens et a la subjectivité et que le jeune genre romanesque en plein essor (entre Crébillon, Rousseau et Choderlos de Laclos) place l'amour au cour des fictions, Fragonard va décliner sur sa toile ou sous ses crayons les mille variations du sentiment à l'unisson de son époque. C'est son parcours que l'on va suivre entre les derniers feux de l'amour galant et le triomphe du libertinage jusqu'à l'essor d'un amour sincère et sensible, déjà "romantique".