Pour ce premier volume de sa collection consacré à Isidore Isou, écartant l'approche chronologique qui ne rend pas compte des fulgurances de ce personnage hors norme, et non plus des longues périodes d'interruption de sa production, Éric Fabre a fait le choix d'une approche thématique. C'est que, afin de se livrer à d'autres activités que l'art comme l'étude des mathématiques, de la biologie, de la médecine ou de l'économie politique, Isou laisse ses chantiers artistiques ouverts, quitte à les reprendre des années plus tard. François Coadou, qui a publié et commenté les Lettres de Guy Debord à Marcel Mariën, trace ici un portrait intellectuel et spirituel de l'artiste. Il propose, entre autres choses, une réponse intelligente et circonstanciée à la question pernicieuse posée par Asger Jorn dans L'Internationale situationniste, n° 4 : « S'agit il d'un système religieux ou bien artistique ? » Éric Fabre a choisi pour sa part de commenter les peintures polémiques présentées à la galerie Namher en 1962 et Roland Sabatier, l'un des principaux protagonistes de la manifestation de la « danse ciselante » au théâtre de l'Ambigu en 1965, nous en rend compte ici, photos à l'appui.François Coadou enseigne la philosophie à l'École nationale supérieure d'art de Limoges et l'histoire de l'art à l'Université de Limoges. Il a récemment édité la correspondance entre Guy Debord et Marcel Mariën (La Nerthe, 2015) et dirigé des ouvrages collectifs sur Guy Debord et Isidore Isou (Art Book Magazine éditions, 2017).Éric Fabre a été galeriste de 1974 à 1997. En 1986 Jim Palette, le nom de plume du journaliste à Libération du lettriste Jean-Pierre Gillard, lui fait rencontrer Isidore Isou par l'intermédiaire de son secrétaire Roland Sabatier. Il a ouvert à Bruxelles, avec son fils Ferdinand Fabre, un lieu d'exposition, le Garage Cosmos qui montre fréquemment les artistes lettristes.Roland Sabatier rejoint le groupe lettriste en 1963 et participe depuis aux activités de ce mouvement dans le cadre duquel il aborde conjointement les arts sonores, le théâtre, le cinéma, le roman, la peinture, etc.
Nombre de pages
301
Date de parution
17/01/2020
Poids
1 580g
Largeur
246mm
Plus d'informations
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EAN
9782873175405
Titre
Isidore Isou. Edition bilingue français-anglais
ISBN
2873175400
Auteur
Coadou François ; Sabatier Roland ; Fabre Eric
Editeur
LETTRE VOLEE
Largeur
246
Poids
1580
Date de parution
20200117
Nombre de pages
301,00 €
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Une idée reçue en vogue aujourd'hui : l'art et la culture seraient des choses bonnes en soi. L'ouvrage attaque ces deux valeurs et propose l'hypothèse qu'elles relèveraient d'une idéologie au sens marxiste du terme. L'objectif est de réenvisager les deux notions comme deux objets historiques et idéologiques que traversent parfois des intérêts communs, parfois antagonistes.
Coadou François ; Lucas-Gary Amélie ; Pilven Margu
Thomas Lanfranchi est l'un de ces artistes rares dont on guette avec un intérêt toujours renouvelé la moindre manifestation. Avec la même opiniâtreté qu'y mettrait un savant, il mène depuis des années une même recherche, en marge des grands circuits spectaculaires, quelque part aux confins - et au point instable, sinon même improbable où ils se croisent - de la sculpture, de la performance et du dessin. Partons de la première : Thomas Lanfranchi réalise de grandes formes géométriques. Nul marbre ici cependant, ni rien qui s'en approche. Il prend au rebours les fantasmes de pérennité, de solidité, de masse qui hantent encore souvent la sculpture. Ces formes, en effet, il les fabrique à partir de sacs plastiques, aux couleurs que lui propose l'industrie. Le geste du sculpteur, chez lui, n'est plus que dans la découpe et que dans l'assemblage, à l'aide d'un ruban adhésif, de cette pauvre et fragile membrane. Il appelle pour qu'elle se réalise l'apport d'un élément autre : le vent. Il faut que cela gonfle et s'envole. Et c'est toujours une aventure de voir ses formes s'élever et se découper sur le paysage, à peine retenues à terre par quelques fils. Parfois cela tient - fût-ce pour ce temps par définition court que dure l'évènement -, parfois cela craque d'emblée. L'artiste a beau déployer de patients calculs pour réaliser ses pièces, elles doivent toujours faire face, en situation, aux aléas des forces naturelles. En même temps qu'elle s'encanaille ainsi avec la performance, la sculpture, réduite à cette membrane, engage aussi chez Thomas Lanfranchi un rapport essentiel au dessin : pour déployer qu'il soit dans l'espace et quand bien même il est de plastique, c'est bien un trait, en effet, qui fait pièces. Et c'est par là que ce premier aspect de l'oeuvre - la sculpture pour le redire vite et employer ce qu'on vient de voir n'être qu'une facilité de langage - en rejoint un second : une pratique plus classique du dessin. Plus classique, au double sens où elle se fait sur le papier et où elle accompagne, celle-là, l'artiste tous les jours. Y défilent des animaux, des personnages, découpés - point de hasard - dans les mêmes sacs plastiques, que reprend et complète le crayon.
Guide pratique de la performance comme outil pédagogique et comme expérience transformatrice de vie par une performeuse franco-brésilienne internationalement reconnue, ce manuel ne se contente pas de réflexions pratiques. C'est un guide pédagogique, pour la pratique, la réflexion et la vie. Pour Tania Alice, la pédagogie est une expérience transformatrice, pour l'élève ou l'étudiant mais aussi pour le professeur, une expérience axée sur le changement. La pédagogie est une pratique collaborative, c'est ensemble qu'on se lance dans l'aventure. Nombre d'ouvrages récents consacrés à la performance se réfugient derrière une autoréférentialité complexe et une théorie nébuleuse. Ce n'est pas le cas de ce livre. Pour Tania Alice, l'art est toujours une rencontre, peu importe entre qui, un échange d'affects, à mille lieues d'une discussion entre initiés. Par ses interventions, elle tente d'extraire ces affects des structures de pouvoir régnantes pour aboutir à de nouvelles formes de subjectivité.Tania Alice est une performeuse franco-brésilienne née en 1976. Elle est directrice artistique des Performers sans Frontières de l'Université fédérale de l'État de Rio de Janeiro, où elle enseigne la performance et mène une recherche sur les actions artistiques participatives en zones de trauma. Docteur en Lettres et Arts de l'Université de Provence, elle a publié, entre autres, Performance como Revolução dos Afetos (São Paulo, Annablume, 2016) et Manual para performers e não-performers (Rio de Janeiro, Multifoco, 2020) et a été artiste-chercheuse invitée dans de nombreuses institutions internationales, dont l'Université libre de Bruxelles.