Rien de tel que le scalpel de l'observation ethnographique pour renouveler les questions parfois les plus rebattues comme celles soulevées par la relation des Kanak à l'enseignement venu de France. Le regard rapproché de Pierre Clanché nous y engage en restituant des faits, sans concession aux idéologies auxquelles ce sujet ouvre en général des boulevards de bons (ou de mauvais) sentiments. Pierre Clanché a partagé par intermittence mais dans la longue durée (entre 1994 et 2007) le quotidien d'un couple d'instituteurs kanak, de leurs enfants et aussi d'une partie de leurs élèves. L'enjeu scientifique de cette démarche est de comparer les modes de transmission habituels au sein de l'espace social kanak avec ceux mis en oeuvre dans leurs classes (de la maternelle au CM2) par des enseignants kanak. Ces derniers se doivent en effet d'inculquer le programme scolaire français à des enfants majoritairement originaires du même village et parlant la même langue océanienne qu'eux (le paicî). En se tenant concrètement à la croisée de deux exigences, celle des savoirs et savoir-faire qui façonnent les hommes et les femmes kanak dans leur espace de résidence et celle qu'impose l'Education nationale française depuis Jules Ferry, Pierre Clanché nous plonge dans une réalité sociale, éducative et politique déconcertante, parfois sidérante même, en tout cas méconnue des spécialistes des problèmes de l'enseignement en Nouvelle-Calédonie. Extrait de la préface d'Alban Bensa.
Nombre de pages
360
Date de parution
07/06/2017
Poids
570g
Largeur
160mm
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EAN
9782811116590
Auteur
Clanché Pierre ; Bensa Alban
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20170607
Nombre de pages
360,00 €
Disponibilité
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Convoquant un large éventail de disciplines, l'anthropologue Needham livre une réflexion sur la croyance (belief), et conteste l'usage irréfléchi du terme par les ethnologues, comme si les croyances de l'Autre allaient de soi. Incapable d'exprimer, au cours d'un rêve, la proposition " je crois en Dieu " dans la langue d'une population de Bornéo, les Penan, Rodney Needham entame une longue réflexion sur la croyance, qui vise à répondre à ce double questionnement : " La croyance est-elle une expérience ? ", et plus largement, " la capacité de croire constitue-t-elle une ressemblance naturelle entre les hommes " ? Derrière cette interrogation, auquel il répond in fine par la négative, se profile une critique de l'usage irréfléchi du concept par les ethnologues, comme si les croyances de l'Autre allaient de soi. En s'appuyant sur Wittgenstein, Needham dissèque le concept, aussi bien à travers l'histoire lexicale du terme anglais " belief ", intraduisible dans d'autres langues, que par l'examen d'écrits philosophiques qui, de Hume à Kant, n'ont pas conduit à une compréhension stable et convaincante de la notion, ou encore par une tentative poussée mais infructueuse de délimiter des critères de croyance. Convoquant un large éventail de disciplines, l'ouvrage est d'autant plus essentiel à l'anthropologie en ce qu'il contribue, au-delà de la question de la croyance, à une entreprise de contestation de l'idée d'une universalité a priori des modes et catégories de la pensée humaine, déjà mise en lumière par Lévy-Bruhl. Cette première traduction en français proposée par Pierre Clanché restitue, dans une langue très fluide, toute la dimension sémantique de ce texte d'une grande richesse.
Salin Marie-Hélène ; Clanché Pierre ; Sarrazy Bern
Cet ouvrage s'intéresse aux diverses contributions de la Théorie des situations didactiques à l'enseignement des mathématiques, de la maternelle à l'université, mais aussi aux usages qui en ont été faits dans d'autres disciplines.La théorie des situations, élaborée par Guy Brousseau à la fin des années 60, a permis l'émergence et la reconnaissance d'une nouvelle discipline scientifique: la didactique des mathématiques. Cette théorie, par l'importance des travaux qu'elle a permis de développer, est aujourd'hui internationalement reconnue puisque son auteur, titulaire de deux Doctorats Honoris Causa (Université de Montréal en juin 1997 et Université de Genève en juin 2004), a été le premier récipiendaire de la Médaille Félix Klein. Ce prix, attribué par l'International Commission on Mathematical Instruction (ICMI) et récompensant l'oeuvre d'une vie dans la recherche en didactique des mathématiques, lui a été décerné à Copenhague en juillet 2004. Cet ouvrage s'ouvre sur une série de cinq entretiens de G. Brousseau avec des spécialistes de diverses disciplines (psychologie, mathématiques, psychanalyse...). Ces échanges extrêmement riches par la diversité des regards portés sur la théorie des situations constituent autant de points d'entrée dans cette théorie et permettent de marquer la contribution de cette théorie à l'étude des phénomènes d'enseignement; ils sont aussi l'occasion pour l'auteur de préciser des aspects importants de son oeuvre. Suit ensuite un ensemble de textes qui, au-delà de leurs visées respectives (scientifique, théorique, réflexive...), de la variété de leur champ de recherche (élémentaire, université...), permettent de souligner l'extraordinaire fécondité de cette théorie à l'enseignement.Ainsi, cet ouvrage devrait constituer une voie d'accès privilégiée pour les chercheurs, professeurs formateurs ou étudiants, par la diversité des entrées qu'il propose à la lecture et à la compréhension d'un modèle d'analyse des processus d'enseignement.
Présentation de l'éditeur Entre octobre 2012 et mai 2013, les catholiques ont été en première ligne dans le débat autour de la loi Taubira ouvrant le mariage aux couples homosexuels. Certains observateurs ont pensé que tous étaient mobilisés contre le Mariage pour tous. Mais qui sait ce qui s'est réellement joué dans le monde catholique? À partir des textes officiels et, surtout, des témoignages de catholiques de tous bords, ecclésiastiques et laïques, l'auteur révèle pourquoi la Conférence des évêques a laissé se dérouler une mobilisation si clivante et si dangereuse pour l'unité de la communauté. Il raconte comment certains prêtres ont blessé, par leur propos, des familles concernées par l'homosexualité et déjà en difficulté dans les communautés chrétiennes ; comment, au sein même des foyers, la parole officielle a souvent étouffé le débat. Il explique aussi pourquoi les voix " progressistes " ont eu tant de mal à se faire entendre. Une enquête de terrain inédite qui jette les bases d'une réflexion incontournable : comment les catholiques vont-ils pouvoir dépasser cette rupture ? Et quelle sera l'Église de demain ...
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.