L'esclavage, du souvenir à la mémoire. Contribution à une anthropologie de la Caraïbe
Chivallon Christine
KARTHALA
36,00 €
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EAN :9782811106898
Cet ouvrage propose une étude de grande envergure, première du genre. sur la mémoire et le souvenir de l'esclavage. En analysant les débats politiques et académiques des vingt dernières années, l'auteur dégage deux approches: celle du soupçon politique (victimisation, instrumentalisation, surenchère) et celle du doute anthropologique (fragilité, absence, vide). Ayant établi ce constat, Christine Chivallon part alors à la recherche des traces du souvenir de l'esclavage, ainsi que des témoins qui les transmettent. pour comprendre la teneur des expressions mémorielles issues de l'expérience esclavagiste. L'étude de l'Insurrection du sud, qui a opposé, à la Martinique, anciens maîtres et anciens esclaves, en 1870, au moment de l'instauration de la Troisième République, forme le pivot de ce parcours. Elle permet de reconstituer une scène primordiale de violence et d'en trouver les expressions transmises au sein des descendants des insurgés, témoins d'aujourd'hui. L'approche de cet événement fondateur fournit l'occasion d'aller bien au-delà de la découverte de récits de mémoire minorés pour explorer les différentes manières de transmettre, de s'emparer ou "d'incorporer" le passé, dans un contexte (post)colonial, formé dans la double matrice de l'esclavage et de la République. Pourtant, cette recherche dépasse largement le cadre empirique de la Martinique, en établissant des connaissances sur la Caraïbe et en construisant des interprétations théoriques, autant sur les faits de mémoire que sur les expériences historiques liées aux conditions coloniales esclavagistes et à leurs devenirs.
Nombre de pages
618
Date de parution
30/08/2012
Poids
890g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811106898
Auteur
Chivallon Christine
Editeur
KARTHALA
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160
Date de parution
20120830
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618,00 €
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Migrations, diasporas, communautés : autant de notions, autant de concepts - pour le moins ambigus - qui concernent les populations noires des Amériques et s'inscrivent au c'ur des grands débats actuels. Comment en effet envisager la notion de " diaspora " lorsque l'on est confronté à un tissu complexe de cultures diverses ? Comment parler de " communauté " lorsque des peuples ne semblent se conformer à aucun modèle stable d'identité, pas même à celui réputé dynamique de l'" hybridité " ? Utilisant les incertitudes de la notion de " diaspora ", les ambiguïtés de son usage, Christine Chivallon s'appuie sur les faiblesses du concept pour proposer une approche inédite de la complexité des cultures noires américaines et tenter de cerner dans leur pluralité les lignes de force enjeu. Centré sur des exemples puisés dans la Caraïbe, l'ouvrage opère un va-et-vient entre théories et expériences sociales. Il envisage l'histoire de la transportation aux Amériques, la matrice des sociétés de plantations, les résistances culturelles des esclaves et de leurs descendants, les situations migratoires récentes depuis les Amériques, les diverses élaborations culturelles... C'est, semble-t-il, grâce à un questionnement frontal de la diversité, que des éléments d'interprétation de ce vaste ensemble culturel peuvent être apportés. L'auteur propose une conception où la juxtaposition et l'association de registres culturels contradictoires forment un agencement qui est à mettre en rapport avec nue approche du monde noir comme forme résistante à toute culture érigée en système. Aucune thèse, qu'elle défende une " africanité " ou au contraire une " hybridité " des peuples, ne saurait être retenue si elle envisage un seul modèle d'identité et ignore cette composition particulière issue du rapport historique à la violence esclavagiste. À l'heure où les cultures fondées sur l'esclavage et où la notion de " diaspora " font l'objet d'une attention particulière au sein de la communauté scientifique, comme du grand public, cet ouvrage critique, informé par les théories les plus récentes, notamment anglophones, fournit une référence solide pour qui s'intéresse autant à la notion de diaspora dans ses versions classiques et postmodernes qu'au monde noir des Amériques.
Ce texte propose une traversée critique des "nouveaux matérialismes" en se concentrant sur le "tournant ontologique" qui en constitue la principale composante. Après avoir dressé une généalogie de l'arrivée de ces nouveaux matérialismes et défini en quoi consistait leur "nouveauté", l'autrice envisage les contradictions sur lesquelles ils butent. Préoccupé à rendre compte de la pluralité des mondes sur la base du rejet du partage "nature/culture", ce nouveau discours produit des notions qui peuvent apparaître comme des substituts à celles rejetées. En lien avec la menace de "l'effondrement", les ontologies "indigènes" reçoivent une attention démultipliée, en tant qu'exemplaire de l'hybridité des mondes humains et non-humains et interrogent le maintien d'un savoir anthropologique hégémonique et colonial. En faisant intervenir "l'inhumain", comme pratique au coeur de la modernité occidentale dès l'établissement de l'esclavage, le texte propose une autre approche où l'humain est réinvesti pour dépasser le binôme humain/non-humain qu'ont créé ces nouveaux matérialismes et où sont rétablis les rapports de pouvoir que semble perdre de vue le tournant ontologique. C'est avec la notion de "plantationocène", outil critique de l'anthropocène, que se termine cette exploration des concepts. Par la prise en compte résolue de l'esclavage dans la formation de la modernité et dans la définition de subjectivités dissidentes qui en a résulté, la "plantationocène" réintroduit le politique dans les analyses et se révèle ainsi la plus féconde pour le futur de la recherche. Un livre qui dresse l'état de la recherche sur ces questions, indispensable pour les chercheurs, les étudiants et tous ceux qui s'intéressent à l'anthropologie et au débat autour des notions d'anthropocène, de plantationocène et d'effondrement.
Eyene Christine ; Chivallon Christine ; Théodat Je
La diaspora africaine est née de l'esclavage et trouve son origine dans le " Nouveau Monde ". mais une succession de moments historiques - colonisation, décolonisation, immigration, mondialisation - en ont à la fois ouvert la définition et modifié la cartographie. Africultures a conçu ce dossier en partenariat avec le musée du quai Branly, à l'occasion de l'exposition " Diaspora " qu'il a présenté du 2 octobre 2007 au 6 janvier 2008. Ces contributions complètent l'exposition en approfondissant l'histoire, la théorie et l'expérience des diasporas africaines. Combinant une multiplicité de regards et de réflexions d'universitaires, d'artistes et de professionnels de la culture, ce dossier donne enfin la parole à la diaspora du XXIe siècle, dans toute sa diversité identitaire.
Les diasporas composent l'une des formes de relations sociales qui laisse imaginer les modalités en émergence de notre rapport au monde, tant du point de vue de la relation à l'Autre que du lien à l'Etat. Allégeance, retour, réseau, nationalisme, exil, médias communautaires, globalisation, appartenance, temps long, héritage, identification sont autant de thèmes et de notions qui ont cristallisé la réflexion de spécialistes, français et étrangers, des diasporas. Cet ouvrage se donne pour but d'offrir au lecteur la photographie d'un champ de recherche établie au fil d'un dialogue scientifique de trois ans sur le thème "Interroger les diasporas, comprendre les constances et les mobilités". Outre l'élaboration d'une problématique, les textes restituent les contours dynamiques d'un domaine d'étude avec la diversité d'approches à laquelle "la ferveur diasporique" a donné lieu. On ne peut que constater la fortune du terme "diaspora" et son utilisation de plus en plus élargie. Dire la diaspora c'est dire la dispersion, mais l'usage décuplé du terme renouvelle aussi les interrogations sur cette organisation sociale et la dimension spatiale qu'elle implique. C'est sous cet angle que sont abordées, entre autres, les diasporas protestante, turque, africaine, grecque, roumaine, caribéenne, arménienne et juive.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.