L'humain - L'inhumain. L’impensé des nouveaux matérialismes (matérialité, ontologie, plantationocène
Chivallon Christine ; Dorlin Elsa
ATLANTIQUES DEC
12,00 €
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EAN :9782492182105
Ce texte propose une traversée critique des "nouveaux matérialismes" en se concentrant sur le "tournant ontologique" qui en constitue la principale composante. Après avoir dressé une généalogie de l'arrivée de ces nouveaux matérialismes et défini en quoi consistait leur "nouveauté", l'autrice envisage les contradictions sur lesquelles ils butent. Préoccupé à rendre compte de la pluralité des mondes sur la base du rejet du partage "nature/culture", ce nouveau discours produit des notions qui peuvent apparaître comme des substituts à celles rejetées. En lien avec la menace de "l'effondrement", les ontologies "indigènes" reçoivent une attention démultipliée, en tant qu'exemplaire de l'hybridité des mondes humains et non-humains et interrogent le maintien d'un savoir anthropologique hégémonique et colonial. En faisant intervenir "l'inhumain", comme pratique au coeur de la modernité occidentale dès l'établissement de l'esclavage, le texte propose une autre approche où l'humain est réinvesti pour dépasser le binôme humain/non-humain qu'ont créé ces nouveaux matérialismes et où sont rétablis les rapports de pouvoir que semble perdre de vue le tournant ontologique. C'est avec la notion de "plantationocène", outil critique de l'anthropocène, que se termine cette exploration des concepts. Par la prise en compte résolue de l'esclavage dans la formation de la modernité et dans la définition de subjectivités dissidentes qui en a résulté, la "plantationocène" réintroduit le politique dans les analyses et se révèle ainsi la plus féconde pour le futur de la recherche. Un livre qui dresse l'état de la recherche sur ces questions, indispensable pour les chercheurs, les étudiants et tous ceux qui s'intéressent à l'anthropologie et au débat autour des notions d'anthropocène, de plantationocène et d'effondrement.
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Nombre de pages
91
Date de parution
08/11/2022
Poids
89g
Largeur
110mm
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EAN
9782492182105
Titre
L'humain - L'inhumain. L’impensé des nouveaux matérialismes (matérialité, ontologie, plantationocène
Auteur
Chivallon Christine ; Dorlin Elsa
Editeur
ATLANTIQUES DEC
Largeur
110
Poids
89
Date de parution
20221108
Nombre de pages
91,00 €
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Résumé : Migrations, diasporas, communautés : autant de notions, autant de concepts - pour le moins ambigus - qui concernent les populations noires des Amériques et s'inscrivent au c?ur des grands débats actuels. Comment en effet envisager la notion de " diaspora " lorsque l'on est confronté à un tissu complexe de cultures diverses ? Comment parler de " communauté " lorsque des peuples ne semblent se conformer à aucun modèle stable d'identité, pas même à celui réputé dynamique de l'" hybridité " ? Utilisant les incertitudes de la notion de " diaspora ", les ambiguïtés de son usage, Christine Chivallon s'appuie sur les faiblesses du concept pour proposer une approche inédite de la complexité des cultures noires américaines et tenter de cerner dans leur pluralité les lignes de force enjeu. Centré sur des exemples puisés dans la Caraïbe, l'ouvrage opère un va-et-vient entre théories et expériences sociales. Il envisage l'histoire de la transportation aux Amériques, la matrice des sociétés de plantations, les résistances culturelles des esclaves et de leurs descendants, les situations migratoires récentes depuis les Amériques, les diverses élaborations culturelles... C'est, semble-t-il, grâce à un questionnement frontal de la diversité, que des éléments d'interprétation de ce vaste ensemble culturel peuvent être apportés. L'auteur propose une conception où la juxtaposition et l'association de registres culturels contradictoires forment un agencement qui est à mettre en rapport avec nue approche du monde noir comme forme résistante à toute culture érigée en système. Aucune thèse, qu'elle défende une " africanité " ou au contraire une " hybridité " des peuples, ne saurait être retenue si elle envisage un seul modèle d'identité et ignore cette composition particulière issue du rapport historique à la violence esclavagiste. À l'heure où les cultures fondées sur l'esclavage et où la notion de " diaspora " font l'objet d'une attention particulière au sein de la communauté scientifique, comme du grand public, cet ouvrage critique, informé par les théories les plus récentes, notamment anglophones, fournit une référence solide pour qui s'intéresse autant à la notion de diaspora dans ses versions classiques et postmodernes qu'au monde noir des Amériques.
Eyene Christine ; Chivallon Christine ; Théodat Je
La diaspora africaine est née de l'esclavage et trouve son origine dans le " Nouveau Monde ". mais une succession de moments historiques - colonisation, décolonisation, immigration, mondialisation - en ont à la fois ouvert la définition et modifié la cartographie. Africultures a conçu ce dossier en partenariat avec le musée du quai Branly, à l'occasion de l'exposition " Diaspora " qu'il a présenté du 2 octobre 2007 au 6 janvier 2008. Ces contributions complètent l'exposition en approfondissant l'histoire, la théorie et l'expérience des diasporas africaines. Combinant une multiplicité de regards et de réflexions d'universitaires, d'artistes et de professionnels de la culture, ce dossier donne enfin la parole à la diaspora du XXIe siècle, dans toute sa diversité identitaire.
Comment, sous quelles conditions, et à quel degré les grands récits faits d'usages politiques du passé, souvent héroïques ou "héroïsés" , ont pénétré, métamorphosé et forgé la mémoire collective des insulaires ? De manière inédite, cet essai dresse, à partir de divers exemples riches en matériaux archivistiques, empiriques et iconographiques issus du territoire insulaire, un portrait complet de la mémoire en Corse du XVIIIe siècle à nos jours. Après avoir confronté l'histoire officielle, promue, diffusée et enseignée par la sémantique mémorielle institutionnelle : la commémoration, le discours, la statuaire, l'école etc. , avec les représentations populaires du passé, l'auteur étudie la question de la fabrication de la mémoire. En articulant sa réflexion autour de la problématique suivante, il révèle un enchevêtrement de récits, alternant en fonction des temporalités politiques, qui entraînent à la fois concurrence mémorielle et conflictualité. Mettant alors l'accent sur l'usage politique des grandes personnalités et familles de l'île, cet essai questionne le rapport particulier que la Corse et les Corses entretiennent avec la figure du héros. Entre le discours politique et institutionnel insulaire qui mobilise systématiquement les figures héroïques, gage d'un passé glorieux -, et la mémoire populaire au sein de laquelle le souvenir d'une vie rurale et pénible prédomine, l'écart semble de plus en plus grand.
Un essai qui propose une analyse critique de la suppression de la série littéraire et la modification du programme de philosophie dans l'enseignement secondaire français à compter de l'année scolaire 2020-2021. Derrière une énième "réforme" de l'Education nationale, Harold Bernat s'attelle à démontrer que nous faisons face à un vaste programme anthropologique qui, par la liquidation de la force critique la philosophie et la transformation des professeurs en simples pourvoyeurs de culture générale, oeuvre au désarmement intellectuel des élèves pour les abandonner à l'asservissement du marché. Face à cette casse de l'Ecole républicaine menée au nom des logiques de l'entreprise privée, face à cette trahison de la République, l'auteur exhorte au combat pour la sauvegarde de l'esprit critique et pour le rétablissement d'une formation humaniste qui, seule, permet l'autonomie intellectuelle et morale des individus. Il s'agit de rendre les armes de la raison et de l'analyse aux citoyens afin qu'ils puissent lutter contre les stratégies de pouvoir et les systèmes de domination.
Rosan Girard est le leader politique guadeloupéen le plus considérable de la deuxième moitié du 20e siècle. A rebours de la loi de départementalisation de 1946, Rosan Girard militait pour l'instauration d'un pouvoir législatif local, mais dans le cadre d'une association avec la République française. Cette volonté de penser une libération ancrée au réel du peuple guadeloupéen en s'affranchissant de tout dogme l'entraînera à l'écart, à la fois du parti communiste et de la mouvance indépendantiste née au début des années 60. Homme d'idées et d'idéal, non de pouvoir, Rosan Girard mourra en exil, en rupture avec le rythme d'une terre natale à laquelle il a pourtant consacré sa vie, ses pensées et son espérance révolutionnaire. Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette étude, initialement publiée en 1993 et depuis épuisée, a été entièrement actualisée et enrichie afin d'offrir une réflexion de fond sur l'histoire politique de la Guadeloupe, cette si vieille colonie de la France.
Huit nouvelles qui emmènent le lecteur en Haïti pour vivre, à travers la fiction, le réel du pays bloqué (peyi lòk) des toutes dernières années. L'imaginaire comme recours face au silence et à la folklorisation qui entourent la situation haïtienne. Pari que la littérature, par sa capacité de mise en immersion, est à même de donner à voir - et par là de commencer à faire comprendre - tout à la fois l'autoritarisme du pouvoir, la mobilisation populaire pour les droits politiques, les droits sociaux et de meilleures conditions d'existence, les diffcultés d'approvisionnement en biens de première nécessité et puis, omniprésente, la violence. La violence de la police et des gangs contre toutes celles et tous ceux qui font obstacle à la mise en coupes réglées du pays.
Jacques Roumain fut à la fois un immense poète, un grand écrivain et un homme engagé de tout son être dans la lutte politique. Fondateur du Parti communiste haïtien, il lutta jusqu'à son dernier souffle pour la liberté du peuple haïtien contre l'occupation états-unienne, pour la justice sociale, contre tous les impérialisme et tous les fascismes. Ses analyses et ses appels à la résistance contre toutes les oppressions présentent un double intérêt pour le lecteur d'aujourd'hui : aborder la période des années 30 à travers le regard d'un homme issu d'un pays d'immense culture au carrefour de trois continents et retirer les leçons, au présent, des combats passés d'un guerrier perpétuel pour la dignité et l'agrandissement de l'âme humaine. Le livre, qui offre une sélection de ses textes les plus importants, les replace dans leur contexte de l'époque et dans le parcours de cet homme-météore dont l'oeuvre littéraire ne peut être comprise qu'à l'éclairage de son engagement politique.