Huit nouvelles qui emmènent le lecteur en Haïti pour vivre, à travers la fiction, le réel du pays bloqué (peyi lòk) des toutes dernières années. L'imaginaire comme recours face au silence et à la folklorisation qui entourent la situation haïtienne. Pari que la littérature, par sa capacité de mise en immersion, est à même de donner à voir - et par là de commencer à faire comprendre - tout à la fois l'autoritarisme du pouvoir, la mobilisation populaire pour les droits politiques, les droits sociaux et de meilleures conditions d'existence, les diffcultés d'approvisionnement en biens de première nécessité et puis, omniprésente, la violence. La violence de la police et des gangs contre toutes celles et tous ceux qui font obstacle à la mise en coupes réglées du pays.
Nombre de pages
115
Date de parution
04/11/2021
Poids
174g
Largeur
215mm
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EAN
9782492182020
Titre
Nouvelles du peyi lok. Témoignages littéraires sur la crise politique en Haïti
Résumé : Une femme parle à son mari pendant que celui-ci sommeille sur le canapé du salon. En lui parlant, elle se raconte. Elle nous parle. De sa vie, depuis sa naissance jusqu'au moment où elle s'apprête à verser de l'huile bouillante dans l'oreille de celui qui la bat depuis 25 ans. Une parole de femme qui brise la servitude.
La surdité pose la question de la communication humaine du point de vue de la technique - médicale, pédagogique, linguistique - mais aussi sous les aspects psychosociaux des échanges intra et inter groupes. Au-delà des problèmes sociolinguistiques, elle induit des questionnements sociopolitiques plus larges. Elle interroge aussi la contrainte du remaniement identitaire individuel impliqué dans toute construction de liens d'appartenance groupale. Affectant la communication, la surdité tend à être représentée comme un événement social négatif. Pourtant, subvertissant l'identité induite d'handicapés, les sourds ont, de longue date, généré de la réalité sociale en se constituant en entité sociopolitique, par le biais notamment de l'invention et de la légitimation de la langue des signes. Parallèlement, le développement des technologies médicales, notamment de l'implant cochléaire qui permet aux sourds d'entendre le langage vocal - s'il constitue une avancée capitale, donnant espoir aux parents et ouvrant l'enfant sourd sur le monde - pose un nouveau problème. En effet, l'implant ne va-t-il pas faire de la surdité une entité clinique vide et de la communauté sourde un groupe social désaffecté ?
Un essai qui propose une analyse critique de la suppression de la série littéraire et la modification du programme de philosophie dans l'enseignement secondaire français à compter de l'année scolaire 2020-2021. Derrière une énième "réforme" de l'Education nationale, Harold Bernat s'attelle à démontrer que nous faisons face à un vaste programme anthropologique qui, par la liquidation de la force critique la philosophie et la transformation des professeurs en simples pourvoyeurs de culture générale, oeuvre au désarmement intellectuel des élèves pour les abandonner à l'asservissement du marché. Face à cette casse de l'Ecole républicaine menée au nom des logiques de l'entreprise privée, face à cette trahison de la République, l'auteur exhorte au combat pour la sauvegarde de l'esprit critique et pour le rétablissement d'une formation humaniste qui, seule, permet l'autonomie intellectuelle et morale des individus. Il s'agit de rendre les armes de la raison et de l'analyse aux citoyens afin qu'ils puissent lutter contre les stratégies de pouvoir et les systèmes de domination.
Rosan Girard est le leader politique guadeloupéen le plus considérable de la deuxième moitié du 20e siècle. A rebours de la loi de départementalisation de 1946, Rosan Girard militait pour l'instauration d'un pouvoir législatif local, mais dans le cadre d'une association avec la République française. Cette volonté de penser une libération ancrée au réel du peuple guadeloupéen en s'affranchissant de tout dogme l'entraînera à l'écart, à la fois du parti communiste et de la mouvance indépendantiste née au début des années 60. Homme d'idées et d'idéal, non de pouvoir, Rosan Girard mourra en exil, en rupture avec le rythme d'une terre natale à laquelle il a pourtant consacré sa vie, ses pensées et son espérance révolutionnaire. Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette étude, initialement publiée en 1993 et depuis épuisée, a été entièrement actualisée et enrichie afin d'offrir une réflexion de fond sur l'histoire politique de la Guadeloupe, cette si vieille colonie de la France.
Jacques Roumain fut à la fois un immense poète, un grand écrivain et un homme engagé de tout son être dans la lutte politique. Fondateur du Parti communiste haïtien, il lutta jusqu'à son dernier souffle pour la liberté du peuple haïtien contre l'occupation états-unienne, pour la justice sociale, contre tous les impérialisme et tous les fascismes. Ses analyses et ses appels à la résistance contre toutes les oppressions présentent un double intérêt pour le lecteur d'aujourd'hui : aborder la période des années 30 à travers le regard d'un homme issu d'un pays d'immense culture au carrefour de trois continents et retirer les leçons, au présent, des combats passés d'un guerrier perpétuel pour la dignité et l'agrandissement de l'âme humaine. Le livre, qui offre une sélection de ses textes les plus importants, les replace dans leur contexte de l'époque et dans le parcours de cet homme-météore dont l'oeuvre littéraire ne peut être comprise qu'à l'éclairage de son engagement politique.
Ce livre entend revenir sur les raisons de l'échec des mouvements sociaux dans leur confrontation à un pouvoir qui ne transige plus. Cet échec interroge tous les citoyens qui n'entendent pas se résigner à la domination sans partage d'un pouvoir qui a fait sécession. Ce livre entend démontrer que cet échec est essentiellement politique en analysant sans complaisance les logiques qui empêchent la formation d'un vaste mouvement populaire, majoritaire. Prisonniers de schémas dépassés, incapables d'identifier clairement la logique des nouvelles formes d'usurpation de la démocratie, nous réactivons de façon souvent fantomatique des luttes qui divisent plutôt qu'elles ne rassemblent, des modes d'action incantatoires plutôt que des modes opératoires et effectifs. Loin de vouloir décourager ceux qui se battent, il s'agit de comprendre pourquoi nous perdons et pourquoi nous perdrons encore demain si nous refusons de coller au réel et d'analyser les raisons de la défaite de la majorité.