Etudes chinoises N° 33/2 2014 : Chance, destin et jeux de hasard en Chine
Chicharro Gladys
KLINCKSIECK
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EAN :9782252039410
Lisa Raphals, Debates about Fate in Early China Abstract : Debates on the nature of self, agency, and fate are central to the Chinese philosophical tradition. In some cases, debates about fate overlapped with debates about mantic practices ("divination"). I begin by identifying five major issues of the Chinese debates, with particular interest in their relevance to contemporary philosophical debates about determinism. I then turn to a more detailed account of the arguments about fate ascribed to Confucius, the Mohists, Mencius, Zhuangzi, Xunzi, and Wang Chong. The final section compares their views on fate to those of contemporary philosophers who take a compatibilist position on questions of determinism and free will. Stéphane Feuillas, Nature et destin dans la pensée de Zhang Zai ?? (1020-1078) Résumé - Dans la conception philosophique traditionnelle chinoise, les actes bons sont censés être rétribués par des présages fastes ; inversement un mauvais comportement induit mauvaise fortune. Depuis les écrits philosophiques de Mozi ou dans les dialogues consacrés à cette question dans le Mencius, cette formulation constitue le fondement de tout exercice moral et de la culture de soi. Le bénéfice existentiel résultant de la bonne conduite a été sévèrement critiqué par Wang Chong (27-c. 97) dont l'une des pierres de touche de la pensée consiste à couper le lien entre les comportements moraux et la vie effective de l'individu. Nombreux - et largement suffisants pour lui - sont les exemples de comportements moralement fondés qui n'ont pas été payés en retour de joie ou de bonheur, ou qui pire encore, sont sanctionnés négativement. Inversement, l'attitude du brigand Zhi dans le Zhuangzi, voleur, tueur, menteur, parangon de l'homme vicieux, sert de "preuve" à l'absence de lien consubstantiel entre morale et bonne fortune. Ce faisant, Wang Chong introduit les notions de chance, bonne ou mauvaise, et élabore sa propre théorie du fatalisme. Si tout est prévu à l'avance, si chaque homme reçoit d'emblée un "lot destinal" interprétable uniquement en termes de rencontres fortuites, plus aucune fondation n'est possible à la pratique morale autre qu'un intérêt personnel, idiosyncrasique et malheureux, pour la vertu. L'article revient sur ces questions en utilisant la pensée de Zhang Zai, telle qu'il la développe dans la Discipline pour les débutants (Zhengmeng). Il montre comment, selon lui, l'idée de destin doit être construite dans un lien indéfectible à celle de nature humaine, comment le destin évolue proportionnellement au développement des virtualités de sa nature. On mesurera ainsi la place qu'il accorde à la chance dans le mouvement général consistant pour l'homme à "atteindre sa destinée" ou plutôt sa "destination naturelle" (zhi yu ming). Andrea Bréard, Homo ludens mathematicus La quantification du hasard dans les pratiques combinatoires en Chine Résumé - Cet article porte sur le rôle des nombres dans les techniques de divination et les jeux de dominos en Chine à partir de la fin des Ming. Même si la quantification du hasard ne figurait pas explicitement parmi les sujets traités dans des textes mathématiques de la période pré-moderne en Chine, on montrera qu'une théorie combinatoire pourrait avoir joué un rôle dans certains schémas de gains et de pertes qui se distinguent clairement de ceux basés sur des considérations numérologiques. Ma contribution donnera d'abord un aperçu chronologique des conceptualisations du hasard par les mathématiques jusqu'à la fin de la période impériale, avant d'analyser, à rebours, les jeux d'un point de vue probabiliste. Même si cette approche peut sembler anachronique, elle permet néanmoins d'identifier les traces d'une mise en relation rationnelle des gains avec les chances d'obtenir une certaine combinaison de dominos et de poser la question de la circulation des savoirs mathématiques dans divers milieux sociaux, où se pratiquaient la divination et les jeux. Frédéric Constant, La législation sur les jeux d'argent à l'époque des Qing Résumé - Les jeux d'argent étaient extrêmement répandus dans la société chinoise de l'époque des Qing malgré la rigueur d'un interdit légal réaffirmé avec une grande constance. La prohibition des jeux était ancienne, et on la retrouve posée dès le droit des Tang. Plus que les jeux eux-mêmes, c'est le fait de miser des biens qui était condamné, et le droit déterminait la peine encourue en proportion des sommes engagées. Le législateur des Qing rompit en partie avec ce principe et tenta d'appréhender le jeu au travers de la multitude de ses ramifications sociales : l'ensemble des personnes associées aux jeux d'argent de façon plus ou moins directe étaient ainsi visées par le droit. En s'attaquant à tous ceux qui fournissaient aux joueurs l'occasion d'assouvir leur vice, les Qing tentèrent de couper les racines du mal. Il n'en résulta qu'une complexification de la législation que l'administration, dépourvue de moyens suffisants, ne réussit jamais à mettre réellement en oeuvre. Xavier Paulès, Les limites de l'influence du modèle de Las Vegas dans l'offre de jeux de hasard à Macao : apports d'une mise en perspective historique Résumé - La multiplication des gigantesques casinos à thème (Venitian, Galaxy, City of Dreams) à Macao depuis dix ans donne l'impression qu'on est en présence d'une nouvelle Las Vegas. L'arrivée d'opérateurs américains en 2002 a donné une impulsion nouvelle au secteur des jeux de hasard et introduit un "modèle vegasien" qui consiste essentiellement, afin d'élargir au maximum la clientèle fréquentant les casinos, à insérer les jeux de hasard dans une offre beaucoup plus large de divertissements (entertainment). Il reste que certains aspects de l'organisation du jeu à Macao se démarquent nettement du modèle vegasien. Le plus saillant d'entre eux est le règne sans partage du baccara. Cependant, la prédominance de ce jeu d'origine européenne depuis les années 1960 n'a jusqu'à présent jamais été expliquée de façon convaincante. Cet article a pour but de démontrer qu'un retour sur l'histoire des casinos de Macao depuis le milieu du XIXe siècle fournit des éléments décisifs d'explication. Durant un siècle, à partir des années 1860, les casinos de Macao n'ont, à peu de choses près, proposé qu'un seul jeu à leurs clients : le fantan. Ce jeu purement chinois a donc largement façonné l'habitus des joueurs de l'ancienne colonie portugaise, et même, au-delà, de toute la Chine du Sud. Il est possible de montrer que le baccara, en dépit des apparences, présente des similitudes profondes avec le fantan, ce qui explique pourquoi c'est lui qui s'est imposé parmi tous les jeux européens proposés aux joueurs à partir du début des années 1960. Stéphanie Homola, Le cas du "dragon chinois" : légende, destin et chance autour d'un jeu divinatoire Résumé - Le "dragon chinois" (Zhonghua yitiao long ??? ? ? ) est un jeu divinatoire contemporain qui se pratique avec des cartes à la manière d'un solitaire. Ce cas soulève tout d'abord la question de la circulation et de la transmission des jeux. On s'intéressera ainsi aux légendes qui accompagnent les jeux ainsi qu'aux conditions de l'enseignement des règles à de nouveaux joueurs. Rituel d'interrogation du destin ou jeu pour attirer la chance, cet exemple permet également d'examiner les catégories de jeu et de rituel, de mettre en évidence les mécanismes qui les rapprochent et ceux qui les distinguent. On s'interrogera en particulier sur la nature de l'instance qui préside au résultat du jeu, sur l'effet qui est attendu du jeu et sur l'analogie entre la manipulation des cartes et celle du destin. Le cas du "dragon chinois" peut ainsi être utilement confronté aux réflexions théoriques récentes menées par Roberte Hamayon sur les mécanismes fondamentaux des jeux divinatoires ou des rituels pour attirer la chance. English abstracts Lisa Raphals : Debates about Fate in Early China Debates on the nature of self, agency, and fate are central to the Chinese philosophical tradition. In some cases, debates about fate overlapped with debates about mantic practices ("divination"). I begin by identifying five major issues of the Chinese debates, with particular interest in their relevance to contemporary philosophical debates about determinism. I then turn to a more detailed account of the arguments about fate ascribed to Confucius, the Mohists, Mencius, Zhuangzi, Xunzi, and Wang Chong. The final section compares their views on fate to those of contemporary philosophers who take a compatibilist position on questions of determinism and free will. Stéphane Feuillas : Human Nature and Destiny in the Thought of Zhang Zai (1020-1078) In the conception of traditional Chinese philosophy, good deeds are supposed to be rewarded by auspicious omens ; conversely, bad behavior brought on bad luck. Beginning with the philosophical writings of Mozi or in the dialogues dedicated to this question in Mencius, this formulation constitutes the foundation of all moral practice and self-cultivation. The existential benefit resulting from good conduct was severely criticized by Wang Chong (ca. 27-97 CE), who took as one of the touchstones of his thought the severing of the link between moral behavior and the effective life of the individual. Many - and generally sufficient for him - were the examples of morally behavior based was not repaid in turn by joy or happiness, or even worse, were adversely punished. Conversely, the attitude of the bandit Zhi in the Zhuangzi - a thief, murderer, liar, and paragon of an evil man - serves as a "proof" of the absence of a commensurate link between morality and good fortune. In so doing, Wang Chong introduced the concepts of chance, good or bad, and developed his own theory of fatalism. If everything is predetermined in advance, if each man receives from the outset a "measure of fate" understandable solely in terms of chance meetings, no other foundation is possible for virtue in moral practice other than idiosyncratic and unfortunate self-interest. This article turns to these issues through the thought of Zhang Zai, as he developed it in the Correct Discipline for Youth (Zhengmeng). It shows how, according to him, the idea of destiny should be constructed in a unbreakable bond to that of human nature, and how fate changes proportionally according to the development of the potentialities of that nature. Thus, it measures the place given to luck in the general movement consisting for man of "reaching his destiny" or rather his "natural destiny" (zhi yu ming). Andrea Bréard : Homo ludens mathematicus : The Quantification of Chance in Combinatorial Practices in China. This article focuses on the role of numbers in divination techniques and the game of dominoes in China starting from the late Ming. Even if the quantification of chance was not explicitly included among the subjects covered in mathematical texts of the pre-modern period in China, we will show that combinatorial theory may have played a role in certain patterns of gains and losses that stand out clearly from those based on numerological considerations. An overview of conceptualizations of chance by combinatorial mathematics up until the end of the imperial period reveals the theoretical importance of gaming and divination for mathematical considerations. Inversely, we can conjecture about the role that these mathematical theories might have played when looking at late imperial practices of chance from a modern probabilistic point of view. While this approach may seem anachronistic, it nevertheless allows us to identify traces of a rational linking of winning with the chance of getting a certain combination of dominoes as well as to pose the question of the circulation of mathematical knowledge in various social settings where divination and games were practiced. Frédéric Constant : The Legislation of Gambling in the Qing Dynasty Gambling was extremely prevalent in Chinese society in the Qing period despite the strictures of a legal prohibition that were constantly reaffirmed. The prohibition of gambling was an ancient practice, one which first appears in Tang-dynasty law. More than the games themselves, it was the fact that property was wagered that was condemned, and the law determined the penalty in proportion to the sums involved. Qing legislation broke in part from this principle and tried to approach gambling through the multitude of its social ramifications : All persons associated more or less directly with gambling were thus covered by the law. By addressing all those providing gamblers the opportunity to indulge their vice, the Qing tried to cut off the roots of this evil. This resulted only in a the growing complexity of legislation which the administration, without sufficient means, never actually managed to implement. Xavier Paulès : The limits of the Influence of the Las Vegas Model in Gambling in Macao : Approaches from a Historical Perspective The proliferation of giant theme casinos (the Venetian, Galaxy, City of Dreams) in Macao in the last ten years gives the impression that we are in the presence of a new Las Vegas. The arrival of American operators in 2002 gave a new impetus to the gambling sector and introduced a "Vegas model, " which, in order to expand to the maximum the number of customers frequenting the casino, essentially consists of including gambling in a much broader range of entertainments. However, certain aspects of the organization of gambling in Macao are distinctly different from the Vegas model. The most prominent of these is the unchallenged dominance of baccarat. However, the prevalence of this game of European origin since the 1960s has so far never been explained convincingly. This article aims to show that a reexamination of the history of Macao casinos since the mid-19th century provides key elements for an explanation. For a century starting in the 1860s, Macao casinos had, with few exceptions, offered only one game to their clients : fan-tan. This purely Chinese game had largely shaped the habits of players in the former Portuguese colony and even beyond, throughout all of South China. It is possible to show that baccarat, despite appearances, has profound similarities to fan-tan, which is why it is this game that has dominated among all European games available to players since the early 1960s. Stéphanie Homola : The Case of "Chinese dragon" : Legend, Destiny and Luck in a Divination Game "Chinese Dragon" (Zhonghua yitiao long ??? ? ? ) is a contemporary divination game that is played with cards, like solitaire. This raises first the question of the circulation and transmission of games. It is thus of interest to trace the legends that accompany the game and the circumstances of teaching the rules to new players. As a ritual for divining fate or a game to bring good luck, this example also allows us to review the categories of game and ritual and to highlight the mechanisms that both unite and separate them. In particular, this paper examines the nature of the proceedings that govern the outcome of the game, the expected effect of the game, and the analogy between the manipulation of the cards and that of fate. The case of "Chinese dragon" can be effectively examined in light of the recent theoretical reflections of Roberte Hamayon on the fundamental mechanisms of divination games or rituals to bring good luck. ??? ? ?? (Lisa Raphals) : ??? ? ??? ? ??? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ?? ,? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ,? ??? ? ??? ? ? "? ? "? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ,? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ? ??? ?? (Stéphane Feuillas) : ??? ? ??? ? ? ??? ? ??? ? ?? ,? ??? ,? ??? ? ??? ? ??? ? ,? ??? ? ??? ? ??? ? ,"? ??? ,? ??? 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9782252039410
Titre
Etudes chinoises N° 33/2 2014 : Chance, destin et jeux de hasard en Chine
Auteur
Chicharro Gladys
Editeur
KLINCKSIECK
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20150905
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"Le féminin et le religieux" est l'expression employée par Brigitte Baptandier en référence au fil rouge qui parcourt ses recherches ethnologiques sur la Chine depuis 1979 et traverse ses questionnements sur les traditions liturgiques et chamaniques du taoïsme. Le titre de cet ouvrage que nous lui dédions était donc tout trouvé, et c'est ce même fil rouge que les huit auteurs qui contribuent à lui rendre hommage ont suivi afin d'explorer plus avant ce que le féminin et le religieux tenus ensemble peuvent nous dire non seulement de la Chine d'hier et d'aujourd'hui, mais également, dans une perspective comparatiste, des traditions européennes et indiennes." (Extrait de l'Introduction). Cet ouvrage, qui réunit des contributions de huit chercheurs dans différents domaines, invite à une réflexion sur les liens complexes et multiples qui relient le féminin et le religieux. Désordre familial, maladie, suicide, grossesse, infanticide, desseins/destins brisés ou contrés, malemort, créativités masculine et féminine, engendrement, ritualisés et rapport à l'au-delà, sont quelques-uns des thèmes que cet ouvrage aborde par le biais de l'ethnographie, de l'histoire, de la littérature, de la mythologie ou encore de la cure psychanalytique. Les différents cas qui y sont présentés interrogent les interdits rituels dans divers contextes religieux au regard des conceptions d'une pollution du féminin, liée notamment au sang. Ils montrent aussi que les formes d'asymétries entre hommes et femmes qui en résultent n'empêchent pas l'existence de croyances en un pouvoir d'agir spécifiquement féminin. Enfin, ils contribuent à la réflexion sur le jeu des possibles, via les phénomènes d'inversion ou d'indifférenciation.
Brody Aymeric ; Chicharro Gladys ; Colin Lucette ;
Résumé : Selon qu'ils sont "filles" ou "garçons" , "grands" ou "petits" , comment les enfants se représentent-ils les toilettes scolaires et quels usages en ont-ils ? Comment investissent-ils (ou pas) ces lieux ? A mesure qu'ils grandissent, que les portes se ferment, que des murs s'élèvent et que la possibilité leur est offert de se retrouver seuls à l'abri du regard des autres, comment les enfants occupent-ils ces espaces collectifs et individuels, clos et ouverts ? Comment ceux-ci contribuent-ils à construire des corps, dans leur rapport à l'intimité et à l'autre, en tant que fille ou garçon ? Comment les enfants et les jeunes s'y rencontrent-ils et quelles sociabilités peuvent-ils y développer à l'abri du regard des adultes ? La question du genre se révèle bien évidement centrale, dans ce lieu qui, à partir de l'école élémentaire, devient le seul espace "non mixte" dans la plupart des établissements scolaires mixtes.
Soin des enfants et des personnes âgées, nettoyage, travail pénible, boulot sale et sale boulot, ces activités ont en commun d'être à la fois nécessaires et invisibles, essentielles et pourtant dévalorisées, difficiles et donc déléguées à d'autres. Elles sont souvent oubliées par les philosophies du travail comme elles le sont dans la réalité sociale. C'est paradoxalement chez Hannah Arendt, pourtant accusée d'avoir une conception réductrice du travail, que l'on trouve une catégorie permettant de les appréhender dans leur unité : celle de labeur. Modifiant la traduction usuelle de sa distinction entre travail (labor) et oeuvre (work), qui renforce l'impression d'une dépréciation du travail par rapport à l'oeuvre, nous proposons de la rendre plus littéralement par le couple du labeur (labor) et du travail (work). Apparaît dès lors chez Arendt une véritable philosophie de l'activité posant le labeur comme condition du travail, lui-même condition de l'action. A l'aide de cette catégorie, elle pointe un ensemble d'activités vouées à la reproduction de la vie qui n'ont pas "droit de cité" , mais aussi le redoublement de cet effacement avec l'avènement du social dans la modernité. Malgré l'emprise théorique qu'exerce la logique du labeur, on ne cesse de refuser de le voir, d'en dénier la nécessité comme la dureté, en le confondant avec le travail. Une convergence aussi frappante qu'inattendue peut être mise en évidence entre cette catégorie de labeur et toute une constellation de concepts issus des théories féministes : le travail domestique, reproductif, travail de care ou encore de subsistance. Ces théories ne se sont pas réclamées d'Arendt, qui elle-même ne s'est jamais revendiquée du féminisme. Mais on peut mobiliser ces concepts pour préciser le sens de la catégorie de labeur, répondre aux problèmes qu'elle soulève quant à sa teneur critique, et en esquisser un usage possible dans le cadre d'une philosophie sociale du travail renouvelée.
Acquis par la National Gallery de Londres en 1842, le Portrait des Arnolfini de Jan van Eyck reste depuis cette date une énigme pour les historiens de l'art. Le sujet du tableau a en effet suscité de nombreuses hypothèses : s'agit-il d'une scène de mariage, de fiançailles, ou de la simple représentation d'un couple de riches bourgeois ? L'homme est-il bien Giovanni Arnolfini, un marchand de Lucques très connu dans les Flandres au XVe siècle, comme semblent l'indiquer certaines archives ? Ou quelque autre membre de sa famille ? L'oeuvre ne serait-elle pas plutôt un portrait de l'artiste, qui se serait représenté avec son épouse Marguerite ? Et si la jeune femme n'était pas enceinte, en dépit de ce que suggère son ventre proéminent ? Quant à la signature en latin du peintre, bien en vue au centre du tableau, quel sens donner à sa formulation, restée unique dans l'histoire de la peinture ? Anne-Marie Lecoq fait dans cet ouvrage inédit une passionnante recension des interprétations qui se sont succédé au cours des décennies, suscitées par tous les détails du tableau et leur symbolique supposée, pour livrer enfin - au risque de surprendre - sa propre hypothèse sur les intentions de Jan van Eyck.
Vinclair Pierre ; Min Byung-Hun ; Domissy-Lee Jeon
Ce livre est né d'un paradoxe fécond : comment écrire sur les oiseaux sans rien savoir d'eux, ou presque ? Du jour au lendemain, Pierre Vinclair se met à enquêter au fil de poèmes-minute sur ce que les oiseaux nous font, sur la manière dont ils déplacent nos idées en nuées, frôlent nos matins, habitent un monde où leur présence s'efface. Guidé par une curiosité impressionniste, Pierre Vinclair ne s'approche jamais trop près, s'émerveille que l'on entende d'abord leur chant avant de les voir ou de vouloir les nommer. Les photographies de l'artiste coréen Byung-Hun Min, dans la contemplation desquelles s'est élaboré cet essai qui est d'abord une rêverie, viennent scander le texte comme des pointillés noir et blanc.
Fenimore Cooper Susan ; Audubon Jean-Jacques ; Wil
Précédant Thoreau de quelques années, Chroniques de la vie rurale s'impose comme l'un des jalons fondateurs du naturalisme littéraire américain. Dans ce journal publié en 1851, jusqu'alors inédit en français, Susan Fenimore Cooper raconte la vie d'un village de l'Etat de New York au fil des saisons. Entre carnet de terrain et journal intime, sa prose lumineuse, jamais naïve, dit la beauté du détail et la fragilité des équilibres naturels. Fille du romancier James Fenimore Cooper, dont elle accompagna l'oeuvre et assura la postérité, Susan écrit avec la discrétion d'une sentinelle ou d'une veilleuse. Elle tisse une langue limpide et habitée, attentive à chaque nuance du paysage, à chaque oiseau, à chaque usage d'un monde rural aujourd'hui disparu. A la rigueur scientifique de ses observations répond une sensibilité poétique, qui fait de ce texte un manifeste d'écoute et de lenteur, à rebours de l'accélération contemporaine. Cette première traduction française, réalisée par Faustine Galicia, est illustrée de planches issues des Oiseaux d'Amérique de Jean-Jacques Audubon et préfacée par l'écrivaine Audrée Wilhelmy, qui, nichée dans la forêt québécoise, l'évoque en soeur : "Chroniques de la vie rurale est une leçon d'écoute : une conversation muette entre le monde extérieur et le monde intérieur. C'est dans cette correspondance subtile entre les saisons du paysage et celles de l'esprit que se forge, je crois, l'acte d'écrire".