
La rage sécuritaire. Une dérive française
« À travers mon expérience d'avocat du barreau depuis plus de trente ans, et de bâtonnier pendant deux ans, j'ai mesuré l'archaïsme de notre système et sa dégradation accrue depuis trois ans. La France n'a jamais su trouver d?équilibre durable entre sécurité et liberté. Mais depuis trois ans, le fléau de la balance penche de manière inquiétante du côté de la sécurité. Comme bâtonnier de Paris, j'ai eu affaire à deux ministres de la Justice (Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie). Je me suis opposé à elles, parfois sans ménagement. Ce faisant, j'ai été un observateur privilégié de leur action. Et je n'hésite pas à qualifier de rage sécuritaire la ligne suivie par le gouvernement depuis trois ans. La garde à vue en est le point le plus voyant. Le projet de réforme le plus récent n'est qu'un habile trompe-l'oeil. Il n'apporte aucune amélioration réelle. Plus que jamais nous restons dans une culture de l'aveu, quand le président de la République lui-même avait appelé à une « culture de la preuve ». Autre mesure des plus préoccupantes: la rétention de sûreté. Empêcher qu'un criminel endurci sorte de prison après avoir purgé sa dette est contraire à l'humanisme. C'est une manière démagogique et inefficace de répondre à des drames que je ne mésestime pas. Dans la législation actuelle, le juge se trouve dans l'obligation de motiver sa décision quand elle est bienveillante. Mais il en est dispensé quand elle est sévère. Curieuse et significative philosophie! Les peines planchers, les mesures prises en matière de répression des mineurs sont d'autres mesures qui concourent à jeter notre pays dans cette voie dangereuse de la démagogie sécuritaire. Ces orientations n'ont pas échappé aux institutions européennes. Notre pays a été pointé du doigt à plusieurs reprises par la Cour européenne de Strasbourg. La condamnation récente à propos des Roms n'est donc pas un accident. Depuis plusieurs années, la France, pourtant si prompte à donner des leçons, se retrouve en position de cancre des droits de l'homme. Or, quand la justice boîte, c'est la démocratie qui trébuche. »
| Nombre de pages | 112 |
|---|---|
| Date de parution | 26/01/2011 |
| Poids | 112g |
| Largeur | 130mm |
| EAN | 9782234064935 |
|---|---|
| Titre | La rage sécuritaire. Une dérive française |
| Auteur | Charrière-Bournazel Christian |
| Editeur | STOCK |
| Largeur | 130 |
| Poids | 112 |
| Date de parution | 20110126 |
| Nombre de pages | 112,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Liberté d'expression, justice et fraternité
Charrière-Bournazel ChristianLa liberté d'expression n'est pas seulement consubstantielle à la démocratie, elle en est le symbole même. Les restrictions, qu'a un certain moment on lui fait subir, sont un symptôme inquiétant d'un retour à la tyrannie. Les fondateurs des Etats-Unis d'Amérique qui avaient fui l'oppression de la misère ou des pouvoirs en Europe en ont fait le premier amendement de leur Constitution. En France, la Révolution de 1830 est née des censures que Charles X prétendait lui faire subir. La IIIème République avait six ans lorsque fut promulguée la loi du 29 juillet 1881 qui réaffirme, dans la ligne de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : "l'imprimerie et la librairie sont libres". Les soixante-huit articles qui suivent enserrent dans des règles exigeantes les exceptions qui peuvent affecter la liberté d'expression. Aucune liberté n'est absolue : sa limite réside dans les droits d'autrui. La liberté d'expression, conçue comme un attribut essentiel de la liberté de toute personne humaine - celle d'exprimer une pensée - est inséparable de l'ambition démocratique. Les journalistes en sont les serviteurs privilégiés et les porte-drapeaux. Ils méritent notre soutien à chaque fois qu'un arbitraire prétend leur couper la langue, écraser leurs plumes, réduire en pièces leurs rotatives, voire leur retirer la liberté ou même la vie. Méditons sans nous lasser la phrase de Benjamin Franklin : "Celui qui sacrifie une liberté essentielle au profit d'une sécurité éphémère et aléatoire ne mérite ni la liberté, ni la sécurité".Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER17,00 € -

La jeune captive. Suivi de "Martyrs de l'absurde"
Charrière-Bournazel ChristianSur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER14,00 € -

Bernanos, pèlerin infatigable de l'espérance
Charrière-Bournazel ChristianRésumé : Christian Charrière-Bournazel nous offre ici une traversée originale de l'oeuvre mystique et politique du grand romancier Georges Bernanos. Cet essai, riche d'une culture classique irréprochable, s'intéresse en particulier à la question de l'enfance, de l'espérance et de la justice dans l'oeuvre de Bernanos, en résonance avec les grandes causes défendues par cet avocat au barreau de Paris depuis plus de cinquante ans. La passion et l'intelligence avec laquelle Christian Charrière-Bournazel nous fait parcourir les différents aspects de l'oeuvre de Bernanos confèrent à cet essai une fraîcheur et une personnalité rares. L'auteur arrache ainsi Bernanos, l'un des plus grands écrivains du XXe siècle français, aux manuels de littérature pour restituer dans toute sa fraîcheur la force et l'originalité de sa production. Avec cet essai extrêmement personnel, Christian Charrière-Bournazel nous livre aussi en filigrane une réflexion sur le métier d'avocat et sur l'horizon de justice qui gouverne sa carrière et ses nombreux engagements. Extrait : "On ne parle pas au nom de l'enfance, il faudrait parler son langage. Et c'est ce langage oublié, ce langage que je cherche de livre en livre, imbécile ! Comme si un tel langage pouvait s'écrire, s'était jamais écrit. N'importe ! Il m'arrive parfois d'en retrouver quelque accent." Car Bernanos est sans doute l'écrivain catholique français pour qui a le plus fortement retenti la parole du Christ : "Quiconque n'accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas." C'est autour du thème principal de l'enfance, en effet, que s'articulent pour lui tous les autres. D'entre toutes ses créatures, les héros les plus chers à son coeur, et qui se nomment, de son propre aveu, Donissan, Chantal ou ce " cher curé d'un Ambricourt imaginaire ", ont su garder ou reconquérir un authentique esprit d'enfance. Dans cet univers aux antithèses vigoureuses, les grandes figures de ces saints se heurtent à des fantoches, les médiocres et les pervers. Toutefois les déchus du monde bernanosien, aussi éloignés que possible de l'enfant qu'ils ont pu être, conservent à quelque degré d'abjection qu'ils soient parvenus, ce qu'Albert Béguin a si magnifiquement appelé "la nostalgie d'une aube pure de la vie". Si cette nostalgie de l'enfance constitue pour Bernanos l'obsession majeure, à la fois cause et but, de sa création littéraire, c'est parce qu'il l'a, lui-même, profondément ressentie. Il ne l'a sûrement pas subie à la manière d'un Ganse, d'un Clergerie ou d'un Cénabre en qui ne s'est jamais éteint le souvenir des premières blessures du coeur ou de la vanité. Mais il l'a recherchée, éprouvée, volontairement, pour sa seule valeur spirituelle. "ÉPUISÉVOIR PRODUIT19,90 € -

Perpétuité
Charrière-Bournazel ChristianAvec " Perpétuité", Christian Charrière-Bournazel, avocat renommé et auteur engagé, interpelle chaque lecteur : et si nos véritables prisons étaient celles que nous portons en nous, faites de regrets, de solitude ou de silence ? A travers le regard d'un narrateur condamné à perpétuité, l'ouvrage explore la désintégration d'un homme face à l'enfermement, à la solitude et au poids de son crime. Dans une cellule exiguë où le temps s'étire à l'infini, le narrateur confie à son cahier ses pensées les plus sombres, ses regrets et ses rares instants d'espoir. Il raconte l'inhumanité du quotidien carcéral, où chaque journée est marquée par la monotonie, le poids du crime qu'il a commis, la difficulté à se sentir vivant dans de telles conditions, à donner du sens à sa vie. " Perpétuité " nous plonge au coeur de l'enfermement et de la conscience humaine, offrant une réflexion poignante sur la condition carcérale et les limites du système judiciaire. L'auteur y démontre son talent à allier rigueur intellectuelle et sensibilité littéraire, faisant de lui un écrivain incontournable pour quiconque s'interroge sur la justice et l'humanisme. L'écriture puissante de Christian Charrière-Bournazel aborde des thèmes universels : la justice, la rédemption impossible et la quête de sens. Dans un style à la fois brut et percutant, " Perpétuité" questionne la pertinence et l'impact de la réclusion à perpétuité, quelle que soit la gravité de la faute. C'est un sujet crucial pour les magistrats, mais aussi pour les citoyens qui acceptent de s'interroger sur l'éthique des peines pénales. Extraits : " Ils m'ont enfermé vivant dans ce caveau d'où je ne sortirai que pour mourir, comme une cloche, comme une bête, comme une chose déjà morte, un détritus.. " (p. 9) - " De moi il n'y a plus que ce crayon qui tienne debout et cette feuille que je puisse modifier. Avec rien. Là je peux encore décider, faire ou ne pas faire, choisir des mots, construire des phrases. Je peux les raturer, les changer. Je peux les lire, relire celles d'il y a plusieurs jours. Il est là mon passé, dans la phrase d'avant, dans la page d'hier. Et mon avenir est blanc comme les feuilles qui m'attendent demain et tous les jours d'après. J'écris pour le crayon. J'écris pour le papier. Ils sont mon futur et mes souvenirs. Ils me donnent une mémoire neuve pour le malheur. Je n'ai rien d'autre à leur confier. Et si je décide un jour de les déchirer, c'est que j'aurai eu le courage de me tuer." (p. 22 - 23) - " A force d'inhumanité, mon corps pourrira comme tous les autres sans que personne n'ait l'idée de racheter ma pourriture. " (p.45) - " Il disait qu'en réalité la vraie liberté ne consiste pas à aller et venir comme l'on veut, mais à ne dépendre pour les émotions et les voies que de soi-même et des personnes que l'on choisit pour en être proche. Sa sagesse m'a aidé à me libérer moi-même, malgré les barreaux et les chaînes, les murs et les portes. Il disait : " Tu verras, à l'inverse des poissons dans un bocal, des oiseaux en cage ou des singes prisonniers du zoo, nous avons, nous les humains, le pouvoir de nous affranchir de l'espace fermé, de construire une vie quotidienne remplie de surprise et d'émerveillement. Ce qui te rendra libre, c'est ta volonté d'être libre dans ta tête. " (p. 79 - 80)ÉPUISÉVOIR PRODUIT12,90 €
Du même éditeur
-

Le roman de L'Equipe. Un siècle de journalisme sportif
Duluc VincentAvec son double point de vue de lecteur fi dèle depuis ses six ans et de journaliste qui l'incarne aujourd'hui, Vincent Duluc nous raconte le "roman de L'Equipe" qui, en 2026, fête ses quatre-vingts ans. Une institution à l'origine de multiples événements comme le Tour de France ou la Coupe d'Europe de football, et riche en succès innombrables - jusqu'à 1, 6 million d'exemplaires vendus en 1998. Un laboratoire incomparable du journalisme de sport, spécialité longtemps marginalisée, qui grâce à une cohorte de personnalités hautes en couleur - Jacques Goddet, son directeur historique, en premier lieu - a su gagner ses lettres de noblesse. Car ce que rapporte Vincent Duluc, avec la ferveur d'une plume souvent drôle, c'est aussi une profession en constante évolution, des reportages d'exception, et les coulisses trépidantes d'un journal. Des exploits de nos footballeurs en Coupe du monde à l'épiphanie olympique de 2024, des poings levés de Smith et Carlos au pouce baissé de l'affaire Jacquet, L'Equipe rend compte du monde. Avec ses mots, son expertise et son indéfectible passion.EN STOCKCOMMANDER21,60 €
De la même catégorie
-

Résister. Edition revue et augmentée
Saqué SaloméNouvelle édition augmentée de ce petit pamphlet nécessaire à lire et à diffuser ! Salomé Saqué nous relate des faits, vérifiés et sourcés, sur l’extrême-droite, ses méthodes, ses origines comme ses dangers pour les droits et la démocratie. Mais elle nous donne aussi des pistes pour résister ensemble. Un ouvrage éclairant qui inspire à faire front commun avec beaucoup de justesse mais aussi de force et qui invite à un vrai débat démocratique.EN STOCKCOMMANDER5,00 € -

On ne peut plus rien dire.... Liberté d'expression : le grand détournement
Hochmann ThomasRésumé : "On ne peut plus rien dire..." La complainte de celles et ceux qui dénoncent la "censure", à l'instar d'un Donald Trump, s'étire à longueur de plateaux télévisés. Toute contradiction est dénoncée comme une agression, la lutte contre le racisme est présentée comme une marque d'intolérance "woke". Par un incroyable retournement, tout effort de protéger le débat démocratique est aujourd'hui brocardé comme une atteinte à "liberté d'expression". Pourtant, la haine et le mensonge nuisent gravement à la délibération démocratique : les restrictions de l'expression publique, loin d'être en contradiction avec la liberté d'expression, lui sont consubstantielles. Le juriste Thomas Hochmann révèle la manière dont la réaction a accaparé la liberté d'expression pour mieux imposer ses manières de dire. Mais il montre également comment se réapproprier cette liberté fondamentale, après avoir rappelé et défendu, exemples à l'appui, les lois qui interdisent les discours de haine et les campagnes de désinformation. Leur mise en oeuvre constitue désormais une de nos dernières chances de repousser l'extrême droite.EN STOCKCOMMANDER5,00 € -

Autopsie de l'université. Un regard sur l'enseignement universitaire et son évolution
Louryan StéphaneD'une communauté médiévale de clercs, l'université est progressivement devenue un véritable enseignement de masse, où les professeurs, censés être des érudits et des savants, sont de plus en plus confrontés à des étudiants impréparés aux exigences du haut enseignement, notamment en raison des déficiences d'un enseignement secondaire miné par l'idéologie de l'égalité des capacités et de la réussite pour tous. L'établissement est par ailleurs menacé par la toute-puissance de l'administration, la barbarie du "managérialisme" , l'irruption du juridisme, et plus récemment encore la "cancel culture" et le "wokisme" . Renvoyant dos à dos les excès du gauchisme culturel et la toute-puissance du néolibéralisme triomphant, l'auteur s'attache à identifier ce qui a progressivement muté une forteresse du savoir en ce que d'aucuns voudraient voir comme une machine à délivrer des diplômes. Il entend aussi dénoncer tout ce qui restreint la liberté et le pouvoir des professeurs. Depuis trop longtemps l'université absorbe peu à peu les dérives d'une société clientéliste dont les valeurs culturelles et intellectuelles se dégradent peu à peu, et en appelle à un sursaut salutaire de l'institution, qui suppose la fin de toute sujétion au pouvoir politique et économique.EN STOCKCOMMANDER16,00 €




