Musil et la littérature. Amours lointaines et fureurs intempestives
Chardin Philippe
EUD
23,00 €
Épuisé
EAN :9782364410046
Pour quelles raisons, malgré son intérêt bien connu pour la science et pour la philosophie, Musil affirmait-il "accorder à la littérature une importance qui dépasse de beaucoup celle des autres activités humaines" ? Ce livre de synthèse procède par approches comparatistes mettant en rapport, à partir de problématiques qui touchent à des domaines essentiels pour sa pensée et pour son écriture, l'oeuvre de Musil et celle de grands écrivains européens envers lesquels ce contempteur de toute concession à la facilité en littérature n'a pour une fois pas fait preuve de sa sévérité habituelle : Flaubert ("la bêtise consiste à vouloir conclure"), Dostoïevski ("le "tout est permis" et son application problématique"), Claudel (le "théâtre de la nécessité"). Ce livre rapproche aussi l'auteur de L'Homme sans qualités de certains de ses grands contemporains, en particulier de Marcel Proust, d'André Breton, de Joseph Roth. Il tente enfin de traiter, en examinant l'ensemble d'une oeuvre immense (nouvelle, théâtre, petites proses, essais, journaux) qui est loin de se réduire à L'Homme sans qualités et aux Désarrois de l'élève Törless, des questions souvent négligées à son propos, celle de sa conception originale du théâtre, celle de sa maîtrise des formes brèves dans lesquelles ce maître du roman monumental et inachevé excellait paradoxalement, celle - que Musil s'est souvent lui-même posée de manière fort intéressante - des rapports entre le corps et la pensée ou entre l'art et la vie, questionnement constant qu'a pu masquer la réputation de pur "Monsieur Teste" qu'on a parfois abusivement faite à un auteur de livres sensuels, violents et passionnés.
Nombre de pages
286
Date de parution
08/12/2011
Poids
420g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782364410046
Titre
Musil et la littérature. Amours lointaines et fureurs intempestives
Auteur
Chardin Philippe
Editeur
EUD
Largeur
150
Poids
420
Date de parution
20111208
Nombre de pages
286,00 €
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Résumé : L'?uvre de Musil qui jusqu'à présent a surtout donné lieu de la part de la critique française à des ouvrages d'orientation philosophique sera abordée ici d'un point de vue essentiellement littéraire, dans un contexte européen. Chaque chapitre étudiera un aspect différent de cette ?uvre capitale qui est loin de se réduire à L'Homme sans qualités à partir de problématiques comparatistes successives qui mettront les livres de Musil en rapport avec ceux de Flaubert (" la bêtise consiste à vouloir conclure "...), de Dostoïevski (l'application laborieuse du " tout est permis "...), de Joyce, de Proust et de James (" les désarrois " dans les nouveaux romans de formation), d'André Breton et des surréalistes (les représentations de la folie et de ses " sympathisants "), de Valéry (la vision de l'Europe et la conception " extraterritoriale " du rôle de l'intellectuel)... D'autres questions rarement posées à propos de cette ?uvre comme celle des formes brèves - importante malgré les apparences ! - ou des rapports entre le livre et la vie (" parler comme un livre ", persiflait le jeune Musil, " vivre comme on lit ", propose son héros Ulrich) complètent cet essai que conclut une évaluation des pouvoirs respectifs de la littérature et de la philosophie selon un écrivain qui disait " accorder à la littérature une importance qui dépasse de beaucoup celle des autres activités humaines ".
La méfiance dont l'oeuvre de Proust témoigne envers la tradition littéraire française, tant du néo-classicisme que de "l'art pour l'art", semble avoir pour corollaire des références à des contre-modèles étrangers - notamment anglais, allemands ou russes - desquels procède en partie ce providentialisme qui imprègne A la recherche du temps perdu. Second paradoxe essentiel, Proust aura découvert des traits importants de sa "modernité" sans connaître les romanciers étrangers qui peuvent nous apparaître comme les plus proches de lui parmi ses contemporains, Robert Musil, Italo Svevo ou James Joyce (sur l'oeuvre desquels portent plusieurs des parallèles comparatistes de ce livre), mais en proposant des lectures empathiques et "en avance sur son temps" de grands romanciers européens du XIXème siècle comme Flaubert, comme Tolstoï ou comme Dostoïevski. Ce vaste parcours culturel, mis en rapport avec des chapitres consacrés aux représentations proustiennes de "l'amour-jalousie", montrera aussi à quel point l'affect et l'intellectualité se sont trouvés étonnamment imbriqués chez un écrivain qui a toujours su admirablement faire dialoguer avec sa fantasmatique propre les grandes oeuvres du répertoire.
Résumé : Au cours de cette rencontre à Tours qui réunissait nombre des meilleurs spécialistes de Marcel Proust autour de la notion, essentielle pour son oeuvre, d'originalité, ont d'abord été analysés ces passages célèbres d'A la recherche du temps perdu qui font de l'originalité créatrice un absolu et du surgissement de ce " nouvel écrivain ", (dont Flaubert ou Giraudoux furent aux yeux de Proust les prototypes) une sorte de miracle ex nihilo. Néanmoins, plusieurs approches génétiques et linguistiques permettront de prendre du recul par rapport à ces textes mythiques en mettant l'accent sur les fluctuations, sur les doutes et sur les contradictions de cette pensée proustienne de l'originalité - une originalité qui, dans l'oeuvre de Proust elle-même, semble avoir été conquise de manière bien plus progressive (à partir des tâtonnements des oeuvres de jeunesse) et bien moins autarcique en combinant " mémoire de la littérature " et exorcismes de l'imitation (ce qui sera examiné à la lumière d'un large éventail intertextuel allant d'Homère à Baudelaire en passant notamment par Racine, par Balzac et par Michelet). Suivront un ensemble d'articles consacrés à la réception, souvent empreinte d' " idées reçues ", des originalités proustiennes par la critique et à quelques réceptions créatrices plus " originales " de grands écrivains français ultérieurs comme Jean-Paul Sartre, Claude Simon ou Pascal Quignard. Cet ouvrage sera enfin l'occasion de déplacer avec humour la hantise proustienne de l'originalité, comme le fait Antoine Compagnon, du côté de la légère angoisse et de l'auto-ironie des innombrables lecteurs et des fort nombreux chercheurs que cette oeuvre devenue canonique a suscités partout dans le monde : on se sera cru original à l'adolescence en aimant Marcel Proust alors qu'on aura peut-être été seulement typique de la ferveur littéraire de toute une génération !
Le musée d'archéologie des années 1950, avec de beaux objets présentés dans des vitrines savamment éclairées, est sur le point de disparaître du paysage culturel. Et tandis que l'archéologie se diversifie et se ramifie en plusieurs spécialités qui tentent de se rapprocher des sciences exactes, par leurs méthodes comme par leur extrême focalisation, les musées, qui se sont tous plus ou moins convertis au rythme annuel de la succession des expositions temporaires, découvrent le rôle essentiel des médiations. Qu'est-ce que la (ou les) médiation (s) ? Quel tableau peut-on en dresser aujourd'hui ? En quoi les médiations modifient-elles les missions des musées ? Un déplacement essentiel s'est produit : si le travail de recherche archéologique et sa diffusion continuent d'être prioritaires, le public est dorénavant une préoccupation essentielle. Il est placé au centre d'un musée qui se transforme ; à sa mission première d'institution chargée de mettre en valeur des vestiges, le musée ajoute une dimension nouvelle de dispositif de communication. Cet ouvrage, le premier du genre, présente un panorama complet des différentes catégories de médiations à l'oeuvre dans le champ de l'archéologie. Qu'elles soient une préoccupation des archéologues eux-mêmes, qu'elles relèvent de l'activité professionnelle des médiateurs ou bien encore qu'elles se déroulent spontanément au sein du public, les formes et les types de médiation sont nombreux et variés. L'ouvrage en dresse un tableau très suggestif.