On connaît Frédéric Dard romancier, on connaît moins Frédéric Dard auteur dramatique, scénariste ou dialoguiste. L?auteur a pourtant écrit de nombreux textes pour le théâtre. Certaines pièces sont parues en livres ou dans des revues (L?homme traqué, La dame de Chicago, Baby-meurtre, etc.), mais la plupart d?entre elles ont été jouées sans que le texte ne fasse l?objet d?une publication. C?est le cas de la pièce Les salauds vont en enfer. Montée au théâtre du Grand- Guignol à Paris en 1954 et mise en scène par Robert Hossein, cette pièce en 2 actes et 7 tableaux a connu un destin particulier car elle a fait l?objet de trois transpositions particulièrement intéressantes. Dès 1955, en effet, l?adaptation cinématographique de la pièce est confiée à Robert Hossein. Il s?agit là de son premier film en tant que réalisateur. Parallèlement, et sur les conseils de son éditeur, Frédéric Dard écrit l?adaptation romanesque de la pièce. Le roman sort en 1955 sous le même titre. En 1971 Abder Isker propose enfin une dernière adaptation des Salauds vont en enfer, cette fois pour la télévision. La présente édition offre au lecteur un texte inédit, annoté et accompagné d?un dossier critique. Ce dernier présente l?oeuvre dans son contexte et étudie ses différentes variantes dans le cadre de sa transmédialité.
J'avais fait un mariage d'amour ; j'occupais une position enviée ; j'aimais les miens, mon métier me passionnait, et j'étais prêt à sacrifier tout cela !". A l'aube de la quarantaine, Yves parviendra-t-il à choisir entre des années de vie conjugale sans histoires et le déferlement d'un amour tout neuf ; entre le mensonge et la souffrance de la séparation ? Pourra-t-il décider entre une épouse aimante mais dominatrice et une frêle adolescente déjà marquée par le malheur ? A moins qu'un suicide - mais en est-ce bien un ? - ne vienne tout abolir.
Daniel, artiste peintre reconnu, n'aspire qu'à la quiétude de quelques semaines de repos, non loin de Barcelone. Un soir, c'est l'accident d'auto, banal et traumatisant. Il renverse une jeune femme qui, à la suite du choc, devient amnésique. Passés les premiers moments d'interrogation ?qui est-elle ? est-elle venue seule en Espagne ? ?, Daniel se laisse progressivement happer par des sentiments sincères, d'autant plus exaltés qu'ils sont partagés. L'amourette vire à l'amour fou, fusionnel et obsessionnel... Mais c'est compter sans le destin, implacable, et la curiosité, légitime, du jeune homme qui se met à enquêter sur la première vie de sa bien-aimée. Le cauchemar peut alors commencer...
Messieurs, l'heure est grave. Dans toute l'Europe, une mystérieuse épidémie d'impuissance sexuelle frappe les milieux de pouvoir. Fiasco général chez les glands de ce monde ! Sonnerie aux molles pour Popaul, Nestor et les autres ! Les drapeaux sont en berne, et pas qu'eux ! Face à cet effondrement sans précédent, notre unique espoir repose sur vous. San-Antonio ! Bérurier ! Acceptez-vous de vous dresser, d'un seul homme, contre la barbarie ? Messieurs ! Debout pour les sauveurs de la France !
Laurent Haller mène la vie tranquille d'un homme marié. Et s'il lui arrive parfois de tromper sa femme, Lucienne, une chanteuse de renom, jamais il ne songerait à la quitter. Lors d'une tournée en province, elle est grièvement blessée dans un accident de voiture. Or le passager du véhicule, tué sur le coup, se révèle être son amant... En plus de la douleur, Laurent est désormais torturé par la jalousie. Au chevet de son épouse mourante, il harcèle une Lucienne lointaine, pour qui ne semble plus compter que le chant mélancolique d'un oiseau de leur jardin. La cruauté des sentiments et les rancoeurs inavouées se déchaînent alors dans un huis clos infernal.
Les oiseaux chanteurs ont toujours été source de questionnements, car ils ont des compétences vocales considérées comme spécifiques aux humains. Les ornithologues les étudient, et plus récemment, les éthologistes ont démontré que les oiseaux sont les seuls animaux à présenter des analogies neurobiologiques avec l?apprentissage du langage chez les humains. De leur côté, les chercheurs en sciences humaines et sociales étudient aussi le chant des oiseaux à partir des objets archéologiques, des arts, des manuscrits enluminés, des archives, des textes, des traités, des instruments et de la musique dans les sociétés anciennes. L'originalité de ce livre est de réunir les spécialistes de ces deux grands champs disciplinaires et de comparer les perceptions, les pratiques sociales et culturelles, les savoirs du passé et les découvertes actuelles sur le chant des oiseaux.
Le regain actuel d'intérêt pour les animaux résulte de profonds changements socioculturels, de préoccupations environnementales et des progrès considérables de la recherche scientifique - qui donne désormais accès, au moins partiellement, à la subjectivité et aux cultures animales. Dans le domaine littéraire, cet intérêt se manifeste également : en France, émergent "les études animales", et même une "zoopoétique" sous l'impulsion d'Anne Simon. Dans cette nouvelle perspective, le temps est venu de s'intéresser à des sujets (la campagne, la pêche, la chasse...) considérés en France comme désuets voire réactionnaires, et souvent cantonnés aux genres rustique ou animalier. Or, que ce soit dans des oeuvres du début du XXe siècle ou dans des oeuvres postérieures et même contemporaines, le monde rural - de plus en plus bouleversé socialement et économiquement - favorise les "communautés hybrides" (Lestel) et ouvre à des "mondes animaux" (Uexkull), ce qui permet de poser d'autant mieux la question cruciale des liens entre hommes, bêtes et écriture.
Cet ouvrage propose une analyse d?un pan de la littérature trop souvent oublié ou méconnu : le roman de l?employé de bureau. A travers l?étude d?un large corpus couvrant deux siècles de littérature, l?auteur retrace l?évolution d?un mode de narration. Le sujet est étonnant mais il s?impose : objet littéraire qui monte dans le roman du XIXe siècle, l?employé de bureau (en qui l?on peut voir des avatars de l?écrivain) est le prisme d?une vision sociale, morale, voire philosophique. A partir de ce presque rien, de cette présence discrète, désolée et désolante, tout un monde se lève et se révèle.
Contrôler et punir interroge l'Histoire sur certaines des plus graves inquiétudes politiques actuelles : l'insuffisance, l'indignité, voire la corruption, des dépositaires de l'autorité publique. Les onze contributions abordent à l'époque de création de l'"Etat moderne" les questions essentielles du statut des représentants du pouvoir, de leur choix, de leur responsabilité et de leur éventuelle punition. Il est difficile de trouver des cas qui soient suffisamment documentés, car souvent (déjà !) on préférait occulter les fautes et la punition des agents indignes. Mais plusieurs exemples ont été trouvés et sont traités complètement, depuis le lorrain Barisel jusqu'au financier breton François Miron, en passant par les Aoustenc en Languedoc qui, même au temps de Louis XIV, sont demeurés intouchables. L'illustration de couverture évoque la punition de l'un des personnages du livre qui pensait que sa fonction publique lui donnait davantage de droits qu'aux gens ordinaires. Son juge le fit "déquarteler" pour haute trahison, justement parce que sa fonction induisait tout au contraire des devoirs plus grands.