Au cours de cette rencontre à Tours qui réunissait nombre des meilleurs spécialistes de Marcel Proust autour de la notion, essentielle pour son oeuvre, d'originalité, ont d'abord été analysés ces passages célèbres d'A la recherche du temps perdu qui font de l'originalité créatrice un absolu et du surgissement de ce " nouvel écrivain ", (dont Flaubert ou Giraudoux furent aux yeux de Proust les prototypes) une sorte de miracle ex nihilo. Néanmoins, plusieurs approches génétiques et linguistiques permettront de prendre du recul par rapport à ces textes mythiques en mettant l'accent sur les fluctuations, sur les doutes et sur les contradictions de cette pensée proustienne de l'originalité - une originalité qui, dans l'oeuvre de Proust elle-même, semble avoir été conquise de manière bien plus progressive (à partir des tâtonnements des oeuvres de jeunesse) et bien moins autarcique en combinant " mémoire de la littérature " et exorcismes de l'imitation (ce qui sera examiné à la lumière d'un large éventail intertextuel allant d'Homère à Baudelaire en passant notamment par Racine, par Balzac et par Michelet). Suivront un ensemble d'articles consacrés à la réception, souvent empreinte d' " idées reçues ", des originalités proustiennes par la critique et à quelques réceptions créatrices plus " originales " de grands écrivains français ultérieurs comme Jean-Paul Sartre, Claude Simon ou Pascal Quignard. Cet ouvrage sera enfin l'occasion de déplacer avec humour la hantise proustienne de l'originalité, comme le fait Antoine Compagnon, du côté de la légère angoisse et de l'auto-ironie des innombrables lecteurs et des fort nombreux chercheurs que cette oeuvre devenue canonique a suscités partout dans le monde : on se sera cru original à l'adolescence en aimant Marcel Proust alors qu'on aura peut-être été seulement typique de la ferveur littéraire de toute une génération !
Nombre de pages
297
Date de parution
14/09/2010
Poids
378g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841745180
Titre
Originalités proustiennes
Auteur
Chardin Philippe
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
378
Date de parution
20100914
Nombre de pages
297,00 €
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Résumé : L'?uvre de Musil qui jusqu'à présent a surtout donné lieu de la part de la critique française à des ouvrages d'orientation philosophique sera abordée ici d'un point de vue essentiellement littéraire, dans un contexte européen. Chaque chapitre étudiera un aspect différent de cette ?uvre capitale qui est loin de se réduire à L'Homme sans qualités à partir de problématiques comparatistes successives qui mettront les livres de Musil en rapport avec ceux de Flaubert (" la bêtise consiste à vouloir conclure "...), de Dostoïevski (l'application laborieuse du " tout est permis "...), de Joyce, de Proust et de James (" les désarrois " dans les nouveaux romans de formation), d'André Breton et des surréalistes (les représentations de la folie et de ses " sympathisants "), de Valéry (la vision de l'Europe et la conception " extraterritoriale " du rôle de l'intellectuel)... D'autres questions rarement posées à propos de cette ?uvre comme celle des formes brèves - importante malgré les apparences ! - ou des rapports entre le livre et la vie (" parler comme un livre ", persiflait le jeune Musil, " vivre comme on lit ", propose son héros Ulrich) complètent cet essai que conclut une évaluation des pouvoirs respectifs de la littérature et de la philosophie selon un écrivain qui disait " accorder à la littérature une importance qui dépasse de beaucoup celle des autres activités humaines ".
Pour quelles raisons, malgré son intérêt bien connu pour la science et pour la philosophie, Musil affirmait-il "accorder à la littérature une importance qui dépasse de beaucoup celle des autres activités humaines" ? Ce livre de synthèse procède par approches comparatistes mettant en rapport, à partir de problématiques qui touchent à des domaines essentiels pour sa pensée et pour son écriture, l'oeuvre de Musil et celle de grands écrivains européens envers lesquels ce contempteur de toute concession à la facilité en littérature n'a pour une fois pas fait preuve de sa sévérité habituelle : Flaubert ("la bêtise consiste à vouloir conclure"), Dostoïevski ("le "tout est permis" et son application problématique"), Claudel (le "théâtre de la nécessité"). Ce livre rapproche aussi l'auteur de L'Homme sans qualités de certains de ses grands contemporains, en particulier de Marcel Proust, d'André Breton, de Joseph Roth. Il tente enfin de traiter, en examinant l'ensemble d'une oeuvre immense (nouvelle, théâtre, petites proses, essais, journaux) qui est loin de se réduire à L'Homme sans qualités et aux Désarrois de l'élève Törless, des questions souvent négligées à son propos, celle de sa conception originale du théâtre, celle de sa maîtrise des formes brèves dans lesquelles ce maître du roman monumental et inachevé excellait paradoxalement, celle - que Musil s'est souvent lui-même posée de manière fort intéressante - des rapports entre le corps et la pensée ou entre l'art et la vie, questionnement constant qu'a pu masquer la réputation de pur "Monsieur Teste" qu'on a parfois abusivement faite à un auteur de livres sensuels, violents et passionnés.
La méfiance dont l'oeuvre de Proust témoigne envers la tradition littéraire française, tant du néo-classicisme que de "l'art pour l'art", semble avoir pour corollaire des références à des contre-modèles étrangers - notamment anglais, allemands ou russes - desquels procède en partie ce providentialisme qui imprègne A la recherche du temps perdu. Second paradoxe essentiel, Proust aura découvert des traits importants de sa "modernité" sans connaître les romanciers étrangers qui peuvent nous apparaître comme les plus proches de lui parmi ses contemporains, Robert Musil, Italo Svevo ou James Joyce (sur l'oeuvre desquels portent plusieurs des parallèles comparatistes de ce livre), mais en proposant des lectures empathiques et "en avance sur son temps" de grands romanciers européens du XIXème siècle comme Flaubert, comme Tolstoï ou comme Dostoïevski. Ce vaste parcours culturel, mis en rapport avec des chapitres consacrés aux représentations proustiennes de "l'amour-jalousie", montrera aussi à quel point l'affect et l'intellectualité se sont trouvés étonnamment imbriqués chez un écrivain qui a toujours su admirablement faire dialoguer avec sa fantasmatique propre les grandes oeuvres du répertoire.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations (d')après Flaubert.