PROUST OU LE BONHEUR DU PETIT PERSONNAGE QUI COMPARE.
CHARDIN PHILIPPE
CHAMPION
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EAN :9782745313812
La méfiance dont l'oeuvre de Proust témoigne envers la tradition littéraire française, tant du néo-classicisme que de "l'art pour l'art", semble avoir pour corollaire des références à des contre-modèles étrangers - notamment anglais, allemands ou russes - desquels procède en partie ce providentialisme qui imprègne A la recherche du temps perdu. Second paradoxe essentiel, Proust aura découvert des traits importants de sa "modernité" sans connaître les romanciers étrangers qui peuvent nous apparaître comme les plus proches de lui parmi ses contemporains, Robert Musil, Italo Svevo ou James Joyce (sur l'oeuvre desquels portent plusieurs des parallèles comparatistes de ce livre), mais en proposant des lectures empathiques et "en avance sur son temps" de grands romanciers européens du XIXème siècle comme Flaubert, comme Tolstoï ou comme Dostoïevski. Ce vaste parcours culturel, mis en rapport avec des chapitres consacrés aux représentations proustiennes de "l'amour-jalousie", montrera aussi à quel point l'affect et l'intellectualité se sont trouvés étonnamment imbriqués chez un écrivain qui a toujours su admirablement faire dialoguer avec sa fantasmatique propre les grandes oeuvres du répertoire.
Date de parution
23/02/2006
Poids
660g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782745313812
Titre
PROUST OU LE BONHEUR DU PETIT PERSONNAGE QUI COMPARE.
ISBN
2745313819
Auteur
CHARDIN PHILIPPE
Editeur
CHAMPION
Largeur
160
Poids
660
Date de parution
20060223
Disponibilité
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L'?uvre de Musil qui jusqu'à présent a surtout donné lieu de la part de la critique française à des ouvrages d'orientation philosophique sera abordée ici d'un point de vue essentiellement littéraire, dans un contexte européen. Chaque chapitre étudiera un aspect différent de cette ?uvre capitale qui est loin de se réduire à L'Homme sans qualités à partir de problématiques comparatistes successives qui mettront les livres de Musil en rapport avec ceux de Flaubert (" la bêtise consiste à vouloir conclure "...), de Dostoïevski (l'application laborieuse du " tout est permis "...), de Joyce, de Proust et de James (" les désarrois " dans les nouveaux romans de formation), d'André Breton et des surréalistes (les représentations de la folie et de ses " sympathisants "), de Valéry (la vision de l'Europe et la conception " extraterritoriale " du rôle de l'intellectuel)... D'autres questions rarement posées à propos de cette ?uvre comme celle des formes brèves - importante malgré les apparences ! - ou des rapports entre le livre et la vie (" parler comme un livre ", persiflait le jeune Musil, " vivre comme on lit ", propose son héros Ulrich) complètent cet essai que conclut une évaluation des pouvoirs respectifs de la littérature et de la philosophie selon un écrivain qui disait " accorder à la littérature une importance qui dépasse de beaucoup celle des autres activités humaines ".
Au cours de cette rencontre à Tours qui réunissait nombre des meilleurs spécialistes de Marcel Proust autour de la notion, essentielle pour son oeuvre, d'originalité, ont d'abord été analysés ces passages célèbres d'A la recherche du temps perdu qui font de l'originalité créatrice un absolu et du surgissement de ce " nouvel écrivain ", (dont Flaubert ou Giraudoux furent aux yeux de Proust les prototypes) une sorte de miracle ex nihilo. Néanmoins, plusieurs approches génétiques et linguistiques permettront de prendre du recul par rapport à ces textes mythiques en mettant l'accent sur les fluctuations, sur les doutes et sur les contradictions de cette pensée proustienne de l'originalité - une originalité qui, dans l'oeuvre de Proust elle-même, semble avoir été conquise de manière bien plus progressive (à partir des tâtonnements des oeuvres de jeunesse) et bien moins autarcique en combinant " mémoire de la littérature " et exorcismes de l'imitation (ce qui sera examiné à la lumière d'un large éventail intertextuel allant d'Homère à Baudelaire en passant notamment par Racine, par Balzac et par Michelet). Suivront un ensemble d'articles consacrés à la réception, souvent empreinte d' " idées reçues ", des originalités proustiennes par la critique et à quelques réceptions créatrices plus " originales " de grands écrivains français ultérieurs comme Jean-Paul Sartre, Claude Simon ou Pascal Quignard. Cet ouvrage sera enfin l'occasion de déplacer avec humour la hantise proustienne de l'originalité, comme le fait Antoine Compagnon, du côté de la légère angoisse et de l'auto-ironie des innombrables lecteurs et des fort nombreux chercheurs que cette oeuvre devenue canonique a suscités partout dans le monde : on se sera cru original à l'adolescence en aimant Marcel Proust alors qu'on aura peut-être été seulement typique de la ferveur littéraire de toute une génération !