Arrêter de tout contrôler. Les joies de l'inattendu et de l'imprévu

Chabrillac Odile

JOUVENCE

PréambuleParfois cela arrive à 20 ans. D'autres fois à 50 ans. Peu importe, finalement. C'est un moment étrange, de doute et de questionnement: nous avons tout ce dont nous avions rêvé, tout ce en quoi nous avons cru pendant des années, tout devrait aller au mieux. Et pourtant, ce n'est pas ça... Les interrogations se bousculent alors... Qu'ai-je fait de ma vie? Quel sens a-t-elle? Pourquoi avoir dépensé tant d'énergie? Pour quel résultat? Et les réponses ont du mal à émerger.«Je ne savais pas quoi faire. Plus quoi faire. J'étais allée de thérapeute en thérapeute, de livre en livre, de stage en séminaire. Et pourtant, j'avais l'impression d'être dans une impasse, je n'étais satisfaite de rien, se souvient Marie. Vous savez, il y a une chanson qui dit: "C'est quand le bonheur?" Eh bien, j'en étais bloquée là. J'avais un mari présent, deux adorables garçons, ma vie semblait être une réussite et je me répétais ça à longueur de temps, c'est quand, le bonheur?»Pourtant, nous tous, comme elle, faisons ce qu'il faut pour le trouver, ce bonheur. Et nous avons également une idée assez précise de la manière dont il devrait se présenter. «Si j'avais cinq kilos de moins, un compagnon plus aimant, davantage d'argent...», pensons-nous, alors, alors... Alors quoi? Alors, enfin, les portes de la félicité s'ouvriraient et nous pourrions accéder au paradis des êtres comblés. En attendant, nous nous affairons pour tenter de satisfaire ces préalables incontournables, pour remplir les cases de tous ces «si» qui nous apparaissent comme autant de clés pour y entrer. Nous faisons même le maximum car nous pensons que les conditions sont nombreuses. C'est ainsi que nous avons été éduqués. «Quand on veut, on peut», dit-on. Nous voulons. Pourquoi ne parviendrons-nous pas nous aussi à destination? Ce n'est pas faute d'y mettre tout notre coeur, notre bonne volonté, et même une grande partie de notre énergie. Ce n'est pas faute non plus, comme Valérie, de contrôler ce qui peut l'être dans notre vie: «Je suis la reine des listes, des projets sur le papier. C'est simple, je planifie tout: mon boulot, mon budget, mes vacances... Même mon poids est sous contrôle: je me pèse tous les matins pour noter le résultat sur un petit carnet, et je me mets tout de suite en mouvement si les choses dépassent la limite que je me suis imposée.» Ce que Valérie ne dit pas, c'est que ces derniers temps, elle a du mal à suivre le rythme. Des problèmes professionnels, un déménagement précipité... Lorsque le réveil sonne à 5 heures, elle est nettement moins motivée pour aller courir en forêt. Un mal? Un bien? Difficile à dire, même si son seul objectif, pour le moment, serait de retrouver sa vie d'avant. Et les règles du jeu dont elle a tellement besoin pour se rassurer.Et nous sommes nombreux dans ce cas. Nombreux et nombreuses à ressentir la nécessité de savoir exactement où nous en sommes, de planifier au mieux n'importe quelle situation, de faire des projets pour ensuite les gérer avec précision. «Everything is under control» (tout est sous contrôle) pourrait être le leitmotiv des temps modernes, notre ritournelle préférée. Nous avons un plan de vie, des besoins, des envies que nous tentons tant bien que mal d'assouvir, de réaliser. Nous faisons ce que nous croyons juste pour parvenir à notre but, et parfois même nous y parvenons. Il arrive que ce soit au prix d'efforts considérables. Mais ce n'est pas grave. Ce qui importe, c'est d'aboutir au résultat que nous nous sommes fixés. Coûte que coûte, ce qui signifie littéralement: quel que soit le prix à payer. Alors, justement, quel est-il ce prix d'une vie prise entre les étaux impérieux de notre volonté: Si c'était celui du plaisir, de la joie de vivre et de la légèreté? Et si, pour y remédier, nous renoncions à ce contrôle draconien sur notre existence pour goûter aux joies de l'imprévisible?

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EAN
9782889113026
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