La nouveauté des analyses ici présentées tient à la saisie du langage en action et comme action, non comme l'instrument d'une conscience à perfectionner et à éduquer, mais comme un agent par lequel se modulent les questionnements, les classifications, les argumentations, les raisonnements, les jugements qui légitiment les pratiques relationnelles, et aussi, à un niveau plus profond et existentiel, la confiance sans laquelle il n'est pas possible de parler le même langage, et donc de parler ensemble. Le questionnement éthique se trouve renouvelé et élargi par cette approche qui l'enrichit de questions nouvelles sur des terrains nouveaux. Les actions de nommer, décrire, désigner, affirmer ou nier, formuler, interroger, justifier ou accuser, évaluer etc. sont en grande partie une affaire de mots, c'est-à-dire l'affaire d'un rapport éthique au langage. Une telle éthique, en révélant à autrui sa propre compétence communicationnelle, élève la relation à plusieurs à la hauteur d'un nous qui s'invente dans les moments où chacun devient capable de... relation.
Nombre de pages
194
Date de parution
01/06/2007
Poids
270g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296032859
Titre
Ethique du rapport au langage
Auteur
Castillo Monique ; Jacques Francis ; Humeau Marie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
270
Date de parution
20070601
Nombre de pages
194,00 €
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L'histoire désespère les attentes du progrès, en même temps qu'elle en offre les signes. Le genre humain s'inscrit contradictoirement dans une nature qui contrarie ses fins, autant qu'il en déroute les déterminations. Kant prend le risque d'espérer, par devoir de contrecarrer les pessimismes despotiques, ainsi qu'il ressort de l'examen précis des textes où apparaît la question de la culture - des trois Critiques aux Réflexions posthumes, somme précieuse de références. Le traitement téléologique en requiert les ressources de l'histoire naturelle et celles d'une administration critique de la finalité. La culture décrit l'itinéraire étrange d'un développement naturel qui est mouvement de s'arracher à la naturalité. Ainsi apparaît l'adéquation d'une conception culturelle du progrès au caractère indéchiffrable de la nature humaine, que divisent des destinations incompatibles. Il s'agit de restituer, à l'idée du progrès, sa place critique, inconfortable, mais nécessaire. En un temps où les hommes, délaissant l'utopie du meilleur, cherchent dans la culture le lieu de leur identification, la position kantienne confirme son actualité critique.
Peut-on être anti-humaniste ? qu'est-ce qu'être humaniste ? Le rationalisme des Lumières n'est-il que scepticisme ? Peut-on penser sans préjugés ? Comment distinguer entre un préjugé et un présupposé etc. Ce petit ouvrage procède à un examen des questions qui ont été posées aux Lumières sur la base des questions qui sont, aujourd'hui, posées à l'humanisme issu des Lumières. Humanisme éthico-juridique des Droits de l'homme, d'un côté. Anti-humanisme, de l'autre, qui se fait, aujourd'hui, adversaire de l'humanisme techno-scientifique.
Sait-on encore ce que veut dire : être citoyen ? Quelle différence y a-t-il entre le pacte social et la servitude volontaire ? Qu'est-ce qu'être un citoyen du monde ? Que signifie la citoyenneté en dehors de la nationalité etc. À travers les questions qui se posent aujourd'hui sur la nature et les crises de la solidarité citoyenne. Il se confirme que la dimension publique de l'existence qu'est la citoyenneté se nourrit de mobiles inséparablement individuels et communs, de raisons d'agir collectivement individuelles en quelque sorte, puisque la citoyenneté n'existe pas sans une union des citoyens.
L'idée s'est largement répandue que le sort de la paix est étroitement lié au destin d'une civilisation mondialisée, uniformisée par la généralisation des mêmes comportements face à l'information et à la consommation. La perspective d'une extension planétaire de la rationalité scientifique et technique inspire le sentiment que la paix serait devenue une affaire "postmoderne"; il est tentant de regarder cette perspective comme une sorte de fin de l'histoire et de croire que la paix pourrait désormais s'administrer comme une chose. Les adeptes d'un gouvernement mondial l'admettent à leur façon, en ramenant la paix à un objectif productible par le moyen d'une homogénéisation des besoins et des satisfactions. Mais le XXIe siècle naissant voit apparaître une nouvelle combinatoire du danger, de nouveaux types de conflits et de nouveaux déchaînements de violence. La transformation de la guerre engendre des divisions sur la question de la paix à l'intérieur de la civilisation occidentale, qui devient elle-même une réalité à détruire par ceux qui s'en disent les ennemis. Fait nouveau: c'est au moment où l'on prend conscience de la dimension culturelle de la paix, par-delà sa dimension politique, que ses enjeux culturels deviennent tout autant une arme de guerre qu'une arme... de paix.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...