La responsabilité des modernes. Essai sur l'universalisme kantien
Castillo Monique
KIME
27,40 €
Épuisé
EAN :9782841744169
Quand le mot "culture" comprend les traditions, les modes de vie et les mémoires comme des valeurs plutôt que comme des faits, il s'y attache une responsabilité spécifique: celle de leur présentation ou langage public de leur communicabilité. II est assurément nâif de croire qu'un nationalisme esthétique pourrait prendre la place du nationalisme belliciste, alors que le contenu sensible et affectif des identifications communautaires contribue, au contraire, à nourrir les ressentiments et les haines qui bellicisent les relations politiques. Toutefois, la distinction faite par la philosophie critique entre le schème et le symbole, c'est-à-dire entre le conditionnement et l'inspiration, tient en réserve un type d'action culturelle qui serait en mesure de conférer aux langages des cultures une légitimité relationnelle universelle, à l'opposé des schématismes qui jouent la lettre d'une identité contre l'esprit d'une culture.Quand l'expression de soi, qu'elle soit religieuse ou artistique, choisit la voie de la domination, elle se sert des moyens de pression politiques et médiatiques pour faire la preuve de son pouvoir d'influencer et de contraindre. Quand, en revanche, elle se prête à la traduction de soi, elle élève ses ressources symboliques jusqu'au pouvoir d'inspirer et contribue ainsi à la formation d'un monde possible, monde de signes qui a besoin d'interprètes plutôt que de partisans. Biographie de l'auteur Monique Castillo, professeur à l'Université de Paris XII, a publié divers travaux sur la philosophie kantienne (Kant, L'invention critique, Vrin, 2000, L'Europe de Kant, Privat, 2001) et sur la philosophie poli tique (La citoyenneté en question, Ellipses, 2002, Morale et politique des droits de l'homme, Olms, 2003, Connaître la guerre et penser la paix, Kimé, 2005).
Nombre de pages
287
Date de parution
11/01/2007
Poids
392g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841744169
Titre
La responsabilité des modernes. Essai sur l'universalisme kantien
Auteur
Castillo Monique
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
392
Date de parution
20070111
Nombre de pages
287,00 €
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L'histoire désespère les attentes du progrès, en même temps qu'elle en offre les signes. Le genre humain s'inscrit contradictoirement dans une nature qui contrarie ses fins, autant qu'il en déroute les déterminations. Kant prend le risque d'espérer, par devoir de contrecarrer les pessimismes despotiques, ainsi qu'il ressort de l'examen précis des textes où apparaît la question de la culture — des trois Critiques aux Réflexions posthumes, somme précieuse de références. Le traitement téléologique en requiert les ressources de l'histoire naturelle et celles d'une administration critique de la finalité. La culture décrit l'itinéraire étrange d'un développement naturel qui est mouvement de s'arracher à la naturalité. Ainsi apparaît l'adéquation d'une conception culturelle du progrès au caractère indéchiffrable de la nature humaine, que divisent des destinations incompatibles. Il s'agit de restituer, à l'idée du progrès, sa place critique, inconfortable, mais nécessaire. En un temps où les hommes, délaissant l'utopie du meilleur, cherchent dans la culture le lieu de leur identification, la position kantienne confirme son actualité critique.
Peut-on être anti-humaniste ? qu'est-ce qu'être humaniste ? Le rationalisme des Lumières n'est-il que scepticisme ? Peut-on penser sans préjugés ? Comment distinguer entre un préjugé et un présupposé etc. Ce petit ouvrage procède à un examen des questions qui ont été posées aux Lumières sur la base des questions qui sont, aujourd'hui, posées à l'humanisme issu des Lumières. Humanisme éthico-juridique des Droits de l'homme, d'un côté. Anti-humanisme, de l'autre, qui se fait, aujourd'hui, adversaire de l'humanisme techno-scientifique.
Sait-on encore ce que veut dire : être citoyen ? Quelle différence y a-t-il entre le pacte social et la servitude volontaire ? Qu'est-ce qu'être un citoyen du monde ? Que signifie la citoyenneté en dehors de la nationalité etc. À travers les questions qui se posent aujourd'hui sur la nature et les crises de la solidarité citoyenne. Il se confirme que la dimension publique de l'existence qu'est la citoyenneté se nourrit de mobiles inséparablement individuels et communs, de raisons d'agir collectivement individuelles en quelque sorte, puisque la citoyenneté n'existe pas sans une union des citoyens.
Le pouvoir est une réalité dont on se méfie, que l'on craint et que l'on combat; il est aussi une réalité que l'on souhaite, pour le renforcer, le transformer ou l'inspirer. Aujourd'hui, dans le cadre de la communication mondialisée, la diversité, la mobilité et parfois la contradiction des attentes à l'égard du pouvoir rendent son interprétation particulièrement difficile. La question pourrait se résumer ainsi: Quel est le statut du pouvoir dans le contexte de la mondialisation et sur le fond d'une grave mise en cause de la modernité? Les conflits de pouvoir caractéristiques de notre temps peuvent se ramener à des jeux d'alliance et de mésalliance entre trois types d'attente: le pouvoir comme puissance, le pouvoir comme domination et le pouvoir comme processus. La méthode employée vise à faire découvrir intuitivement, de l'intérieur, ce qui fait de chacune de ces positions une demande de sens autant qu'une volonté de pouvoir. Biographie: Monique Castillo est professeur de philosophie à l'université Paris-XII. Elle travaille sur la philosophie kantienne, l'éthique et la politique contemporaines.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Le poème, le juste : comment la poésie a-t-elle à voir avec la justesse et la justice ? "Rendre justice" suppose connaître la justesse de ce que l'on fait et dit. L'application mécanique du droit n'est pas la justice. N'est-ce pas une leçon de poésie qui se dit ici ? Si la justice passe d'elle-même, c'est par la vertu de l'agencement même du poème, dans l'équilibre de ses éléments et traits, condition sine qua non pour qu'elle soit ce qu'elle doit être. La "justice poétique" évoque une justice rendue sans l'intervention d'une tierce partie cherchant expressément à récompenser ou punir. Quelque chose comme une autorité simple se manifestant par le poème. La justesse trouverait-elle ainsi son efficacité propre, en poésie - et parfois, dans le monde ? Le fait que la justice réelle soit plus rarement présente dans le monde que la justesse dans la poésie ne constitue pas un constat d'impuissance quant à la poésie : au contraire, la pointe extrême, sociale, de ce que dit la proximité entre justice et justesse, entre politique et langage pourrait être le lieu même de la poésie. A travers des cas exemplaires, cet ouvrage invite à réfléchir sur la justice et la justesse de la poésie, en ouvrant les points de vue thématiques, génériques, métriques, l'histoire des théories poétiques, confrontant la littérature et les sciences humaines, afin de tenter de comprendre pour quelle raison la poésie, la justesse et le désir de justice sont si intrinsèquement liés.
Durkheim prononce son cours sur le Contrat social de Rousseau à l'Université de Bordeaux, où il enseigne la pédagogie et les sciences sociales de 1887 à 1902. Il présente la pensée sociale de Rousseau comme une source inspiratrice et un n'ud de problèmes. Peut-on à la fois soutenir que les individus sont le fondement de l'autorité politique et affirmer la supériorité de la loi sur l'individu? Quel individualisme la société moderne tend-elle à dissoudre ou à consacrer? C'est le sociologue autant que l'homme impliqué dans l'Affaire Dreyfus qui engage avec le théoricien de la volonté générale un dialogue sans concession.
La pensée n'est pas une abstraction. Elle est au contraire une réalité concrète et cette réalité est un vécu, mais un vécu qui n'a rien à voir avec celui de l'intériorité affective. C'est ainsi sous le titre de la vie de la pensée que s'annonce ce livre. Ce dernier est plus exactement une étude des essences fondamentales de la pensée. Ces essences sont d'abord la conjonction paradoxale entre l'aspiration à l'absolu et le renoncement à ce même absolu. C'est ici ce que l'auteur appelle la renonciation comme processus de relativisation, laquelle est paradoxalement un accomplissement. L'étude montre ensuite que cette vie de la pensée est l'enchaînement ordonné des trois essences de l'aspiration, de l'action déterminatrice et relativisatrice et de l'accomplissement ultimement relativisateur. Cette étude a notamment l'utilité de proposer une interprétation de l'histoire de la philosophie. Cette dernière serait en effet l'incarnation diversement ordonnée de trois ontologies, à savoir de trois pensées de l'êtres irréductibles les unes aux autres mais s'annonçant dans la logique vitale d'une seule réalité.