La Cause du désir N° 88 : L'expérience des addicts
Brousse Marie-Hélène
CAUSE DU DESIR
8,00 €
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EAN :9782905040886
Addict" est aujourd'hui sur toutes les lèvres, il flambe dans le discours contemporain. Il a remplacé les mots de "passion", de "vice", d'"habitude", donnant raison à Freud qui, dans Malaise dans la civilisation, prévoyait un avenir où la psychologie remplacerait la morale. Le terme d'addiction est d'un usage politique, il tend à lutter contre l'isolement des drogues illégales d'autres substances, qui, elles, sont légales, l'alcool et le tabac par exemple, par la constitution d'un ensemble tellement large qu'on n'en voit plus les limites aujourd'hui. Outre des textes d'analystes ayant travaillé avec des toxicomanes, on trouvera des articles étudiant le phénomène d'addiction à la lumière de l'orientation lacanienne. La rubrique C'est politique s'est invitée dans le dossier, questionnant la place du discours capitaliste et des neurosciences dans le processus, comme la rubrique Cas qui met la clinique des addicts à contribution. Et la psychanalyse elle-même, pratique addictive ? Trois analystes de l'Ecole ont bien voulu répondre. Et, surprise, une nouvelle rubrique, à l'initiative de J.-A. Miller, dont la responsable est Laura Sokolowsky : Archives. Pour l'inaugurer, une interview donnée par Jacques Lacan lui-même en Italie en 1974.
Nombre de pages
176
Date de parution
30/10/2014
Poids
200g
Largeur
175mm
Plus d'informations
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EAN
9782905040886
Titre
La Cause du désir N° 88 : L'expérience des addicts
Auteur
Brousse Marie-Hélène
Editeur
CAUSE DU DESIR
Largeur
175
Poids
200
Date de parution
20141030
Nombre de pages
176,00 €
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Présentation de l'éditeur Après le premier conflit mondial certains avaient pu croire qu'on pouvait en finir avec la guerre. Depuis, non seulement il y a eu la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi toutes les autres qui ont suivi. Les modalités de la guerre se transforment continuellement, mais elle ne cesse jamais. Aujourd'hui multiple, diverse, elle manifeste les traits de l'époque qui est la nôtre en ce début de xxie siècle : le déclin des figures d'autorité traditionnelles au profit du chiffre, des fonctions et des procédures standardisées ; le statut de Un-tout-seul du sujet qui modifie la psychologie des foules ; la montée au zénith des objets des technosciences, qui permettent de tout voir, de tout savoir et de faire la guerre sans y être physiquement ; l'information en temps réel pour tous. Une conclusion s'impose : la guerre est une des formes dominantes du lien social interhumain. Sa "barbarie" est la civilisation même. Face à ce réel, la paix apparaît comme un délire ou un voeu pieux. La guerre n'est pas un phénomène naturel, ce n'est pas une simple manifestation d'agressivité, car elle implique toujours une logique de discours : pas de guerre sans discours, pas de guerre sans signifiants maîtres qu'ils soient religieux, moraux, nationaux, ethniques, ou techniques... Toujours traumatique, l'expérience des guerres marque les sujets qui y sont confrontés d'un réel indélébile. Mais ce trauma est à chaque fois et pour chacun spécifique. La guerre est donc un laboratoire du fonctionnement psychique d'individus en situation extrême. Mais c'est aussi une mise en acte de la figure prise par le Surmoi à un moment historique donné. C'est dans cette double optique que cet ouvrage l'aborde, mobilisant une relecture de Freud et de ses élèves, à partir de l'enseignement de Jacques Lacan et des recherches novatrices menées par Jacques-Alain Miller sous le terme d'orientation lacanienne. Réunis par cette orientation, les travaux des différents auteurs apportent chacun un éclairage spécifique.
La psychanalyse est une scène de crime. Ça remonte à loin. Qui a tué Laïos ? Pour Sophocle, il n'est pas absolument sûr que ce soit Oedipe - des témoins parlent d'une bande de voleurs. En revanche, si avec Freud on se rend sur la scène de l'inconscient, là, évidemment, la volonté de tuer ne fait aucun doute. Il est notable que trois des oeuvres majeures de la bibliothèque analytique, Oedipe-Roi, Hamlet et La Lettre volée, sont, à des titres divers, des polars. L'analyste-détective est une figure quasi native de la psychanalyse. Maintenant, depuis Edgar Allan Poe, en plus de l'oreille, le psychanalyste est requis d'ouvrir l'oeil, parce que sa tâche est désormais aussi de collecter les objets qui traînent. L'élucidation lacanienne tiendrait de ce qu'on nomme l'investigation. "Rien de plus humain que le crime", disait Jacques-Alain Miller. Sur l'autre scène, nous sommes tous criminels, voilà le sûr - mais que le crime fasse traumatisme, ce n'est pas sûr du tout. Du coup, l'enquête s'oriente sur le corps du délit. C'est le noeud de l'affaire. On a des indices disséminés, et à partir d'eux on cherche à tracer une silhouette. Il s'agit de savoir qui a été tué, ou quoi. On a le criminel, le problème, c'est l'objet du crime qui manque. Où est passé le corps? C'est un casse-tête analytique quotidien.
Un introuvable de Lacan, des inédits de Jacques-Alain 1Millci et de Christine Angot, deux entretiens, avec Blandine Savetier, metteure en scène, et David Mallett, coiffeur, et une série de textes issus de l'expérience analytique : c'est la psychanalyse à l'aeuvre ! Sans oublier notre dette envers Charlie...
Les psychanalystes auraient-ils des choses à dire sur le capitalisme ? Jacques Lacan a proposé le discours du capitaliste pour saisir l'enjeu de la circulation des marchandises dans le monde et de la plus-value formalisée par Marx, reformulée en plus-de-jouir. Avec son aversion pour la perte, le discours du capitaliste relève plus du circuit, car ici, contrairement aux quatre discours inventés par Lacan en 1969, aucune barrière n'entrave la jouissance, ni la satisfaction. C'est le règne du plus-de-jouir sans frein. Les conséquences envahissent aujourd'hui le devant de la scène : ravalement et perte du sens de la parole chez les êtres parlants, aliénation aux objets de consommation que le fantasme fondamental soutient, délitement du lien social, etc. Si le discours du capitaliste « ne veut rien savoir des choses de l'amour », Lacan y entrevoit une sortie « qui ne sera pas un progrès si c'est seulement pour quelques-uns ». Quelques clés de lecture dans ce numéro de La cause du désir.
Les psychanalystes disposent d'une lucarne sans équivalent sur la pulsion de mort et son circuit : de l'intime malaise des vies singulières à son déchaînement féroce dans la civilisation. La Cause du désir se propose donc d'en savoir plus sur ce qui, dans la vie, peut préférer la mort et approche par là le problème du mal. De la sidérante conférence de Lacan à Louvain (1972), éditée pour la première fois par Jacques-Alain Miller, au jeu d'échec avec la mort de l'artiste Christian Boltanski, le lecteur découvrira un numéro très actuel, d'une grande richesse théorique et clinique, tant il est vrai que " vivant " et " mort " relèvent fondamentalement du rapport de chacun avec la structure : la parole, le corps et le réel, noués par le symptôme. Mort ou vif ? Pour la psychanalyse, c'est un choix du sujet.