L'Etat, l'armée, la science. L'invention de la recherche publique en France (1763-1830)
Bret Patrice
PU RENNES
28,01 €
Epuisé
EAN :9782868476555
En avril 1793, le premier acte du Comité de salut public est la création d'une commission chargée de " rechercher et d'éprouver les nouveaux moyens de défense " : derrière Guyton et Prieur de la Côte-d'Or, les savants prennent en main l'organisation matérielle de la victoire de la France républicaine contre l'Europe coalisée et inspirent les grandes institutions scientifiques et techniques fondées par la Convention (École polytechnique, Conservatoire des arts et métiers.) L'analyse des ressorts de cet épisode héroïque de la mémoire nationale en donne ici une lecture enfin dégagée de l'anecdote et de l'idéologie, qui inscrit l'action des savants et des politiques dans la genèse de la recherche publique : de la fin de la Guerre de Sept ans à la révolution de 1830, par-delà les changements de régime, la modernisation de l'État passe aussi par la gestion de l'innovation. Avant d'être un modèle de crise vers lequel se tournera la France en 1870 et en 1914, la " mobilisation des savants " de l'An II est le c?ur d'une organisation révolutionnaire de la recherche fondée sur une étroite collaboration entre le savoir et le pouvoir. Elle assure le passage entre le vieux modèle colbertiste de l'expertise académique de l'Ancien Régime, moins figé qu'on ne le pense, et un modèle technocratique d'administration de la recherche par les corps d'État de formation polytechnicienne. La normalisation qui s'opère du Directoire à la Restauration prend ses racines dans la puissance croissante des corps savants dans l'appareil de l'État, depuis la création de leurs écoles au siècle des Lumières et de leurs comités centraux sous la Révolution. De Louis XVI à Charles X, mais avec une impulsion majeure sous la Ière République, le pouvoir invente des formes d'intervention et des structures spécifiques. Il uniformise les procédés, les matériels et les formations, assure l'expertise et la conservation patrimoniale des inventions. Il prend l'initiative d'une recherche collective dans des institutions pérennes où il lance des programmes de recherche associant savants et militaires pour " l'application des sciences à la guerre ". Un nouveau paysage de l'innovation est mis en place pour plus d'un siècle. Derrière le caractère militaire de ces institutions, il s'agit en fait de la naissance de la recherche publique en France. La suite n'est que changement d'échelle, adaptation aux réalités nouvelles et évolution naturelle d'un modèle dont l'influence se fait sentir à l'étranger après Waterloo.
Nombre de pages
483
Date de parution
24/04/2002
Poids
868g
Largeur
165mm
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EAN
9782868476555
Titre
L'Etat, l'armée, la science. L'invention de la recherche publique en France (1763-1830)
Auteur
Bret Patrice
Editeur
PU RENNES
Largeur
165
Poids
868
Date de parution
20020424
Nombre de pages
483,00 €
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Epuisé
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Au mois de juillet 1798, les troupes françaises commandées par le général Bonarparte débarquent à Alexandrie. Cette confrontation avec l'Egypte constitue un véritable choc culturel. Pendant trois ans, les Français découvrent le désert, ses mirages et ses Bédoins, le labyrinthe de la ville orientale et la crue du Nil. L'armée rencontre des ennemis plus implacables que les mamelouks : la peste et le typhus. Savants et ingénieurs dressent la carte de la région, préparent le percement de l'isthme de Suez et font l'inventaire systématique du pays ; ils explorent les monuments pharaoniques, les dessinent et les relèvent dans des conditions difficiles. En ville, la petite communauté s'installe, avec ses quartiers, ses ateliers et manufactures, ses journaux, ses cafés, son théâtre... L'ordre français règne dans la rue mais, pour le peuple égyptien, c'est un pouvoir étranger à sa religion, qui dérange ses règles et ses routines. Si les contacts entre les français et la population sont nombreux, ils restent superficiels, parce que les rapports sont inégaux et qu'il faudrait apprendre les coutumes de l'autre... L'expédition laisse pourtant des traces profondes et, une fois les Français partis, les relations franco-égyptiennes se font plus étroites. La modernisation germera dans l'Egypte de Muhammad Ali.
Préface d'Élisabeth Badinter. Sous le masque de la traduction, souvent, et celui de l'anonymat, toujours, Mme d'Arconville appartient tout à la fois au monde des lettres et à celui des sciences. Elle aime Rousseau et Voltaire mais déteste les philosophes. Elle s'adonne à la botanique, à l'anatomie et à la chimie, puis à l'histoire. Enfermée dans son laboratoire ou penchée sur des manuscrits de la Bibliothèque royale, elle n'en fréquente pas moins les cercles littéraires, artistiques, politiques, scientifiques et médicaux. Tout en traduisant le Traité d'Ostéologie de Monro et les Leçons de chymie de Shaw (1759), elle mène un ambitieux programme de recherches originales qu'elle publie (Essai pour servir à l'histoire de la putréfaction, 1766). De l'anglais ou de l'italien, elle traduit aussi tous les genres littéraires (éducation, roman, théâtre, poésie...) et publie elle-même des essais de morale, des romans et des biographies, avec un succès tel que ses écrits sont attribués à Diderot et qu'un essai de Frédéric le Grand lui est attribué ! Pour bien marquer sa propriété sur une oeuvre éclectique, elle la réédite... sans dévoiler son identité ( Mélanges de littérature, de morale et de physique (1775-1776) , 7 vol.), et se consacre à l'écriture de l'histoire. Qu'est-ce que faire de la science pour une femme de la haute société sous Louis XV ? Qu'est-ce qui la pousse à reprendre la plume à quatre-vingts ans sous Bonaparte, après avoir renoncé à publier ? L'éclectisme et l'anonymat fournissent des clés pour mieux comprendre la place de la traduction dans une ambition qui refuse de s'exposer dans l'espace public, les ponts improbables entre une sensibilité janséniste, l'expérimentation et l'histoire, ou l'insertion du champ scientifique dans la culture des Lumières. Ce premier ouvrage consacré à Mme d'Arconville invite à revisiter « l'ambition féminine du XVIIIe siècle », à la suite d'Elisabeth Badinter, et à dépasser la figure traditionnelle des salonnières pour découvrir des femmes plus discrètes et redécouvrir des oeuvres oubliées qui ont compté en leur temps.
Comment un savant devient-il célèbre ? Quels critères permettent sa renommée ou sa réhabilitation ? Pourquoi certaines figures n'ont-elles jamais accédé à la célébrité ? Pour tenter de répondre à ces questions, l'histoire des sciences et des techniques bénéficie d'un éclairage nouveau grâce à la renaissance du genre biographique. L'apport de ce dernier est considérable, qu'il s'agisse d'étudier la construction historique des grandes catégories culturelles ou la construction sociale et politique de figures individuelles. Issu des recherches présentées lors du 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, cet ouvrage offre un regard original sur certains savants et inventeurs dont les trajectoires sont liées aux mécanismes de la gloire et de l'oubli.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.