Je vous écris de La Norgetterie. Vous ne trouverez pas cet écart sur les cartes, à moins de consulter les terriers du comte de Sade, ultime aristocrate possessionné en ce lieu. Aire d'inspiration et partie intégrante d'un hameau, située sur les limes de la Champagne et de la Picardie, elle fut, au cours des siècles allotie, au gré des feudataires, tantôt à l'une, tantôt à l'autre de ces deux provinces briguées : un premier temps dans l'orbite des comtes de Châtillon, un second dans celui des princes de Condé, pour finir dans celui des Bourbon. Non loin de là, défiant toutes les époques, demeure un passage inaliénable qui y mène : la vallée de la Marne. Comment s'étonner alors qu'au long de cette rivière perdure l'appétence épistolaire ? Elle ne put être alimentée que par Matrona, déesse tutélaire et mère nourricière des villages qui bordent ses berges, nymphe des espaces humides où le temps des brumes a toujours été propice aux histoires stimulant, de l'antiquité jusqu'à nos jours, l'imaginaire du paysannat et qui engendrent de nombreux récits. Dans ces éons naît, se ressource et s'exerce toute la puissance du verbe. Chargée d'éternelles évocations, Matrona, nous guide au fil de l'eau.
Nombre de pages
126
Date de parution
05/03/2020
Poids
160g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343198224
Titre
Matrona. Lettres champenoises
Auteur
Boller Bernard
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
160
Date de parution
20200305
Nombre de pages
126,00 €
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Les aèdes et les minnesingers, voire les poètes, ont toujours raison, ils chantent l'avenir du passé. Selon le Chant des Nibelungen, rédigé en moyen haut-allemand au XIIIe siècle et qui a renouvelé les épopées grécolatines, le plus fabuleux trésor du monde repose au fond du Rhin, sous la ville de Worms. Son principe réside dans une source d'or, d'amour et de joie pour ses détenteurs, tant qu'ils n'en font pas usage pour leur propre pouvoir. Au sein de cette anastylose littéraire, nous donnons la parole aux descendants des Nibelungen. Ils ont cru reconnaître en la République française le trésor du Rhin.
Bataillons de typographes (1870-1871) : de la casse au ,fusil, en convoquant de nombreux polygraphes contemporains de l'époque, fait émerger les prolo-propagandes, sources des débats qui alimentent encore aujourd'hui le mouvement ouvrier. A la fin du Second Empire, les idéologies se construisent. et tout naturellement, premiers lecteurs et dépositaires, les typographes en sont les principaux vecteurs. Fait social et fait politique, lors de la naissance de la IIIe République, deviennent alors indissociables. Après la décapitalisation de Paris au profit de Versailles, ces ouvriers lettrés furent profondément humiliés car, le 8 février 1871, ils avaient en masse voté républicain, et l'Assemblée nationale restait dominée par les députés royalistes. Selon le rapport présenté en 1875 (levant l'Assemblée nationale par le général Félix Appert, les ressortissants du livre fournirent mille cinq cents hommes au mouvement insurrectionnel dont : deux lieutenants-colonels, quatorze commandants, soixante-quatorze capitaines, quarante-neuf lieutenants, cinquante-trois sous-lieutenants et soixante-neuf sous-officiers. Mais ce rapport omet trois généraux fédérés (Jules Rergeret, typographe, Emile Eudes et Napoléon La Cécilia, correcteurs). Le temps et les générations passant, l'important lien émotionnel s'est rompu. Seuls les archives, les témoignages et les objets subsistent. Que ces hommes fussent anarchistes, ateliéristes, blanquistes, communistes, fouriéristes, francs-maçons, internationalistes, proudhoniens, possibilistes, réformistes ou socialistes ; tous (le et du caractère, ils ont marqué d'une empreinte indélébile la culture des ouvriers du livre. Leurs sensibilités perdurent ; elles innervent encore aujourd'hui les organisations syndicales représentatives du Labeur et de la Presse.
Homo sapiens a constaté qu'après un certain temps de macération, les fruits, les agrumes ou les graminées se commuaient en un breuvage qui le métamorphosait. Il s'est interrogé sur ce phénomène. L'alcool était né et son dépositaire, le vin, ne tarda pas à être vénéré.Les diverses civilisations qui ont connu cette boisson, pas tout à fait comme les autres, au gré des circonstances et des opportunités, élaborèrent leur mythologie, voire leur religion, en proclamant ce breuvage démiurgique.Durant huit millénaires, cette humanité s'est évertuée à recycler, fusionner et récupérer ces rites ou ces cultes. L'auteur nous invite à les revisiter, soulignant les divers réemplois parvenus jusqu'à nous. Il nous décrit le continuum insoupçonné ouvrant sur des phénomènes de syncrétisme, puis nous convie à parcourir l'espace et le temps de cette exceptionnelle dévotion pour le vin.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...