Ecrire la guerre s'inscrit dans la tradition mimétique de la fiction ou dans la tradition historique de la chronique, de l'enquête, du témoignage. La sélection des épisodes - avant, pendant, après la guerre - et des modalités de la représentation donne à chacune de ces traditions des significations et des enjeux singuliers, qui renvoient à des questions de fond. Dans quelles conditions de possibilité la guerre peut-elle être pensée de l'intérieur de l'Histoire ? Apparaît-elle comme un moyen de la politique, ou comme une sortie du politique ? Sur le plan empirique de l'expérience, qu'apporte la littérature de la guerre à l'Histoire à faire et à venir ? Sur le plan esthétique, en quoi cette littérature met-elle à l'épreuve la valeur heuristique de la fiction, et la valeur épistémologique des témoignages ou de l'écriture de voyage ou d'enquête ? C'est pour répondre à ces questions que s'est élaboré cet ouvrage, en hommage aux réflexions lancées par Marc Dambre sur les rapports entre littérature, Histoire et politique, de la génération, enrôlée et casquée, des Hussards jusqu'à celle qui, née dans les dernières décennies du vingtième siècle, entre en littérature à l'orée du vingt-et-unième.
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Nombre de pages
194
Date de parution
10/06/2010
Poids
292g
Largeur
150mm
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EAN
9782915611571
Titre
Ecritures de la guerre aux XXe et XXIe siècles
Auteur
Boblet Marie-Hélène ; Alazet Bernard
Editeur
EUD
Largeur
150
Poids
292
Date de parution
20100610
Nombre de pages
194,00 €
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Si le roman a cru ne plus pouvoir croire en rien au point de ne plus assumer ni intrigue ni messageni personnage, quelques francs-tireurs ont parié sur la foi en l?événement, sur le sens et sur laprésence quand même. Le Grand Meaulnes, les récits surréalistes, Le Rivage des Syrtes, lesromans d?André Dhôtel ou de Sylvie Germain, ces récits ont l?outrecuidance de raconterl?émerveillement qui suspend à son incandescence toute temporalité, existentielle commenarrative. L?émerveillement est une émotion paradoxale, composée d?effroi et d?extase, de stupeur et d?éblouissement. Le « merveilleux pouvoir de sentir » dont s?enorgueillit Alain-Fournier irrigue le pari du récit surréaliste sur le réel qui inclut « tout l?au-delà de cette vie », tandis que « le sentiment de la merveille unique d?avoir vécu dans ce monde et dans nul autre » anime les personnages gracquiens. « L?art de la défaillance » dhôtelien s?accorde à la « science del?égarement ». Enfin Sylvie Germain, dans une oeuvre complexe et composite, épique et lyrique,chante « la splendeur et la douleur d?être ». En des temps d?indigence et de détresse, la nécessitééthique de s?étonner, se réjouir, s?émerveiller s?aiguise et réenchante le réel de la logique dusensible et du possible. Face à la "problématicité" de la modernité, "l?énigmaticité" suscite unrapport émotionnel et imaginaire du sujet à l?objet fait d?adhésion, de confiance, d?abandon. Il y aune énergie dans l?émerveillement, une réponse à un envoi, une activité dans la passivité, unepassion dans l?état de suspension. Le propre des romans est d?articuler, d?agencer des histoires qui, pour ordinaires qu?elles soient, font vibrer un peu de cette stupeur d?être au monde. Ils mettent en musique et en récit une posture existentielle, une relation affective et imaginaire de l?ordre de la croyance. Dans ce quand même, qui résonne de Breton à Ricoeur, me semblent se tenir et des défis esthétiques et des enjeux éthiques pour le vingt-et-unième siècle naissant.
Après les traumatismes historiques du milieu du XXe siècle et la fin des grands récits de légitimation, des figures et des structures léguées par diverses mythologies aident les romanciers à retrouver le goût du genre, la voie de la fiction, le jeu de la question et de la réponse. A quelle fréquence, à quelle fin des récits aussi différents que ceux de Vialatte, Perec, Roubaud, Le Clézio, Tournier, Claude Louis-Combet, Henry Bauchau ou Sylvie Germain se ressaisissent-ils d'une matière collective archaïque, dans un exercice d'imagination oeuvrante ? Ces questions seront abordées à la lumière d'oeuvres singulières qui, de manière ludique ou tactique, usent de la mémoire et de la "raison" du mythe. Grâce à leur complexité, à leur équivocité, elles peuvent en exercer le mandat heuristique et se parer de son charme poétique. C'est la chance du roman : à la fois explorer l'énigme, creuser la profondeur du Sacré, affronter le Minotaure et, selon le mot de Pierre-Jean Jouve, "jeter un charme sur le monstre".
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Ce manuel d'initiations à la sociologie ne consiste ni à refaire une histoire des "grands" auteurs, ni à retracer et dérouler une histoire des idées. La première façon d'opérer comporte certaines limites, à commencer par celle de faire d'un penseur une sorte de héros isolé et mythifié. La seconde manière de faire s'intéresse moins à des êtres humains singuliers qu'à des systèmes, au risque de réduire l'épaisseur sociale et historique de la discipline à quelques idées vues comme flottant au-dessus de l'histoire. C'est pourquoi ce manuel propose de sensibiliser à la sociologie en partant de questions simples et directes que se posent beaucoup de nos contemporains, à commencer par celles relatives à la famille, l'identité, la culture, la déviance ou encore aux utopies, aux générations, au numérique et au genre. Ainsi chacun pourra s'exercer au raisonnement sociologique en abordant des questions de société qui correspondent à autant de chapitres pouvant être lus indépendamment. Il propose en outre un petit vade-mecum théorique pour s'y retrouver dans la galaxie des courants de pensée sociologiques. Holisme, interactionnisme symbolique, individualisme méthodologique, sociologie actionnaliste, sociologie pragmatique ou encore marxisme sont ainsi présentés dans leurs grandes lignes.