Centenaire de Claude Mauriac.une écriture à l'Ouvre " Avant-propos, par Marie-Hélène Boblet et Caroline CassevilleIntroduction par Philippe LejeuneClaude Mauriac adepte comblé du journalisme,par Jean TouzotL'aventure de Liberté de l'esprit : Claude Mauriac directeur de revue,par Jeanyves GuérinDes histoires dans l'Histoire, ou les écritures du Temps. Le voyage de Claude Mauriacen Tchécoslovaquie en 1938, par Philippe Dazet-BrunUn avocat dans son siècle. Georges Izard, compagnon de route de la famille Mauriac,par Yann DelbrelLes infiltrations de l'invisible : Radio Nuit, par Jean Allemand" Conversation alibi " : strates et métamorphoses de la " sous-conversation "dans Le Dîner en ville, par Solenne MontierLa relativité du temps et de l'espace dans l'oeuvre dramatique de Claude Mauriac,par Miroslava NovotnàLe cinéma italien dans L'Amour du cinéma de Claude Mauriac,par Pier Luigi PinelliL'oeuvre du père sous le regard du fils dans Le Temps immobile de Claude Mauriac,par Caroline CassevilleLa question de l'identité de l'être dans la foule chez Claude Mauriacet Laurent Mauvignier : héritages et divergences, par Evelyne ThoizetClaude Mauriac et nos contemporains, par Marie-Hélène Boblet INEDITSUne " Composition française " de Jeanne Mauriac,présentation par Caroline CassevilleLa première chronique de Claude Mauriac dans Sud Ouest VARIALes années Sud Ouest de Claude Mauriac, par Yves HartéJean Allemand et Claude Mauriac, par Patrick ChartrainPrix François Mauriac 2014 : Lauréat, Kamel Daoud, Meursault contre-enquête, Actes sud, 2014.. Hommage d'Eric Fottorino, le 10 octobre 2014 en l'hôtel de la Région AquitainePublicationsL'année Mauriac (2014)Hommage à Keith Goesch par Jacques Monférier et Jean Touzot
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Nombre de pages
266
Date de parution
20/01/2016
Poids
289g
Largeur
130mm
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EAN
9782246861836
Titre
Nouveaux Cahiers François Mauriac N° 23/2015
Auteur
Boblet Marie-Hélène ; Casseville-Ragot Caroline
Editeur
GRASSET
Largeur
130
Poids
289
Date de parution
20160120
Nombre de pages
266,00 €
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Si le roman a cru ne plus pouvoir croire en rien au point de ne plus assumer ni intrigue ni messageni personnage, quelques francs-tireurs ont parié sur la foi en l?événement, sur le sens et sur laprésence quand même. Le Grand Meaulnes, les récits surréalistes, Le Rivage des Syrtes, lesromans d?André Dhôtel ou de Sylvie Germain, ces récits ont l?outrecuidance de raconterl?émerveillement qui suspend à son incandescence toute temporalité, existentielle commenarrative. L?émerveillement est une émotion paradoxale, composée d?effroi et d?extase, de stupeur et d?éblouissement. Le « merveilleux pouvoir de sentir » dont s?enorgueillit Alain-Fournier irrigue le pari du récit surréaliste sur le réel qui inclut « tout l?au-delà de cette vie », tandis que « le sentiment de la merveille unique d?avoir vécu dans ce monde et dans nul autre » anime les personnages gracquiens. « L?art de la défaillance » dhôtelien s?accorde à la « science del?égarement ». Enfin Sylvie Germain, dans une oeuvre complexe et composite, épique et lyrique,chante « la splendeur et la douleur d?être ». En des temps d?indigence et de détresse, la nécessitééthique de s?étonner, se réjouir, s?émerveiller s?aiguise et réenchante le réel de la logique dusensible et du possible. Face à la "problématicité" de la modernité, "l?énigmaticité" suscite unrapport émotionnel et imaginaire du sujet à l?objet fait d?adhésion, de confiance, d?abandon. Il y aune énergie dans l?émerveillement, une réponse à un envoi, une activité dans la passivité, unepassion dans l?état de suspension. Le propre des romans est d?articuler, d?agencer des histoires qui, pour ordinaires qu?elles soient, font vibrer un peu de cette stupeur d?être au monde. Ils mettent en musique et en récit une posture existentielle, une relation affective et imaginaire de l?ordre de la croyance. Dans ce quand même, qui résonne de Breton à Ricoeur, me semblent se tenir et des défis esthétiques et des enjeux éthiques pour le vingt-et-unième siècle naissant.
Après les traumatismes historiques du milieu du XXe siècle et la fin des grands récits de légitimation, des figures et des structures léguées par diverses mythologies aident les romanciers à retrouver le goût du genre, la voie de la fiction, le jeu de la question et de la réponse. A quelle fréquence, à quelle fin des récits aussi différents que ceux de Vialatte, Perec, Roubaud, Le Clézio, Tournier, Claude Louis-Combet, Henry Bauchau ou Sylvie Germain se ressaisissent-ils d'une matière collective archaïque, dans un exercice d'imagination oeuvrante ? Ces questions seront abordées à la lumière d'oeuvres singulières qui, de manière ludique ou tactique, usent de la mémoire et de la "raison" du mythe. Grâce à leur complexité, à leur équivocité, elles peuvent en exercer le mandat heuristique et se parer de son charme poétique. C'est la chance du roman : à la fois explorer l'énigme, creuser la profondeur du Sacré, affronter le Minotaure et, selon le mot de Pierre-Jean Jouve, "jeter un charme sur le monstre".
Ecrire la guerre s'inscrit dans la tradition mimétique de la fiction ou dans la tradition historique de la chronique, de l'enquête, du témoignage. La sélection des épisodes - avant, pendant, après la guerre - et des modalités de la représentation donne à chacune de ces traditions des significations et des enjeux singuliers, qui renvoient à des questions de fond. Dans quelles conditions de possibilité la guerre peut-elle être pensée de l'intérieur de l'Histoire ? Apparaît-elle comme un moyen de la politique, ou comme une sortie du politique ? Sur le plan empirique de l'expérience, qu'apporte la littérature de la guerre à l'Histoire à faire et à venir ? Sur le plan esthétique, en quoi cette littérature met-elle à l'épreuve la valeur heuristique de la fiction, et la valeur épistémologique des témoignages ou de l'écriture de voyage ou d'enquête ? C'est pour répondre à ces questions que s'est élaboré cet ouvrage, en hommage aux réflexions lancées par Marc Dambre sur les rapports entre littérature, Histoire et politique, de la génération, enrôlée et casquée, des Hussards jusqu'à celle qui, née dans les dernières décennies du vingtième siècle, entre en littérature à l'orée du vingt-et-unième.
Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L'enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d'argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l'oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l'ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady. Voici venu le temps d'écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d'une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires. Magnifique portrait d'une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d'hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat - jusqu'à la transgression ultime - pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.
Le Livre de Kells est le douzième roman de Sorj Chalandon a puisé dans son expérience personnelle pour raconter un épisode de sa vie. A 17 ans, après avoir quitté le lycée, Lyon et sa famille, il arrive à Paris où il va connaître, durant presque un an, la misère, la rue, le froid, la faim. Ayant fui un père raciste et antisémite, il remonte l'existence sur le trottoir opposé à celui de ce Minotaure sous le nom de Kells, en référence à un Evangéliaire irlandais du IXème siècle. Des hommes et des femmes engagés vont un jour lui tendre une main fraternelle pour le sortir de la rue et l'accueillir, l'aimer, l'instruire et le réconcilier avec l'humanité. Avec eux, il découvre un engagement politique fait de solidarité, de combats armés et d'espoirs mais aussi de dérapages et d'aveuglements. Jusqu'à ce que la mort brutale de l'un de ces militants, Pierre Overney, pousse La Gauche Prolétarienneà se dissoudre. Certains ne s'en remettront jamais, d'autres chercheront une issue différente à leur combat. Ce fut le cas pour l'auteur, qui rejoignit " Libération " en septembre 1973. Le livre de Kells est une aventure personnelle, mais aussi l'histoire d'une jeunesse engagée et d'une époque violente. Sorj Chalandon a changé des patronymes, quelques faits, bousculé parfois une temporalité trop personnelle, pour en faire un roman. La vérité vraie, protégée par une fiction appropriée...
Je m'appelle Arthur Essebag. Depuis toujours, je vous divertis à la télévision. Je ne vous ai jamais parlé d'autre chose, car j'ai toujours considéré que ce n'était pas mon rôle. Jusqu'à ce matin où l'impensable a surgi. Des milliers de terroristes. Des villages anéantis. En quelques heures : 1 200 vies sauvagement brisées. D'autres traînées dans des tunnels, en otages. Si le monde allait bien, il aurait pleuré. Comme moi j'ai souvent pleuré pour le monde. Mais ce jour-là, une partie de la planète s'est tue. C'était le 7 octobre 2023. Le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah. Ce fut une bascule, une descente aux enfers où j'ai entraîné ma famille, mes proches, dans une apnée interminable. Je voyais dans leurs yeux ma peur reflétée, ma colère, mon impuissance. Alors j'ai pensé à ma mère. A mes racines. A cette Histoire tatouée dans mon sang. Et mon ADN s'est mis à hurler : j'ai dit "Je" et j'ai dit "juif" . Presque malgré moi. Je suis devenu une voix, dans le vacarme et le mensonge. Et j'ai écrit. Parce que je n'avais plus d'air. Pour survivre. Pour transformer la douleur en action. De mes voyages en Israël, sous les missiles du Hamas, de mes amis perdus et de ceux retrouvés, entre les larmes et les rires, est né ce livre. Un cri qui traverse les frontières. De Tel-Aviv à Gaza. Un cri qui nous demande : où est passée notre humanité ? J'ai perdu un Bédouin dans Paris est mon premier livre. Et ce Bédouin, finalement... c'est moi.
J'en arrive au principal, à la raison pour laquelle nous sommes au tribunal : le "passionnément antisémite". Allons au fond des choses. L'éventuel antisémitisme de La France insoumise et de son chef serait un problème crucial pour les juifs de ce pays mais, bien au-delà, pour nous tous, catholiques, musulmans, athées ; l'antisémitisme étant toujours, en Europe, un avertissement d'incendie, pour citer le philosophe Walter Benjamin. Alors, de quelle base factuelle disposons-nous pour justifier ce "passionnément antisémite" ? " . R. M.