Ce volume collectif s'attache à la relation entre poésie et peinture, du romantisme au contemporain, autour de deux axes : "La critique d'art" et "Le poème d'art" . Dans un premier temps, les contributions cernent la réinvention de la critique d'art par les poètes. A travers des exemples majeurs des XIXe et XIXe siècles, il s'agit de sonder les caractéristiques de cette prose d'idées esthétiques, qui articule réception et réflexion, mais aussi observation et imagination, valorisant la prose poétique, en des ekphraseis singulières, qui interrogent en miroir la poésie dans ses virtualités plastiques. Le va-et-vient entre prose et poésie nourrit une critique d'art dont la portée créatrice aboutit à la collaboration du poète et du peintre, phénomène essentiel jusqu'à nos jours qui prend toutes formes de dialogues, recherches typographiques, collages ou livres à figures. Ces compagnonnages entre les expériences créatrices contribuent, par réfraction, à singulariser la critique d'art des poètes par rapport à la critique d'art spécialisée. Dans un second temps, les textes réunis ici se proposent d'évaluer le retour de ces pratiques dans la poésie, afin d'établir les enjeux et les modalités du poème d'art, un poème inspiré par le(s) tableau(x), englobant la rêverie esthétique, un genre à part, hybride et vagabond, une forme de poème critique où l'iconique entre en résonance avec la réflexivité de la poésie elle-même. L'idée même de poème trouve alors à se renouveler, loin des clivages traditionnels, à la faveur d'un déplacement du paradigme musical vers le paradigme pictural, jusqu'à émaner parfois de poètes-peintres ou de peintres-poètes.
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Nombre de pages
370
Date de parution
15/04/2022
Poids
492g
Largeur
145mm
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EAN
9782380720549
Titre
La critique d'art des poètes
Auteur
Bayle Corinne ; Kaenel Philippe ; Linarès Serge
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
492
Date de parution
20220415
Nombre de pages
370,00 €
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Résumé : Rose de Paestum ou Rosa gallica, fleur d'Orient ou d'Occident, toujours la rose a conjuré le deuil. Dans un Jardin de nulle part, une voix s'élève et se souvient. Elle convoque les disparus dont les murmures se sont tus. Des fantômes de proches, mais aussi des figures mythiques : Maria Callas, Emily Brontë, Emily Dickinson, Werther, Frantz de Galais, Heathcliff, et, au premier rang de ces interlocuteurs privilégiés, un poète romantique, Gérard, dont l'?uvre aimée donne accès au monde et soulève le voile ensevelissant les morts. Entre les fragments, des liens se tissent, en une méditation funèbre où le motif symbolique de la rose, à travers ses multiples variétés, unit mémoire et rêve.
Résumé : L'?uvre de Nerval, si singulière, a souvent été l'objet de lectures qui ont essayé de montrer la profonde organisation d'une poétique, thématique ou structurelle, en reconstituant une esthétique d'une séduisante cohérence. Pourtant, la nouvelle édition de la Pléiade (1984-1993) a révélé sa fragmentation tragique, dans une enquête pleine de zones d'ombres, d'incertitudes, avec ses redites, ses contradictions, au point de dérouter des lecteurs habitués à des textes devenus lisses. Une réalité douloureuse, celle de la difficulté de l'écriture, est apparue dans son dénuement, que les points de vue très déterminés avaient fini par faire oublier. Interrogeant la segmentation et les répétitions, c'est ce désordre émouvant que ce travail voudrait questionner, en suivant le cheminement peu orthodoxe du poète, à travers des ouvrages de facture diverse, du journalisme aux traductions, du théâtre de collaboration aux canevas d'opéras, des nouvelles aux poèmes à forme fixe, et jusqu'à une autobiographie rêvée, afin de proposer une lecture qui s'inscrirait dans ce que Barthes a appelé, en 1978, à propos de Proust, une " histoire pathétique de la littérature ", attachée aux " moments de vérité " qui donnent leur dynamique à l'?uvre. Dès lors, " l'émiettement " est la rançon de cette expérience. Dans les déchirures, la figure d'un poète inquiet se dessine, qui marche en aveugle vers une Étoile, absorbé par la coïncidence de la signification du monde avec celle de sa vie. Emblématique de la constitution réciproque du texte et du sujet, l'Étoile symboliserait le point de convergence de routes mystérieuses, aux confins des grands genres, image de la conjonction autant que de la disjonction. Cette biographie de l'?uvre analyse le parcours répétitif, enchevêtré, concentrique, d'un poète meurtri, dans sa tentative d'atteindre le c?ur du réel, de l'autre côté du désespoir.
La beauté est le sujet ininterrompu de la poésie de René Char. Cette oeuvre qui n'a cessé de croître en lecteurs et en fervents défenseurs est devenue classique. Elle voit s'atténuer son étrangeté, et passer en arrière-plan sa dimension essentielle de combat et de risque. Au rebours d'une lecture consensuelle, cette réflexion s'attache au frisson provoqué par des poèmes qui chantent la beauté, en traquent les traces près de s'effacer. Cet essai célèbre la respiration salutaire que constitue la poésie, refusant la dénégation actuelle de toute grandeur. Suivant dans ses lignes majeures le parcours de l'oeuvre, il traverse ses thématiques et évoque les figures tutélaires du poète. Relisant les poèmes emblématiques d'un espoir et d'une quête de la splendeur, ce livre veut rendre hommage au soulèvement inespéré, au bondissement allègre du coeur, que provoque l'affirmation du partage auquel l'art est voué, dans notre présent qui en a oublié la puissance d'effraction.
Cette étude est consacrée à deux poèmes de Retour amont (1966), repris dans Le Nu perdu (1971). De manière rare, ils évoquent la mort de la sÅ"ur préférée, Julia dite "Lily" , en février 1965, après un internement. En un style épuré - l'un, fondé sur l'étonnante syllepse d'un nom propre, celui d'un ruisseau affluent de la Sorgue menant "sa double vie" , l'autre, inventant une élégie moderne qui "coupe court à l'effusion" - les deux textes en vers, travaillés de vides et de blancs, déjouent le narratif, cryptent les biographèmes, déplacent l'hommage personnel en résonance avec d'autres disparitions (suicide de Crevel, de Staël, réactivé par celui de Marylin à laquelle s'adressait initialement l'un des poèmes). Par ces détours, que révèlent les premières versions, laissant à la jeunesse surréaliste la fascination des fantômes et "le leurre" de la révolution, ils ouvrent la méditation à la douleur de la folie, rejoignant l'énigme de l'Å"uvre, celle de Hölderlin, Nerval, Van Gogh, ou Artaud. Dans la sidération de l'absence, la poésie demeure la seule force de soulèvement pour affronter l'expérience la plus nue.
La photographie, c'est le matérialisme triomphant et l'impersonnalité, tout le contraire de la "création", l'ennemie du rêve, de l'Idéal et de la poésie en général. Sans forcer leschoses, on peut affirmer qu'à la fois elle incarne le spleen, en condense la nature et en expose tous les effets d'écrasement de ce qui est humain sur la terre, à savoir le désespoir et l'ennui. Car le sujet de la photographie, c'est bien, comme on ne cesse de le constater à la réflexion, la mort. Enfin, elle est une technique, rien qu'une technique, et le mieux serait d'ailleurs, pour le poète, qu'elle se cantonne à cela, parfaitement adéquate au Moderne et cet "âge des foules". Il s'agit donc, concernant la photographie, à la lettre et sans la moindre nuance, d'une condamnation, de celle qu'un poète, ou au sens encore fort du terme pour Baudelaire et en fonction de la position qu'il occupe, un artiste, peut s'autoriser à prononcer. Et pourtant, ce serait négliger qu'une poétique de la photographie est présente au coeur des pages que Baudelaire lui consacre à charge, qui reformule le statut de l'image en l'élevant à l'illumination, voire à la révélation.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.