L'?uvre de Nerval, si singulière, a souvent été l'objet de lectures qui ont essayé de montrer la profonde organisation d'une poétique, thématique ou structurelle, en reconstituant une esthétique d'une séduisante cohérence. Pourtant, la nouvelle édition de la Pléiade (1984-1993) a révélé sa fragmentation tragique, dans une enquête pleine de zones d'ombres, d'incertitudes, avec ses redites, ses contradictions, au point de dérouter des lecteurs habitués à des textes devenus lisses. Une réalité douloureuse, celle de la difficulté de l'écriture, est apparue dans son dénuement, que les points de vue très déterminés avaient fini par faire oublier. Interrogeant la segmentation et les répétitions, c'est ce désordre émouvant que ce travail voudrait questionner, en suivant le cheminement peu orthodoxe du poète, à travers des ouvrages de facture diverse, du journalisme aux traductions, du théâtre de collaboration aux canevas d'opéras, des nouvelles aux poèmes à forme fixe, et jusqu'à une autobiographie rêvée, afin de proposer une lecture qui s'inscrirait dans ce que Barthes a appelé, en 1978, à propos de Proust, une " histoire pathétique de la littérature ", attachée aux " moments de vérité " qui donnent leur dynamique à l'?uvre. Dès lors, " l'émiettement " est la rançon de cette expérience. Dans les déchirures, la figure d'un poète inquiet se dessine, qui marche en aveugle vers une Étoile, absorbé par la coïncidence de la signification du monde avec celle de sa vie. Emblématique de la constitution réciproque du texte et du sujet, l'Étoile symboliserait le point de convergence de routes mystérieuses, aux confins des grands genres, image de la conjonction autant que de la disjonction. Cette biographie de l'?uvre analyse le parcours répétitif, enchevêtré, concentrique, d'un poète meurtri, dans sa tentative d'atteindre le c?ur du réel, de l'autre côté du désespoir.
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Date de parution
24/05/2001
Poids
355g
Largeur
155mm
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EAN
9782876733305
Titre
GERARD DE NERVAL : LA MARCHE A L'ETOILE
Auteur
BAYLE CORINNE
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
355
Date de parution
20010524
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Résumé : Rose de Paestum ou Rosa gallica, fleur d'Orient ou d'Occident, toujours la rose a conjuré le deuil. Dans un Jardin de nulle part, une voix s'élève et se souvient. Elle convoque les disparus dont les murmures se sont tus. Des fantômes de proches, mais aussi des figures mythiques : Maria Callas, Emily Brontë, Emily Dickinson, Werther, Frantz de Galais, Heathcliff, et, au premier rang de ces interlocuteurs privilégiés, un poète romantique, Gérard, dont l'?uvre aimée donne accès au monde et soulève le voile ensevelissant les morts. Entre les fragments, des liens se tissent, en une méditation funèbre où le motif symbolique de la rose, à travers ses multiples variétés, unit mémoire et rêve.
La beauté est le sujet ininterrompu de la poésie de René Char. Cette oeuvre qui n'a cessé de croître en lecteurs et en fervents défenseurs est devenue classique. Elle voit s'atténuer son étrangeté, et passer en arrière-plan sa dimension essentielle de combat et de risque. Au rebours d'une lecture consensuelle, cette réflexion s'attache au frisson provoqué par des poèmes qui chantent la beauté, en traquent les traces près de s'effacer. Cet essai célèbre la respiration salutaire que constitue la poésie, refusant la dénégation actuelle de toute grandeur. Suivant dans ses lignes majeures le parcours de l'oeuvre, il traverse ses thématiques et évoque les figures tutélaires du poète. Relisant les poèmes emblématiques d'un espoir et d'une quête de la splendeur, ce livre veut rendre hommage au soulèvement inespéré, au bondissement allègre du coeur, que provoque l'affirmation du partage auquel l'art est voué, dans notre présent qui en a oublié la puissance d'effraction.
Cette étude est consacrée à deux poèmes de Retour amont (1966), repris dans Le Nu perdu (1971). De manière rare, ils évoquent la mort de la sÅ"ur préférée, Julia dite "Lily" , en février 1965, après un internement. En un style épuré - l'un, fondé sur l'étonnante syllepse d'un nom propre, celui d'un ruisseau affluent de la Sorgue menant "sa double vie" , l'autre, inventant une élégie moderne qui "coupe court à l'effusion" - les deux textes en vers, travaillés de vides et de blancs, déjouent le narratif, cryptent les biographèmes, déplacent l'hommage personnel en résonance avec d'autres disparitions (suicide de Crevel, de Staël, réactivé par celui de Marylin à laquelle s'adressait initialement l'un des poèmes). Par ces détours, que révèlent les premières versions, laissant à la jeunesse surréaliste la fascination des fantômes et "le leurre" de la révolution, ils ouvrent la méditation à la douleur de la folie, rejoignant l'énigme de l'Å"uvre, celle de Hölderlin, Nerval, Van Gogh, ou Artaud. Dans la sidération de l'absence, la poésie demeure la seule force de soulèvement pour affronter l'expérience la plus nue.
Résumé : A travers des cas exemplaires, La Poésie hors du cadre étudie comment l'imaginaire s'étoffe au contact d'images picturales ou poétiques, voire étrangères, sortant des limites assignées aux genres et aux formes, pour retrouver un souffle neuf. Alors qu'elle est envahie par le prosaïque au milieu du XIXe siècle, la poésie outrepasse son territoire, inscrivant la modernité dans une mélancolie critique, porteuse de luttes fécondes. Ce désenchantement produit un sursaut au début du XXe siècle, où d'exceptionnelles affinités entre poètes et artistes constituent une chance majeure pour rendre sa force au poème, en un Romantisme revivifié.
Alors que la pollution plastique touche désormais les fosses abyssales, que les projets d'extraction minière profonde se multiplient et que s'est tenue à Nice une Conférence décisive des Nations Unies sur le devenir de l'océan, cet ambitieux ouvrage collectif croise histoire, sociologie, anthropologie et droit pour tenter de restituer aux environnements sous-marins un peu de leur profondeur historique. De la pêche des huîtres perlières dans les Caraïbes du XVIe siècle aux habitats sous-marins destinés à abriter l'homo aquaticus au temps de la Guerre froide, en passant par la colonisation verticale du Maghreb à la fin du XIXe siècle, ces études apportent un éclairage inédit sur les interactions de longue durée entre les sociétés humaines et les fonds marins.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.