Kashima mode. Pélerinage à Kashima, l'île-aux-daims, Edition bilingue français-japonais
Basho Matsuo ; Walter Alain
WILLIAM BLAKE
24,00 €
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EAN :9782841032242
Depuis son dernier périple accompli deux ans auparavant, Bashô (1644-1694) n'avait pas repris la route et vivait paisiblement dans son Ermitage-au-Bananier, sur les bords de la rivière Sumida, à Edo (actuel Tôkyô), se consacrant à l'écriture, à la lecture et à l'enseignement du haikai ou poésie enchaînée. Soudain, au milieu de l'automne 1687, l'envie le prit d'aller voir la pleine lune au sanctuaire de Kashima, l'Ile-aux-Daims. Il partit donc sur ses "jambes grêles", avec deux amis. L'un était un samouraï sans patron, l'autre un moine qui trimbalait sur son dos une statue du Bouddha. Mais voilà que le ciel se brouilla. Allaient-ils pouvoir contempler la lune ? De cette excursion (environ 90 km), tantôt à pied, tantôt en bateau au fil de l'eau, à travers la lande dont les buissons de lespédèzes se couvraient de fleurs mauves, où s'agitaient les hampes des graminées, par les rizières que l'on commençait à moissonner, il ramena cette charmante et brève relation, suite de notations que l'on pourrait comparer à un album de croquis et de lavis. On y retrouve l'humour et l'humanisme du poète, sa vive sensibilité à la nature, sa communion avec les écrivains du passé, son élévation mystique. Comme toujours, il procède par allusions, citations que nous avons explicitées et commentées dans nos gloses. A.W.
Nombre de pages
78
Date de parution
19/10/2018
Poids
208g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782841032242
Titre
Kashima mode. Pélerinage à Kashima, l'île-aux-daims, Edition bilingue français-japonais
Auteur
Basho Matsuo ; Walter Alain
Editeur
WILLIAM BLAKE
Largeur
155
Poids
208
Date de parution
20181019
Nombre de pages
78,00 €
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Tandis que nous reposions au creux d'un rocher, j'eus l'oeil tiré par un petit cerisier, à quelques pieds de nous, qui commençait juste à fleurir. Penser que ce gringalet qui passe tout l'hiver sous la neige n'oublie pas de fleurir quand le printemps atteint ces hautes pentes ! Insolemment poussé là, comme l'image inversée du koan zen "frêles fleurs de prunier sous les feux du soleil", cet arbrisseau me rappelait la strophe de Gyôson : Petit cerisier sauvage moi seul l'aime et lui seul il en fait autant !
La fine grêlemêlée aux flocons de neigeun motif de kimonoCélébration de l'hiver (fuyu en japonais, ?), ce livre fait dialoguer des estampes japonaises avec la poésie de Matsuo Bashô (1644-1694).Les sentiments de tristesse et de solitude que suscite la saison froide se mêlent à l'émerveillement devant la beauté éphémère de la neige et à l'excitation de l'arrivée de la nouvelle année.Reflets de l'impermanence, les saisons sont au c'ur de la culture et de l'art japonais.
Au moment de la pleine floraison dire une prière devant les fleurs Célébration du printemps (haru en japonais), ce livre fait dialoguer des estampes japonaises avec la poésie de Matsuo Bashô (1644-1694). Au printemps, au Japon, ce sont les floraisons que l'on va admirer et qui inspirent artistes et poètes : pruniers, cerisiers, azalées, glycines, hortensias... Reflets de l'impermanence, les saisons sont au coeur de la culture et de l'art japonais.
Matsuo Bashô (1644-1694) est resté un des poètes les plus chers au c?ur des Japonais qui tous peuvent réciter au moins un de ses tercets ou hokku (que l'on appellera haiku par la suite). Ce fils et frère de samouraï quitta très tôt le service des armes pour se consacrer à l'étude des littératures classiques du Japon et de la Chine et à la pratique du haikai, poésie enchaînée collective très populaire en son temps. Bien vite, il fit entendre une tonalité, un style, un esprit spécifiques, et créa son école appelée le shômon. Bashô, tout en conservant les sujets réalistes, le langage quotidien et l'humour du haikai, y transfuse l'exigence esthétique et la sensibilité de la poésie classique (waka, renga). Sa manière se caractérise notamment par son attention aux petites choses de la vie et à la profondeur qu'elles recèlent. Le poète consacra les dix dernières années de sa vie à voyager à travers le Japon pour donner des leçons, établir des cercles de disciples, mais aussi pour renouveler son inspiration et poursuivre sans concession la vérité du monde. Le voyage devint dès lors un pèlerinage et une ascèse mystique. De ces pérégrinations, Bashô tira plusieurs journaux poétiques dont le plus célèbre est L'Étroit Chemin du fond où il consigne et met en ?uvre l'essentiel d'un périple à pied de cinq mois dans le nord du Japon, de temples en sanctuaires, de sites géographiques en lieux marqués par les tragédies de l'histoire, à travers un paysage sauvage, montagneux ou marin. Voyage au fin fond du pays, voyage au fond des choses et des êtres, vers le fond de la parole: quête à la fois physique et langagière du Sens et de la Réalité ultime. De ce chef-d'?uvre, nous donnons ici, en regard du japonais, une traduction entièrement nouvelle, accompagnée d'un important appareil de notes et commentaires, indispensable pour saisir les allusions historiques et littéraires, les citations déguisées, les références culturelles, et permettre à ce texte plutôt mince de prendre sa dimension réelle, presque infinie. Alain Walter.
Le 29 mars 2023, l'auteur assista dans la cadre du festival ?Cinéma du réel? à Beaubourg à la projection d'Eventide, film de Sharon Lockhart d'une durée de 35?. Ce film consiste en un unique plan fixe tourné sur une plage de l'île de Götland, en mer Baltique, fin août, c'est-à-dire au moment où les pluies d'étoiles filantes sont les plus visibles. Dans l'espace de ce plan apparaissent peu à peu, au fur et à mesure que la nuit s'épaissit, des silhouettes qui se déplacent. Munies seulement de la lumière d'un téléphone portable, elles évoluent avec lenteur puis elles s'éclipsent. Rien d'autre n'aura lieu que le passage de ces existences dans la nuit, sans qu'on sache rien d'elles, mais le film est fait de telle manière qu'il restitue intégralement leur mystère et celui de la puissance nocturne. En le voyant l'auteur ne put que se remémorer la découverte qu'il avait faite peu avant, en visitant la Pinacothèque de Munich, du tableau d'Adam Elsheimer qui représente La Fuite en Égypte. La parenté entre ce tableau qui date de 1609 et le film de Sharon Lockhart, qui lui parut évidente, est l'objet de son récit. Même intensité des points lumineux dans la nuit, même omniprésence du ciel (on dit que le tableau d'Elsheimer a été le tout premier à prendre en compte les observations de Galilée), même discrétion de la présence humaine, même élongation du silence. Si jamais le mot de paix eut un sens, peut-être peut-on le trouver dans le point de rencontre entre ces deux ?uvres, si différents que soient leur médium ou leur époque. Le récit qui est fait de cette rencontre s'efforce de rester dans sa lumière, sans rien lui rajouter. Le titre en langue anglaise est une citation de la chanson entonnée par la petite Pearl dans La Nuit du chasseur.
Si ton itinéraire te désavoue accepte de tomber sans précaution. La chute est humaine. Ne pleure pas. Elle est le témoin de la traversée des sentiers. Ne pleure pas. L'expérience est au prix de la marche éternelle. Verse des larmes si ton coeur mordu par la douleur te le réclame mais ne pleure pas.