Baldaev Dancik ; Anstett Elisabeth ; Jurgenson Lub
DES SYRTES
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EAN :9782940523023
La connaissance de l'univers du Goulag peut désormais prendre appui sur le document unique que constitue cet album original de dessins effectués de 1949 à 1989 par l'ancien milicien et gardien de prison Dantsig Baldaev, album qu'il a lui-même offert en 1990 à l'ethnologue française Roberte Hamayon. Ces 74 pages de dessins effectués lorsqu'il était fonctionnaire de l'administration pénitentiaire soviétique offrent pour la première fois une mise en image du fonctionnement ordinaire des camps soviétiques, dans leurs aspects les plus terribles et les plus violents. Il pose également de façon magistrale la question du témoin comme celle de la légitimité du témoignage dans un contexte particulier où la parole des bourreaux n'a jamais été entendue.L'album de Dantsig Baldaev représente à plus d'un titre une source documentaire unique en son genre: son caractère clandestin tout autant que l'époque à laquelle ce travail de graphisme et d'écriture a été réalisé, et le manque d'images des camps. En effet il n'existe que très peu de témoignages photographiques ou graphiques permettant de restituer le fonctionnement du Goulag. Seuls sont disponibles les clichés produits et utilisés dans le cadre de campagnes de propagande, ou les travaux plastiques (gravure, peinture, dessin) réalisés le plus souvent à l'issue de leur détention par d'anciens déportés et conservés par les musées du Goulag. A chaque fois le point de vue des gardiens y fait totalement défaut.Les dessins de Dantsig Baldaev sont remarquables tant par la violence de leur propos que par la richesse et la précision de leur graphisme. Alors même qu'il rend compte de l'horreur, l'album commenté, annoté et décoré en utilisant les méthodes du scrapbooking, représente ainsi à lui seul un artefact exemplaire des codes graphiques (typographies, couleur, matières) de la période soviétique.La richesse et la variété des sujets abordés tout au long des 74 pages de l'album rendent difficile toute présentation résumée. Les principaux thèmes rendent compte en premier lieu de la réalité du Goulag à partir d'une mise en exergue de ses aspects les plus violents: pratiques d'humiliation, d'intimidation ou de torture, inhumanité des conditions de vie et de travail, modes de mise à mort. Les dessins mettent pour cela en scène les figures attendues des victimes mais aussi celles des bourreaux qui appartiennent au personnel administratif (forces de sécurité et personnel pénitentiaire représentés en uniforme avec leur grade) et à une catégorie spéciale de détenus faisant partie du monde de la pègre (vory v zakone) souvent représentés recouverts de ces mêmes tatouages dont Baldaev fait un inventaire préliminaire dans les pages 1 à 31 de l'album. En cela, les dessins mettent en scène l'épreuve de l'horreur et de la terreur en donnant au passage un visage aux victimes et aux bourreaux et en restituant une sociologie assez fine des enfers goulaguiens.Chacune des vignettes participe à enrichir et étoffer un terrible répertoire des pratiques et des discours de violence. Les termes rapportés dans les commentaires apposés en bas de chacune d'elles utilisent ainsi le vocabulaire administratif utilisé pour désigner les victimes (scrupuleusement cité entre guillemets) mais aussi les pratiques en vigueur au Goulag illustrant dès lors de façon ironique, sarcastique ou tragique leur décalage avec la réalité des faits décrits par les dessins.L'ouvrage est coordonné par Elisabeth Anstett, chargée de recherche au CNRS (Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux) et Luba Jurgenson, traductrice et auteur de plusieurs ouvrages sur le Goulag. Il comprend:- Introduction par Elisabeth Anstett et Luba Jurgenson- Le facsimilé intégral en traduction enrichi de notes et appareil critique par Elisabeth Anstett et Luba Jurgenson- Plusieurs études de Luba Jurgenson et Elisabeth Anstett.- Facsimilé intégral des 74 pagesDantsig Baldaev (né en Bouriatie en 1925 et décédé en 2005 à Saint-Pétersbourg) était le fils d'un érudit et folkloriste bouriate collaborateur de Roberte Hamayon, spécialiste du shamanisme sibérien. En tant que fonctionnaire du ministère de l'Intérieur et employé de l'administration pénitentiaire de 1948 à sa retraite en 1981, D. Baldaev occupa notamment les fonctions de gardien de prison dans différentes institutions carcérales dont certaines relevaient du NKVD. Dès 1949, il commença à porter un intérêt scientifique à la culture carcérale en travaillant d'une part sur le vocabulaire et le jargon des prisons, et d'autre part en effectuant des relevés de tatouages de prisonniers. Son travail linguistique fit ainsi l'objet de la publication d'un dictionnaire en 1992 (Slovar"lagerno-tjuremno-blatnogo zargona, Moskva, Kraj Moskvy). Quant à son étude sur les tatouages, elle fit l'objet de plusieurs publications en Europe, dont les deux tomes de la Russian Criminal Tattoo Encyclopedia édités à Londres en 2006 par les éditions Fuel avec une introduction d'Anne Applebaum."
Les photographies, les dessins et les textes publiés dans cet ouvrage font partie d'une collection de plus de trois mille tatouages recueillis patiemment par Danzig Baldaev, alors qu'il était surveillant de prison. Ces tatouages sont la portée vers un monde secret - une société très fermée dans laquelle Danzig Baldaev a joué un rôle d'ethnographe. les langages iconiques et tribaux qu'il nous donne à voir sont artistiques, repoussants, sexuellement explicites, parfois tout simplement étranges, mais ils reflètent dans tous les cas la vie et les rituels des détenus. Des crânes, des svastikas, des harems de femmes nues, des chevaliers médiévaux en armures, des poignards dégoulinants de sang, des images pieuses du Christ, des armées de chars d'assaut, et un Lénine cornu - autant de symboles par lesquels les êtres de ce monde secret se marquent et s'identifient.
Les deux pièces de K.B. Vaid ici présentées renvoient au spectateur, dans un langage très vif, quotidien voire populaire, les problèmes contemporains du sous-continent indien, et à travers eux les nôtres en cette période critique où le devenir de la Terre est en question. La première, Famille en bataille, est étrange mais peut-être plus immédiatement universelle que la seconde dans la mesure où elle ne met en scène aucune figure allégorique de l'Inde – à l'exception peut-être du Vide, personnage muet et n'agissant que par son aura et son souffle. Les personnages n'y ont pas d'autre nom que celui de leur position dans la configuration familiale, le Mari, la Femme, les Enfants, et les Autres, deux rôles en un acteur, représentant l'amant et la maîtresse. La seconde, Notre vieille dame (2000), met explicitement en jeu l'allégorie de Mother India pour en déconstruire tous les traits, mais elle en appelle plus largement au sentiment de déshérence qui caractérise la jeunesse du 21ème siècle en Inde. Refusant cette mère (leurs traditions nationales, leur passé, leurs liens) en même temps qu'ils ne parviennent pas à s'en détacher et finissent par rêver d'en exploiter le potentiel symbolique pour faire de l'argent, les cinq comparses (3 hommes, 2 femmes, pas autrement nommés que par leur ordre et leur sexe) s'interrogent sur leur lien avec la vieille femme anonyme abandonnée, sur leur propre lâcheté, leur concupiscence, la colonisation et ses restes, et pour finir sur la nature humaine et la politique de l'histoire. Les deux pièces ont une rythmique analogue : Dans Famille en bataille, après la montée fiévreuse des accusations des uns et des autres, la dernière séquence reprend terme à terme la première, imprimant un mouvement cyclique à la temporalité qui évoque le thème philosophique de l'éternel retour. Dans Notre vieille dame, après la montée des spéculations et des récriminations, le retour à la question initiale débouche sur un final lyrique évoquant la fin du monde comme dans le final du Mahabharata.
Tenez bien votre mouchoir contre vos narines, cette ruelle est vraiment très très sale... Peut-être bien même que le mouchoir ne fera pas grande différence. À ce qu'on dit une dame américaine qui avait perdu son chemin se fourvoya un jour dans la ruelle. La malchance voulut que la malheureuse n'eût pas de mouchoir. Elle s'évanouit sur le champ. Mais ne vous tracassez pas, vous, vous êtes d'ici. Quand même, n'oubliez pas le mouchoir, pensez bien à le plaquer sur vos narines. Quant à moi, ne vous inquiétez pas, je suis de cette rue, sa puanteur n'aura aucun effet sur moi.
Baldev Vaid Krishna ; Bharati Dharamvir ; Tanvir H
Ecrites par trois auteurs phares de la littérature indienne d'expression hindi et traduites pour la première fois en français, les trois pièces de ce recueil explorent le présent en Inde de la faim, de la violence, de la perte de la culture et de la disparition des valeurs. Traduites en plusieurs langues, elles sont aujourd'hui toujours jouées avec le même succès. La faim, c'est le feu de Krishna Baldev Vaid (1998) : à Delhi, une adolescente de nouveaux riches doit écrire en hindi un essai sur la faim dont elle ignore tout ; L'Epoque aveuglede Dharamvir Bharati (1953) : l'avant dernier jour de la grande guerre narrée par le Mahabharata, l'auteur nous place dans le camp des vaincus. De quoi relire l'histoire du XXe siècle ; Agra Bazar de Habib Tanvir (1954) : au XIXe siècle, au début de la période coloniale, une bagarre éclate sur la place du marché. Rien ne se vend plus, la poésie pourrait-elle sauver les vendeurs ambulants de la misère ?
Roman politique et utopie sociale, Que faire ? est un marqueur dans l'histoire du socialisme et des mouvements révolutionnaires en Russie. A travers des personnages qui refusent les normes établies et prônent un changement sociétal profond, l'auteur y expose son idéal de vie et sa vision du socialisme. Lénine déclara que ce livre avait véritablement contribueé à faire de lui un révolutionnaire et lui emprunta son titre pour son fameux traité politique de 1902. Nikolaï Tchernychevski (1828-1889) est un philosophe, critique et écrivain russe, porté aux nues par l'intel- ligentsia progressiste et révolutionnaire.
Roman von Ungern-Sternberg, baron balte converti au bouddhisme, général de l'armée blanche à trente-cinq ans, est le dernier combattant à résister contre la marée révolutionnaire rouge qui submerge la Russie. Replié en Mongolie, il s'y taille un royaume en libérant le khutukhtu, "Dieu vivant" des Mongols, prisonnier des Chinois. C'est là que commence son règne de violence et que prend forme son rêve fou : reconstituer la horde d'or de Gengis Khan. Personnage démesuré, être hors norme, Ungern ira au bout d'un destin aux dimensions shakespeariennes.
Héros d'une tragédie historique qui a inspiré de nombreux écrivains et passionné des générations d'historiens, le tsar Paul Ier (1754-1801) fait partie de ces obscurs monarques mis aux oubliettes de l'histoire. Introverti, fragile et mal-aimé, il succède à sa mère Catherine II en 1796, mais son règne bref et chaotique s'achève par son assassinat, en 1801. Méprisé par la cour, en conflit avec la noblesse et l'armée, Paul Ier prend des décisions controversées qui alimentent des rumeurs de démence. Sa mise à mort, orchestrée par des conspirateurs de haut rang, avec l'implication de son fils, le futur Alexandre Ier, reste toujours une énigme. Constantin de Grunwald analyse la personnalité complexe de Paul Ier, les causes de sa chute et les conséquences de son assassinat. Il a utilisé des sources historiques de première importance, en particulier des témoignages de contemporains ainsi que des archives anglaises, françaises et suédoises.
Magnifique somme sur l'origine et la nature du vivant". Les Echos "Le physicien Christophe Galfard invite à parcourir les bases de la biologie dans un récit captivant" , "Il est facile d'être happé par ce récit, où la vulgarisation n'éclipse pas l'exactitude scientifique". Le Monde Imaginez que, par le pouvoir de la pensée, vous puissiez soudain lire la nature et en apercevoir les mystères cachés. Dans les arbres, les animaux, les fleurs. Dans les roches, les comètes, les étoiles. Au fil de cette aventure qui se lit comme un roman, Christophe Galfard vous emporte à travers l'espace et le temps, à la recherche de réponses aux plus grandes questions qui soient. Qu'est-ce que la vie ? Comment est-elle apparue ? Sommes-nous seuls dans l'Univers ? Depuis la naissance de la Terre jusqu'aux derniers jours des dinosaures, depuis l'histoire que racontent nos propres cellules jusqu'aux possibles signes d'une vie ailleurs dans l'espace, cette synthèse magistrale des connaissances actuelles, accessibles à toutes et à tous, transformera votre façon de voir le monde ainsi que notre place dans l'Univers. "De l'astrophysique aux interventions grand public, c'est une même passion pour la science qui anime Christophe Galfard. Dans son dernier livre (...) le physicien nous invite à un voyage entre l'infiniment grand et l'infiniment petit" Le Pèlerin "La Vie à portée de main, formidable récit de vulgarisation sur les origines de l'apparition du vivant" , "Cet ouvrage se déguste chapitre par chapitre ou se dévore d'une traite". Point de vue "La force de Christophe Galfard est de faire de cette enquête scientifique un récit d'aventure" , "On referme le livre avec le sentiment d'avoir voyagé dans le temps et l'espace". JDD Prix "A2S, Paris" du meilleur essai français de l'année 2025 (magazine francophone de l'actualité culturelle française destiné aux 90 000 professeurs enseignant le français hors de France).
Résumé : Le professeur Bucella décrypte notre quotidien en lui apportant un éclairage scientifique à la fois accessible et fascinant. Enfin un livre de science... humoristique ! Pourquoi la tartine tombe-t-elle toujours du côté de la confiture ? Comment fonctionne une essoreuse à salade ? Pourquoi prend-on toujours la mauvaise file ? Comment refroidir une bouteille rapidement ? Est-il possible de fabriquer une cape d'invisibilité à la Harry Potter ? Pourquoi le spaghetto ne se brise-t-il jamais en deux morceaux ? Sous la pluie, faut-il courir ou marcher ? Combien de fois faut-il plier une feuille de papier pour atteindre la Lune ? Le père Noel pourrait-il exister ?
Aurélien Barrau, célèbre atrophysicien, nous révèle avec ce livre une autre facette d'Alexandre Grothendieck : Au-delà du grand mathématicien, c'est un homme qui a osé défier tous les attendus systémiques, par courage et par probité. Il est une conscience et une intelligence écologique, décoloniale, pacifiste et libertaire qui nous offre une chance face aux effondrements en cours. La biographie inspirée et politique d'un homme qui a choisi de rompre avec la communauté scientifique.
Dans la grotte de Lascaux, juste en dessous de la peinture d'un grand cerf, se trouve un dessin aussi discret que fascinant : un simple rectangle. Cette figure nous rappelle que l'aube de l'humanité est aussi celle de la géométrie. Les premiers humains, avant d'esquisser des dessins réalistes, n'ont cessé, partout dans le monde, de tracer des motifs géométriques : carrés, rectangles, cercles ou spirales, lignes parallèles ou perpendiculaires... D'où viennent ces archétypes communs à toutes les cultures ? L'espèce humaine est-elle la seule à maîtriser la géométrie ? Et si oui, pourquoi ? Passionné de mathématiques, Stanislas Dehaene en cherche la source dans le cerveau. Selon lui, toute figure géométrique, même aussi élémentaire qu'un rectangle, traduit une caractéristique fondamentale de la cognition humaine : la capacité de former des pensées symboliques et de construire sur cette base une pyramide infinie de concepts. Ces formes correspondent aux expressions les plus simples du langage universel de la pensée dont tous les cerveaux humains sont dotés. Ce qui nous distingue des autres espèces animales, c'est la faculté de composer les idées entre elles. Nous commençons à comprendre comment le cerveau représente le langage – parlé, mathématique ou musical. La recherche du code neuronal qui fait de nous une espèce unique, l'" espèce symbolique ", est l'une des questions les plus passionnantes des neurosciences contemporaines. Une formidable enquête neurobiologique, à la recherche du propre de l'homme.